Elle débarque sur le vieux continent avec des arguments bien à elle. La CADILLAC Lyriq, première véritable incursion 100 % électrique de la marque de luxe américaine, entend bien bousculer les codes du segment premium avec un style affirmé, un habitacle technologique et une ambiance intérieure haut de gamme. Est-elle à la hauteur des attentes ? Premiers éléments de réponse après un essai de 500 kilomètres.
Un design qui en impose
Difficile de passer inaperçu au volant de la CADILLAC Lyriq. Avec plus de cinq mètres de long, une largeur généreuse et une hauteur légèrement inférieure à celle d’un PEUGEOT 3008, le SUV américain assume pleinement son gabarit. Il séduit surtout par son style audacieux, bien éloigné des canons européens : optiques avant horizontales très travaillées, feux arrière en forme de boomerang, et une silhouette sculptée qui réussit à combiner élégance et originalité. Dans la circulation ou à l’arrêt, la Lyriq interpelle et suscite la curiosité. Un véhicule qui affirme sa différence, clairement pensé pour ne pas se fondre dans la masse.
Un intérieur soigné et spectaculaire
L’ambiance intérieure tranche tout autant. Le premier contact visuel se fait avec cet impressionnant écran incurvé de 33 pouces qui court de la porte conducteur jusqu’au milieu du tableau de bord. Cette pièce centrale regroupe toutes les fonctions principales, tout en étant complétée par quelques commandes physiques bienvenues : boutons dédiés à la climatisation, molette de navigation en bout d’accoudoir central… CADILLAC a cherché à trouver le bon équilibre entre tactile et touches physiques et c’est réussi.
Le modèle essayé bénéficiait de l’option cuir Nappa dans une teinte bleue originale, accompagnée d’inserts en bois véritable délicatement rétroéclairés. Une finition haut de gamme facturée 3.100 €, qui souligne la volonté de la marque de jouer dans la cour des grands. L’ensemble respire le sérieux, la qualité et l’originalité.
Tout n’est cependant pas parfait : certaines commandes secondaires, comme l’ouverture de la boîte à gants ou l’allumage du plafonnier, sont uniquement accessibles via l’écran central.
Confort et habitabilité au rendez-vous
Une fois installé à bord, le sentiment d’espace est évident, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière. L’assise est confortable, la position de conduite bien pensée. Les passagers arrière profitent eux aussi d’un excellent niveau de confort avec leur propre réglage de climatisation, deux ports USB et une prise de courant malheureusement au standard américain.
Le grand toit panoramique apporte une lumière naturelle bienvenue et accentue cette sensation d’espace. Quant au coffre, il propose un volume correct mais pas spectaculaire au vu des dimensions extérieures, d’autant qu’il faut faire une croix sur un éventuel « frunk » (coffre avant), ici inexistant.
Sur la route : confort et sérénité plutôt que sportivité
Malgré ses dimensions imposantes – plus de cinq mètres de long, presque deux mètres de large et un poids flirtant avec les 2,8 tonnes – la CADILLAC Lyriq se révèle étonnamment facile à prendre en main. Les deux moteurs électriques, délivrant une puissance cumulée de 388 kW (528 chevaux) pour 610 Nm de couple, assurent des performances de bon niveau. Le 0 à 100 km/h est abattu en 5,3 secondes, mais l’accélération reste volontairement progressive, en accord avec la philosophie du véhicule.
En mode Sport, la direction gagne un peu en fermeté, ce qui améliore l’agrément dans les enchaînements de virages. Dommage toutefois l’amortissement reste simple alors que nous aurions apprécié pour ce type de véhicule un amortissement piloté. Pour autant, le comportement général reste très sain et rassurant. Sans prétendre à la sportivité, la Lyriq s’impose comme une excellente routière, confortable et silencieuse. Sur autoroute, on regrette l’absence d’un véritable système de maintien dans la voie.
Côté freinage, CADILLAC a soigné sa copie. La conduite à une pédale est possible via deux niveaux de régénération, paramétrables depuis l’écran central. Plus original encore, une palette située à gauche du volant permet de freiner sans toucher à la pédale de frein, un système déconcertant au départ mais qui devient étonnamment naturel après quelques kilomètres.
En matière de recharge, la Lyriq accepte jusqu’à 190 kW en courant continu, une puissance correcte pour une architecture 400V. Néanmoins, la courbe de charge observée lors de notre essai a rapidement chuté autour des 100 kW sur une borne délivrant 250 kW. En courant alternatif, bonne surprise : le chargeur embarqué 22 kW est livré de série, un vrai atout pour ceux qui disposent d’une wallbox triphasée. Quant à l’autonomie, annoncée à 530 kilomètres selon le cycle WLTP, elle est logiquement revue à la baisse sur autoroute. Avec une consommation relevée d’environ 29 kWh/100 km, il faudra envisager une pause recharge tous les 250-300 kilomètres environ.
En conclusion
Avec le Lyriq, CADILLAC signe un retour remarqué sur le marché européen, en misant sur un design audacieux, un confort de haut niveau et une dotation technologique généreuse. Ce grand SUV électrique ne cherche pas à jouer la carte de la sportivité à tout prix, mais privilégie une conduite apaisée et une vraie qualité de vie à bord. Son habitacle soigné, ses équipements nombreux et sa finition valorisante en font une proposition originale dans son segment. Reste quelques détails à affiner – comme l’ergonomie perfectible de certaines commandes, l’absence de maintien actif dans la voie ou la puissance de charge – mais le Lyriq réussit à imposer son style et sa philosophie. Une proposition atypique et attachante, qui ne laisse pas indifférent.
Fabien PERDIOLAT (01/06/25)