Vous cherchez un pick-up ? Naturellement vous allez vous diriger vers l’une des vedettes du marché, un FORD Ranger par exemple ou un TOYOTA Hilux… mais un nouvel arrivant tend à brouiller les cartes et à se faire une belle place au soleil sur ce marché qui « échappe » au malus écologique.
Baguette magique
Dans un système complexe de taxe automobile sous le couvert d’une volonté « écologique » est né le malus qui vient taxer lourdement les véhicules Diesel et de surcroît lourds ! Mais alors comment le MAXUS T60 peut-il y échapper avec sa motorisation 2.0 Diesel et ses 2.275 kilogrammes ? Tout simplement parce qu’il y a un trou dans la raquette dans cette législation. Il suffit effectivement pour ne pas être soumis à cette taxe, de ne disposer que de quatre places dans l’habitacle… les véhicules (déjà distribués sous la marque LDV en Australie) sont donc modifiés à leur arrivée en France pour retirer la ceinture centrale… et le tour de magie opère.
Une ambition, un argument massue
Pour faire sa place sur ce marché de niches que représente le pick-up, MAXUS, nouvelle marque chinoise encore peu connue dans notre Hexagone, arrive avec un argument de poids : un prix ultra compétitif de 45.480 € qui le positionne environ 10.000 € moins cher face à la concurrence à équipement équivalent. Il nous tardait donc de pouvoir l’essayer pour vérifier que son prix n’était pas son seul argument. Il dispose aussi d’une belle garantie de 5 ans ou 160.000 kilomètres.
Une belle allure
Ce pick-up fait partie de ce que l’on appelle un « double cabine » qui offre ainsi quatre portes et un accès aisé à tous les passagers, et de surcroît une belle habitabilité. Il est vrai que son gabarit est imposant, et même s’il reste conforme à ce que la concurrence propose, il en impose avec ses 5,395 mètres de long et ses 1,96 mètre de large… Il s’agit clairement d’un beau bébé, qui soigne sa ligne et son look. Son énorme calandre moderne renforce son caractère baroudeur.
Priorité aux passagers
Fort de ce gabarit imposant, MAXUS privilégie, de manière un peu surprenante, l’habitabilité à la praticité… Pour preuve, un espace aux places arrière rare, mais au détriment d’une benne en retrait par rapport à la concurrence : 1,485 mètre en longueur et 1,54 mètre en largeur sans oublier le passage de roues… La concurrence se situe plutôt mieux avec pas moins de seize centimètres supplémentaires en longueur et quelques sept centimètres en largeur. La charge utile est aussi un peu en retrait avec 865 kilogrammes contre une tonne à la concurrence. Par contre, côté « tractage », il est aligné avec une capacité de 3,5 tonnes à l’attelage. Il est clair que si vous voulez acquérir ce type de véhicule à titre de pur loisir, cela ne sera pas déterminant, ce sera moins le cas, si vous recherchez une vocation plus utilitaire et professionnelle.
Moteur et boîte de vitesses : deux solides arguments également
A l’heure de la généralisation de l’électrique, le T60 max dénote forcément avec son moteur Diesel dont la présence est directement associée au fait qu’il échappe au malus. Fort de ses quatre cylindres développant une belle puissance de 215 chevaux, le T60 bénéficie en outre d’une boîte automatique moderne ZF8 de série (pas de boite manuelle au programme) disposant comme son nom l’indique, de huit rapports. Avec un couple intéressant de 500 Nm, l’ensemble permet de réelles performances pour la catégorie avec un 0 à 100 km/h en moins de 10 secondes.
Avec un réservoir de 75 litres et une consommation moyenne légèrement inférieure à 10 litres aux 100 kilomètres, le T60 dispose d’une bonne autonomie de l’ordre de 700 kilomètres.
