Avec le B10, LEAPMOTOR – marque chinoise désormais soutenue et distribuée par STELLANTIS en Europe – débarque sur le marché des SUV compacts électriques avec une promesse simple : beaucoup d’équipements, une autonomie correcte et un prix agressif. Mais derrière cet argumentaire séduisant, que vaut réellement ce modèle en conditions réelles ? Nous l’avons essayé pendant plusieurs jours pour voir s’il tient vraiment ses promesses.
Un prix attractif comme premier argument
Le LEAPMOTOR B10 s’attaque frontalement à des références comme le PEUGEOT e-3008 ou le RENAULT Scénic E-Tech, mais avec un tarif nettement inférieur, de 32.900 € pour la version la mieux équipée : Design.
C’est clairement son principal argument : offrir un SUV électrique familial à prix contenu, là où la concurrence dépasse souvent les 40.000 €.
Un équipement digne des plus grandes
Le rapport équipements/prix est particulièrement attractif d’autant que la dotation est vraiment complète. Dix-sept systèmes d’aides à la conduite (on y reviendra dans la partie dynamique), des sièges et volants chauffants, un grand toit panoramique avec un volet occultant, une caméra 360°, des jantes alliage de dix-huit pouces, des sièges électriques et une pompe à chaleur bien utile pour préserver l’autonomie.
Sans fausse note
Le LEAPMOTOR B10 joue la carte de la discrétion avec une ligne qui reprend les codes actuels des autres productions. Une silhouette compacte (4,51mètres de long), une ligne très épurée, une signature LED à l’avant en particulier plutôt réussie.
A l’intérieur, on joue la carte minimaliste avec un grand écran central tactile (14,6 pouces) et un petit écran de rappel derrière le volant. Toutes les commandes ont disparu (hormis les vitres électriques sur la portière, le levier de vitesses au volant façon MERCEDES, et le régulateur de vitesse également situé sur le commodo de droite). Tout se passe donc sur l’info divertissement central. On retrouve ce type de concept ultra minimaliste sur des marques plus Premium comme POLESTAR ou XPENG par exemple. C’est plutôt dans l’air du temps.
L’avantage majeur de cette présentation est la sobriété de l’ensemble. L’inconvénient majeur est qu’il faut un temps d’apprentissage pour naviguer efficacement dans les menus. Personnellement, j’avoue qu’un mélange de vrais boutons fonctionnels et de fonctions digitales me semble plus équilibré et plus facile à l’usage. En particulier, la réactivation par défaut de toutes les ADAS (Aides à la conduite) de maintien dans la file ou d’alerte de survitesse par exemple devient vite agaçante, et il faut prendre quelques minutes avant chaque démarrage pour aller tout « décocher » sur le menu spécifique… Quand vous faites un long trajet soit, mais quand vous allez chercher votre baguette de pain à la boulangerie voisine, vous pestez un peu. Il aurait a minima fallu implanter un raccourci simple et paramétrable pour aller modifier tout ce dont le conducteur n’a pas besoin.
On note aussi une finition perfectible, en particulier sur l’utilisation de certains matériaux (plastiques durs) et sensibles aux rayures.
Des ADAS intrusives
Les fameuses ADAS sont au nombre de dix-sept sur le véhicule. C’est à la fois une bonne chose et une contrainte, car certaines commandes sont réellement intrusives et trop sensibles. Je prends comme exemple la fonction de maintien sur la même file qui n’est réellement utilisable que sur autoroute. En ville et sur route, le volant vous rappelle à l’ordre de manière trop répétée… A débrancher donc mais toujours via les menus centraux !
Une belle habitabilité pour la famille
Côté espace, le B10 reste dans la bonne moyenne du segment, avec cinq places et un coffre modulable adapté à un usage familial. Le volume du coffre est raisonnable (415 litres) et comparable à ce que fait la concurrence. Le double fond dans la malle arrière est profond et on bénéficie également d’un coffre avant (le frunk) très correct, permettant comme d’habitude désormais, d’y loger les câbles de recharge.
Motorisation et autonomie : le bon compromis… sauf sur autoroute
Côté motorisation, le LEAPMOTOR B10 dispose d’une batterie de 67,1 kW (il est aussi commercialisé en entrée de gamme avec une version de 56,2 kW mais proposée seulement 3.000 € de moins – nous ne saurions vous conseiller de privilégier cette batterie plus grosse). La puissance développée est de 218 chevaux et le moteur situé à l’arrière en fait naturellement une propulsion. Le 0 à 100 km/h est abattu en moins de huit secondes et sa vitesse maximale est de 170 km/h, ce qui reste largement suffisant pour un véhicule à vocation familiale.
L’autonomie WLTP en usage mixte est donnée pour 434 kilomètres. A l’usage, la consommation reste très raisonnable en ville et sur route à allure réglementaire pour s’établir aux alentours de 19 kWh. Par contre sur autoroute il faudra tabler sur 24 kWh, ce qui permettra de parcourir environ 250 kilomètres entre deux recharges (10/80%). C’est un peu en retrait par rapport à la concurrence qui est plutôt capable de 350 kilomètres entre deux recharges. Cela implique une pause toutes les deux heures environ. La voiture est équipée d’une prise en courant alternatif de 11 kW et une prise en courant continu rapide qui accepte en pic plus de 150 kW (testé par nos soins).
Pas de surprise sur la route
Les trois modes de conduite et la fonction « One Pedal » appellent plutôt à une conduite tranquille en mode « bon père de famille ». Le couple électrique disponible immédiatement favorise la mise en mouvement et la douceur de fonctionnement. Quelques bruits aérodynamiques font leur apparition au-delà de 110 km/h sans que cela soit particulièrement gênant. Le comportement est sain et on reconnaît là le travail de mise au point réalisé avec STELLANTIS pour adapter le véhicule à notre réseau routier.
Le LEAPMOTOR B10 est typiquement le genre de voiture qui vise à sortir du rang pour convaincre. Le LEAPMOTOR B10 n’est pas le meilleur SUV électrique du marché mais, à ce prix-là, il devient difficile à ignorer. Il privilégie la raison au coup de cœur. En revanche si vous recherchez une finition Premium ou une grande autonomie autoroutière, il faudra regarder ailleurs et craquer votre porte-monnaie.
Fabrice DUMAS (Avril 2026)