La mode est au néo-rétro. Après la FIAT 500 et RENAULT qui a électrifié les R5, R4 et bientôt la Twingo, FIAT a relancé la Panda avec des réminiscences stylistiques de celle d’origine (1980-2003). La Grande Panda est disponible en motorisation thermique, électrique ou hybride dont voici l’essai.
Retour du cubisme
La première Panda était taillée à la serpe mais, elle s’est arrondie au fil des générations suivantes 2 et 3, cette dernière étant d’ailleurs toujours commercialisée sous le nom de Pandina. La quatrième série, présentée en juin 2024, a été nommée Grande Panda. Il est vrai que ses dimensions ont nettement évolué, passant de 3,40 x 1,50 mètres à l’origine à 3,99 x 1,76 mètres aujourd’hui. L’allure générale, plutôt anguleuse, n’est pas sans rappeler l’aïeule avec une présentation modernisée originale, notamment au niveau des phares à LED et des feux arrière composés de « pixels » lumineux. Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette voiture, la marque FIAT est écrite en grandes lettres à l’avant et à l’arrière et Panda est directement embouti dans la tôlerie des portes.
Intérieur original
L’originalité est également présente à l’intérieur. Le tableau de bord est un grand ovale entourant un plus petit qui contient les écrans de l’instrumentation numérique et du système multimédia, les aérateurs rectangulaires aux extrémités et une boîte à gants cylindrique. On retrouve l’ovale sur la console centrale entre les sièges avant, rappelant la piste d’essai sur le toit de l’usine du Lingotto, ancien site industriel de FIAT à Turin, qui entoure le sélecteur des modes de fonctionnement et un chargeur de smartphone à induction.
L’ensemble est agréablement présenté, avec une harmonie de couleurs bleu ciel, jaune et blanc. Les sièges, recouverts d’un tissu matelassé bleu avec les appuis-tête blancs, sont élégants et confortables. La boîte à gants sur la planche de bord reçoit un tissu « Bambox » en fibres de bambou et un accoudoir central cache un espace de rangement à double étage. Cet habillage clair est lumineux, espérons qu’il ne soit pas trop fragile, le tissu « Bambox » de la boîte à gants était déjà marqué…
Elle aussi a tout d’une grande
La Grande Panda peut reprendre à son compte le slogan publicitaire de la RENAULT Clio 1 des années 1990. Le qualificatif Grande lui va bien. L’habitabilité est correcte pour quatre personnes, quand même pas trop grandes à l’arrière si les sièges avant sont très reculés. La place du milieu n’est, pour une fois, pas sacrifiée, avec une assise confortable et la largeur de l’habitacle permet d’installer trois enfants à l’arrière. Le coffre de 412 litres est suffisant pour avaler le contenu d’un grand chariot de courses. Pour des objets plus volumineux, la banquette arrière se replie en 2/3-1/3, libérant jusqu’à 1.366 litres, mais le plancher n’est pas plat.
La gamme, les prix (novembre 2025)
Le catalogue 2025 propose quatre finitions (RED, POP, ICÔNE, LA PRIMA) et trois motorisations (essence, hybride, électrique).
| Motorisation | Énergie | Finition | Prix catalogue |
| Turbo 100 ch | Essence BVM6 | POP | 16.900 € |
| Turbo 100 ch | Essence BVM6 | ICÔNE | 19.400 € |
| Turbo 100 ch | Essence BVM6 | LA PRIMA | 21.400 € |
| Hybride 110 ch | Essence / Électrique eDCT6 | POP | 19.400 € |
| Hybride 110 ch | Essence / Électrique eDCT6 | ICÔNE | 21.900 € |
| Hybride 110 ch | Essence / Électrique eDCT6 | LA PRIMA | 23.900 € |
| Électrique 113 ch | Électrique | RED | 24.900 € |
| Électrique 113 ch | Électrique | LA PRIMA | 27.900 € |
Les Turbo 100 et Hybride 110 subissent un malus avec l’émission de respectivement 131 g/km (650 € en 2025, 1.074 € en 2026) et 117 g/km (150 € en 2025, 240 € en 2026) de CO2. L’Électrique bénéficie d’un « coup de pouce » (ex-bonus) de l’État financé par les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Une aide dont le montant varie de 3.100 à 4.200 € selon les revenus.