Manque de discrétion
Habitués avec les nombreux essais de voitures électriques, nous sommes sensibles au silence de fonctionnement… Si à la mise en route, le moteur Diesel se fait encore discret, dès la première accélération, c’est un dur retour à la réalité avec une insonorisation très nettement insuffisante pour contenir la « mélodie » de cette mécanique. C’est d’autant dommage que les performances sont au rendez-vous et que l’agrément de conduite sur route est réel avec un confort de bonne facture pour la catégorie. Bien qu’équipé de ressorts à lames à l’arrière, le confort n’est pas trop dégradé (cela est certainement dû à la présence sur notre modèle d’essai d’un plateau coulissant qui augmente un peu le poids à l’arrière et assouplit la raideur des lames). La boîte ZF8 est une vraie réussite avec un passage tout en douceur et en souplesse de chaque rapport qui permet au final d’offrir un réel agrément de conduite sur route qui ferait même oublier la vocation initiale utilitaire de la bête.
A son aise en tout chemin
Que ce soit en mode loisir, si vous voulez sortir des sentiers battus, ou en mode professionnel pour accéder à des chantiers dans des conditions difficiles, ce sont bien ses aptitudes en tout-terrain qui en font le juge de paix.
Fort d’une monte pneumatique mixte, nous ne nous sommes pas aventurés sur des terrains trop accidentés mais sur des sentiers.
Du côté de la transmission, rien d’extravagant : on dispose d’une classique enclenchable 4×2 / 4×4 avec un mode spécifique « auto » qui permet de basculer temporairement en 4×4 en cas de perte de motricité remontée par l’électronique embarquée. Faute de différentiel central, on ne peut pas rouler en intégrale en permanence. En tout terrain, on dispose également d’une boîte courte en mode 4×4 pour affronter les passages les plus complexes à fort dénivelé.
Des palettes au volant permettent également de passer en mode manuel sur les difficultés rencontrées sur le terrain pour trouver le meilleur passage. De manière plus surprenante, MAXUS ne propose pas de blocage de différentiel qui reste quand même l’arme absolue lorsqu’on se retrouve dans des situations plus complexes (pour les néophytes le blocage de différentiel est un dispositif essentiel pour garantir une bonne adhérence sur des terrains difficiles. Le différentiel permet aux roues d’un même essieu de tourner à des vitesses différentes, ce qui est nécessaire pour la traction dans les virages. En cas de perte d’adhérence sur une roue, le blocage empêche celle-ci de patiner, forçant les deux roues de l’essieu à tourner ensemble.)
Une belle instrumentation
La bonne surprise vient également de l’habitacle qui se veut moderne et de très bonne facture. La finition est vraiment de bon niveau et meilleure que la concurrence. Le T60 affiche clairement ses ambitions de séduire une population attirée par le côté loisir mais sans sacrifier le confort. La qualité des matériaux est bonne et les deux grands écrans qui vous accueillent sont vraiment plaisants.
L’équipement est pléthorique et le multimédia se montre relativement rapide et pas trop complexe à utiliser avec quelques raccourcis pour désactiver toujours certains fonctions « bippantes » et agaçantes (même si réglementaires). On note juste certaines traductions en français un peu hasardeuses (cela sera peut-être corrigé prochainement lors d’une mise à jour à distance).
L’ergonomie globale est bonne et on trouve facilement toutes les fonctionnalités sans trop de difficulté.
De manière assez originale mais finalement assez compréhensible, le système ne dispose pas de navigation intégrée… qu’à cela ne tienne, la connexion facile de votre mobile (dont le chargement peut se faire facilement sur un emplacement à induction) vous permet une réplique parfaite sur les écrans et vous donne naturellement accès à Waze par exemple pour vous orienter.
Deux fausses notes concernant l’équipement : pas de détection d’angle mort sur les rétroviseurs, ce qui est dommageable au vu du gabarit du véhicule, et un régulateur de vitesse qui n’est actif que jusqu’à 120 km/h ce qui est dommageable lorsque vous abordez un long trajet autoroutier.
On aurait pu craindre avec un prix aussi agressif que le MAXUS T60 nécessite de gros sacrifices. Finalement il n’en est rien et il s’avère même très polyvalent avec un équipement généreux. Son seul vrai défaut est son manque de discrétion… Même s’il vise une clientèle majoritairement professionnelle, nous pensons que le T60 est aussi une véritable opportunité pour les particuliers qui recherchent un véhicule de pur loisir et original.
Fabrice DUMAS (mars 2026)