COURSES DE PAQUES – Circuit Paul Armagnac de Nogaro – Bruit et Odeur

Bruit et Odeur : un vrai bonheur à déguster sans modération

Il y a 35 ans j’avais eu le plaisir de piloter sur le circuit de Nogaro à l’occasion des journées de sélection pour le challenge RENAULT des Grandes Ecoles. A l’époque nous avions eu la chance de piloter des RENAULT Super 5 GT Turbo, et il faut l’avouer nous avions pris un grand plaisir à découvrir ce circuit mythique et très technique.

Pour ce WE de Pâques, nous avons eu le privilège d’y revenir pour assister aux courses qui s’enchaînent durant ces trois jours. Que de changement… Si le tracé du circuit n’a pas changé, difficile de reconnaître tout le reste. C’est en particulier au niveau des stands, que le circuit arbore un nouveau bâtiment construit en 2009 et qui modernise considérablement le site.

Le WE de Pâques à Nogaro c’est vraiment la fête du sport automobile. Cela marque aussi le début de la saison pour les compétitions, c’est donc un rendez-vous d’exception pour évaluer les différentes forces en présence, que ce soit pour les véhicules ou les pilotes.

La météorologie est aussi de la partie et aussi joueuse, voire piégeuse, pour ce circuit très technique. Pour preuve, la journée de dimanche a commencé avec une piste sèche pour les courses du matin et s’est terminée avec une piste particulièrement détrempée l’après-midi. Quand on est pilote à Nogaro, il faut donc faire preuve de flair pour choisir la bonne monte pneumatique, mais aussi de doigté pour adapter sa conduite à toutes les situations.

Plusieurs plateaux sont proposés chaque jour avec des essais qualificatifs et des courses en peloton. Le spectacle est de qualité et les spectateurs ne s’y trompent pas puisque près de 40.000 amateurs sont attendus sur les trois jours de compétition.

Le rythme des courses est soutenu et l’accès facile au paddock, aux voitures et aux pilotes renforcent l’engouement populaire pour cette belle manifestation sportive.

Nous avons eu le plaisir durant cette journée de suivre plus particulièrement, Alexandre DUCOS, pilote en compétition au sein de l’écurie STR et qui évolue sur une GINETTA 55 au sein de la catégorie GT4 Light. Nous avons donc eu accès pendant toute cette journée au stand qui donne directement sur la piste et nous avons eu le privilège de côtoyer toute l’équipe de professionnels qui s’affairent autour du véhicule pour mettre le pilote dans les meilleures conditions.

La GINETTA 55 est dédiée exclusivement à la compétition, ce n’est pas un modèle que vous croiserez sur la route. Né en 2011, la voiture est équipée d’une motorisation FORD V6 de 3.700 cm3 de cylindrée et développant la bagatelle de 380 chevaux. La ligne de la voiture est assez atypique et fait penser quelque part à des modèles de la marque TVR (pour ceux qui connaissent).

Le stand de l’écurie est assez impressionnant de par le matériel déployé et l’organisation globale du stand où tout est rangé de manière rigoureuse, propre et d’une précision diabolique. Il est vrai qu’on ne peut pas se permettre la moindre erreur quand on sait que les véhicules sont poussés à leur limite et qu’ils approchent les 220 km/h dans la grande ligne droite.

Les essais qualificatifs du samedi sont déjà très importants et permettent aux pilotes de se placer sur la grille de départ dans les meilleures conditions en fonction de leur classement. Piégé par la météo changeante, et par un choix de pneumatiques prudent (les slicks – dédiés à une piste sèche – auraient été plus judicieux même si la piste était un peu humide au départ de ces essais et Alexandre a donc choisi la sécurité). Notre pilote se présente donc sur la grille de départ, ultra concentré, et le couteau entre les dents pour effectuer une belle « remontada ». Malheureusement les conditions climatiques ne sont pas très favorables car la pluie a fait son apparition depuis le milieu de la journée et c’est donc en pneus pluie que tous les concurrents s’élancent. Avant donc de penser à performer, il faut déjà veiller à ne pas sortir de la piste sur un tracé très sinueux et très sélectif. Ces conditions ont également tendance à niveler les valeurs et il est donc plus compliqué « d’attaquer »… Notre pilote du jour s’en sort plutôt bien en finissant à la neuvième place  (et quatrième de la catégorie GT Light) mais n’est pas totalement satisfait de sa course, estimant qu’il n’a pas pu pleinement s’exprimer dans ces conditions extrêmes… Ceci étant, la performance est quand même à saluer car l’exercice est vraiment périlleux et chaque dépassement se révèle être déjà une belle performance.

La journée a vraiment été sans conteste très sympathique. On croise à Nogaro les futurs grands pilotes de demain qui évoluent en F4 Academy, plus de trente voitures alignées avec en l’occurrence six compétitrices, preuve s’il en est que le sport automobile se féminise aussi petit à petit. On admire aussi tous les véhicules typés course, et on remarque forcément l’omniprésence des ALPINE A110 qui ont même leur course dédiée dans la catégorie « Alpine Elf Cup Series ». Et surtout on évolue au milieu de passionnés comblés par le spectacle et le rythme des courses. Et comme il faut forcément avoir aussi quelques préférences, c’est sans nul doute la MERCEDES AMG GT4 qui remporte nos suffrages (elle a d’ailleurs terminé à la deuxième place de sa course encadrée par deux ALPINE A110).

Cette journée est passée si vite, que j’ai déjà pris la résolution d’y revenir en 2026 (facile de s’en souvenir c’est chaque WE de Pâques) et peut-être d’y assister pour les trois jours de compétition. En tout cas, si vous ne connaissez pas, je vous invite à venir l’année prochaine, vous ne serez pas déçus et vous serez nécessairement emballés par le spectacle proposé, et vous repartirez avec le son des bolides en mémoire et l’odeur de l’essence brûlée, un bon résumé de cette journée.

 

Fabrice DUMAS (avril 2025)

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