Les équipements
Le premier niveau POP (sauf Électrique) ou RED (exclusif Électrique) dispose du nécessaire puisqu’il propose la climatisation, l’allumage automatique des feux, l’aide au stationnement arrière, la reconnaissance des panneaux, l’instrumentation numérique de dix pouces, un écran multimédia de 10,25 pouces, Android Auto et Apple CarPlay sans fil et évidemment les ADAS (Advanced Driver Assistance Systems) obligatoires. Les roues sont équipées de jantes en acier de seize pouces. RED reçoit en plus les rétroviseurs extérieurs à réglage électrique et chauffants, les quatre vitres électriques.
ICÔNE (sauf Électrique) ajoute la caméra de recul, l’aide au stationnement avant, la climatisation automatique, le capteur de pluie, le chargeur smartphone à induction, la navigation, le régulateur et limiteur de vitesse avec reconnaissance des panneaux.
Enfin, LA PRIMA dispose d’un équipement plus complet avec, entre autres, régulateur de vitesse adaptatif, aide au stationnement avant, arrière, latéral et caméra de recul, boîte à gants supérieure avec revêtement « Bambox » (fibres de bambou), banquette arrière rabattable 40/60, vitres arrière surteintées, jantes alliage de dix-sept pouces…
La conduite
La motorisation hybride est composée d’un moteur essence de 100 chevaux et d’un moteur électrique de 28 chevaux et de 55 Nm de couple intégré dans une boîte robotisée à double embrayage à six rapports et alimenté par une batterie de 48 Volt d’une capacité utile de 0,432 kWh.
Après s’être bien installé grâce au siège et volant réglables dans toutes les directions, enregistré sa destination, soit avec la navigation intégrée, soit avec une application (Wase, Google Maps…) de son smartphone connecté par Bluetooth, on peut démarrer.
En ville, le moteur électrique entraîne la voiture sur quelques centaines de mètres jusqu’à environ 30 km/h, le moteur thermique prenant ensuite rapidement le relais. Le passage de l’électrique au thermique n’est pas parfaitement transparent, le démarrage du moteur thermique occasionnant quelques vibrations, sans que ce soit vraiment gênant sauf dans les embouteillages ou les arrêts et démarrages fréquents du moteur finissent par être agaçants. Une fois la voiture lancée, des phases de roulage en tout électrique sont possibles lorsque les conditions sont favorables.
Sur route, la Grande Panda est à l’aise, le moteur essence de 100 chevaux, secondé par l’électrique lors des reprises, assure des performances honorables et maîtrise sa consommation. L’ordinateur de bord a affiché 5,2 l/100 km sur un parcours routier légèrement accidenté.
La suspension, bien calibrée, participe également à cette aisance sur route. Les suspensions absorbent efficacement les irrégularités de la chaussée et maintiennent suffisamment la caisse en virage. Si la direction très souple est agréable en ville, un peu plus de fermeté à vitesse soutenue aurait permis un meilleur ressenti de la route.
La boîte de vitesses est réactive passant les rapports judicieusement, ne faisant pas trop regretter l’absence de mode manuel avec palettes au volant. La récupération de l’énergie cinétique procure un frein moteur, non réglable, à intensité variable suivant l’état de charge de la batterie. Batterie en charge, le frein moteur est prononcé, presque trop pour une circulation routière fluide, batterie chargée, il n’y a quasiment plus de frein moteur, ce qui peut surprendre, notamment dans une descente un peu longue.
Sur l’autoroute, la Grande Panda maintient facilement les 130 km/h, mais la mécanique étant plus sollicitée, le moteur émet un bourdonnement sourd, accentué par le bruit du roulement lorsque le revêtement est plus rugueux. La vitesse demande de l’énergie, donc de l’essence car le moteur électrique n’est d’aucun secours à grande vitesse. Il lui a fallu sept litres lors d’un trajet autoroutier d’une centaine de kilomètres. Ce n’est pas rédhibitoire, mais ma Clio Estate 1.5 dCi demande presque deux litres de moins dans ces conditions…
Cette FIAT Grande Panda hybride m’a agréablement surpris. Sa ligne néo-rétro sympathique, son intérieur clair et bien équipé, son habitabilité et son coffre, sa polyvalence ville-route, sa motorisation hybride efficace et sobre en font une voiture agréable au quotidien. Ses qualités routières permettent d’envisager des déplacements un peu plus éloignés à condition de ne pas abuser de l’autoroute ou elle s’avère un peu bruyante. Pour couronner le tout, ses tarifs sont abordables. Elle pourrait rencontrer un certain succès…
D. DECHENE (26 novembre 2025)