Quand vous découvrez le CHRYSLER JEEP Grand Cherokee vous comprenez rapidement qu’il ne s’agit pas d’un véhicule comme les autres. A l’arrêt il en impose déjà beaucoup et durant tout cet essai fabuleux, ce véhicule nous a rappelé combien l’automobile pouvait receler de petits (voire gros dans le cas présent) bijoux…
Emotions fortes garanties
A une époque où l’on parle consommation, pollution, catalyseur ou Diesel, il est quand même bon de trouver quelques véhicules qui font de la résistance. Le Grand Cherokee fait partie de ceux là et peut même être montré comme le leader toute catégorie. Vous en doutez… Vous n’avez alors certainement pas entendu le doux bruit de sa motorisation lorsque vous tournez le contact. Tout passionné de mécanique (et ils sont nombreux) ne pourrait résister à un tel moment d’émotion. Il est vrai que CHRYSLER a placé sous le capot un V8 de 5,9 l de cylindrée… Des mécaniques comme celle là, on n’en voit plus… ou presque ! Alors, croyez-moi, lorsque ce moteur fait trembler la carrosserie à chaque pression sur l’accélérateur, l’émotion est réellement là.
Des accélérations de GTI
Avec ses 1.860 kilogrammes sur la balance, l’engin apparaît « lourd » sur le papier… C’est sans compter une nouvelle fois sur cette terrible mécanique. Ce V8 développe en effet, la bagatelle de 240 chevaux à 4.000 tr/mn, mais dispose surtout d’un couple gargantuesque de 472 Nm dès 3.000 tr/mn, excusez du peu. Associé à une boîte automatique à 3 rapports + overdrive, cette JEEP accélère plus fort qu’une GTI (8,2s de 0 à 100 Km/h) et conserve une puissance de reprise incroyable à tous les régimes. Quant à sa vitesse de pointe, afin d’être complet sur le tableau des performances pures, elle est volontairement limitée à 200 Km/h, vitesse que l’on atteint d’ailleurs avec une facilité déconcertante.
Une voiture de luxe
Mais le Grand Cherokee, c’est aussi une voiture formidablement luxueuse, qui dans cette finition TRES haut de gamme, dispose de tous les équipements dont peut rêver un automobiliste passionné. Difficile et surtout trop long de tout citer… Signalons cependant quelques spécificités intéressantes, comme le rétroviseur central avec réglage automatique jour/nuit, un intérieur cuir somptueux, des sièges à mémoire, des jantes alliage magnifiques, un système audio Infinity de 180 W doté de 10 HP, ainsi qu’une centrale de contrôle incluant les informations concernant le cycle d’entretien du véhicule. A mon avis, il ne manque vraiment pas grand chose côté équipement, si ce n’est peut-être une climatisation séparée conducteur-passager, cela se fait chez certains concurrents.
Et le 4×4 dans tout ça
Au bout d’un certain nombre de kilomètres dans cet univers de palace roulant, vous vous souvenez tout à coup qu’il s’agit bel et bien d’un 4×4 dans lequel vous êtes si confortablement installé. Pour vous le rappeler, vous trouvez le levier de passage de boîte longue en boîte courte à côté du traditionnel levier de vitesses, vous constatez que vous êtes assis bien haut du fait d’une garde au sol plus importante que sur une berline traditionnelle et vous sentez également qu’en terme de comportement ce n’est pas tout à fait la même chose, même si la transmission permanente aux 4 roues est plutôt réconfortante. Ce comportement routier, un peu surprenant au premier abord et pas trop sécurisant, ne vous incite pas à conduire ce 4×4 comme un fou du volant. Et pourtant, lorsque au fil des kilomètres vous vous habituez aux dimensions hors normes de l’engin, celui-ci s’accorde assez bien d’une conduite soutenue, ce qui suffit largement pour satisfaire sa vocation initiale. Car quoique vous puissiez en penser, quand vous êtes au volant de ce fabuleux engin, le plus pur des plaisirs est de croiser gentiment à faible allure et de profiter de la sonorité offerte par le doux feulement de ce V8 (les ingénieurs ont fait un travail magnifique en termes de réglage pour obtenir une telle sonorité).
JEEP Grand Cherokee – AM 1998 – BVA3 + Réducteur
Tout chemin, pas tout terrain
Même sans équipement pneumatique adapté, il convenait tout de même de s’aventurer hors des routes traditionnelles. Là aussi c’est un vrai régal que de rouler dans la campagne environnante à très faible allure et de découvrir des régions et des paysages de toute beauté, le tout dans une ambiance très « cocooning ». Le terrain était très gras lors de notre week-end d’essai et malgré ces conditions, une fois le poids important de l’engin digéré, la « bête » est facile à maîtriser et sait se sortir de toutes les situations, en force s’il le faut. Par contre, même avec sa garde au sol relativement importante, nous ne nous sommes que très peu aventurés sur des terrains difficiles pour vérifier ses capacités de franchissement. Il est vrai qu’à plus de 300.000 FF la pièce, vous avez quelques inquiétudes sur le sujet… Seul le maintien latéral des sièges – et leur côté glissant (le cuir ne devant pas arranger les choses) – s’avère nettement insuffisant et nuit quelque peu à l’ambiance si exceptionnelle dispensée par ce véhicule.
Plus fâcheux
Il serait inconvenant de conclure sans parler des sujets plus fâcheux que sont la puissance fiscale, 34 CV tout de même, et la consommation, entre 25 et 30 litres aux 100 kilomètres, qui nécessitent après avoir fait l’acquisition de ce véhicule, pour 319.900 FF, d’avoir un budget automobile en conséquence. Distribuée en série limitée à 200 exemplaires, l’exclusivité est de mise… Sachez tout de même que vous pouvez vous « contenter » d’un V8 5,2 l ou d’une version Turbo Diesel qui conservent, hormis l’aspect exceptionnel du véhicule essayé, ses qualités intrinsèques, déjà fort impressionnantes.
Fabrice DUMAS (11/06/1998)