Après la proposition audacieuse des IONIQ 5 et 6, on se demandait comment HYUNDAI allait pouvoir transposer sa lignée « Pixel » sur un format XXL ? C’est chose faite avec le IONIQ 9 qui, tout en s’inspirant des codes classiques d’un gros SUV, propose un look à la foi rétro et futuriste de vaisseau spatial sur roues et un comportement digne de la classe affaire du transport aérien. Certes, l’encombrement demande un temps d’adaptation pour les habitués des formats de poche, mais on se réjouit d’une présentation intérieure et extérieure résolument réussie, esthétiquement et ergonomiquement parlant.
On s’éloigne du style « boîte à chaussures sur roues » rehaussée
Les designers ont réussi à proposer un grand volume à l’allure à la fois cubique et filante sans basculer sur le côté baroudeur des premiers SUV. Le Ioniq 9 adopte une architecture « Streamliner » dans l’ère du temps. Ce grand gabarit offre des proportions généreuses et harmonieuses, sans tomber dans l’ostentatoire – on ne tombe pas dans l’effet « sac à dos » à l’arrière, mais bien dans l’élégance d’une ligne complète. La signature lumineuse à pixels s’intègre avec brio à une silhouette affinée dont les ailes galbées apportent une touche de sportivité. L’architecture électrique dédiée permet une habitabilité record : une fois les sièges rabattus, l’engin se transforme en soute géante au plancher parfaitement plat.
Raffinement et ambiance « voyage »
Une fois à bord, on découvre une planche de bord dégagée laissant une surface vitrée impressionnante (peu d’angles morts, renforcés par une assistance visuelle sur les écrans et le rétroviseur central). Passé l’instant de découverte technologique – la connectivité téléphone est un modèle de rapidité (un seul clic) – l’ambiance rappelle immédiatement les grands véhicules de voyage « à l’américaine » des années 80-90. Un peu de nostalgie ne faisant pas de mal, je me suis remémoré l’intérieur du CHRYSLER Voyager de mon père dans les années 90… pour l’aspect « espace » intérieur (je vous laisse apprécier le jeu de mot en clin d’œil à RENAULT et MATRA) et non pas pour son vieux Diesel à la sonorité omniprésente…Bref poursuivons, je m’égare. On y retrouve ce plancher plat à l’avant, une grande console centrale et le levier de vitesses au volant.
L’ergonomie est soignée : les boutons tombent bien sous la main et la commande vocale répond au doigt et à l’œil, enfin à la voix, parce que si on détourne le regard, un voyant rouge et une sonnerie vous rappelle de regarder la route exclusivement. Côté confort, les sièges massants (incluant l’assise !) surprennent autant qu’ils séduisent, avec des positions permettant une inclinaison idéale pour la sieste. Il faut préciser qu’ils sont aussi chauffants et ventilés, idéal pour les grands trajets. Puisqu’il faut bien trouver des petits défauts, on regrette simplement l’immense ouvrant vitré qui ne s’ouvre qu’à moitié pour les seuls passagers avant, ainsi que la présence de plastiques durs dès que l’on quitte les zones de contact à portée de bras.
Un colosse agile mais ferme
Au volant, l’étonnement vient de la prise en main. Le silence au roulage est total, seulement ponctué par une ambiance sonore feutrée. Astuce à savoir : un raccourci permet de désactiver les alertes sonores européennes (ADAS) via un appui de trois secondes sur deux boutons du volant. Utile pour s’affranchir des bips incessants à chaque redémarrage.
Malgré ses 2,5 tonnes, le IONIQ 9 ne se comporte pas comme un « bateau » en roulis à chaque virage. Les suspensions, volontairement fermes pour contenir la masse, apportent une excellente tenue de route au prix d’un léger ballottement à basse vitesse sur route dégradée (que l’on retrouve régulièrement sur les autos récentes…, les lois de la physique obligent. En ville, les multiples caméras 360° et la fonction I-Pedal facilitent les manœuvres, même si la largeur de l’engin impose de trouver des places de stationnement à sa mesure.
Consommation : la loi de la physique
Sur notre parcours mixte, nous avons relevé une consommation oscillant entre 22,8 et 23,4 kWh. Un chiffre honnête pour un tel gabarit, bien que supérieur aux 20,4 kWh promis par le cycle WLTP. À titre de comparaison, les références du segment comme le VOLVO EX90 ou le BMW iX naviguent dans les mêmes eaux (21-24 kWh). La rançon d’un volume immense à climatiser – pas toujours évident de trouver le réglage idéal – mais compensée par une recharge 800 V ultra-rapide.
Le HYUNDAI IONIQ 9 séduit par son ensemble esthétique, son habitabilité et son confort, le tout dans un raffinement technologique, mais son gabarit « américain » est encombrant en ville et difficile à climatiser.
Matthieu CHAMBERT (Avril 2026)