Tout le monde est d’accord, NISSAN a saisi la bonne inspiration pour dessiner la remplaçante de la sage Micra première génération. La nouvelle est tout en rondeur d’un bouclier à l’autre, à tel point qu’on lui trouve un faux air de Coccinelle. Un segment aussi stratégique que celui des petites voitures ne peut pas se dispenser de motorisation Diesel en accompagnement des classiques versions à super sans plomb. C’est récemment chose faite puisque deux versions à gazole sont arrivées dans le catalogue.
Rondeur du dCi
Le sigle « dCi » est distinctivement apposé sur le hayon, et non « VDi » comme on aurait pu s’y attendre. La raison est évidente, la désignation RENAULT – chaque constructeur a sa propre désignation préférablement distincte de celle du voisin – est reprise puisque le 1.5 dCi de la Clio est emprunté. La Micra dCi bénéficie donc du dernier turbo-Diesel à rampe commune de deuxième génération issu de la banque d’organes maison (comme on dit). Le moteur développe 65 chevaux et « pousse » à 82 chevaux (174 km/h – 5,0 l/100 km) grâce à l’adjonction d’un intercooler, mais restons sur la motorisation de base. Peu de vibrations, peu de bruits en dessous de 3.000 tr/mn, NISSAN a raisonnablement insonorisé sa Micra. Le confort de conduite en est immédiatement amélioré. La petite Micra se faufile bien, a la pêche à tout instant et, saké sur le sushi, la consommation réconcilie le pauvre conducteur avec le pompiste (4,6 l/100 km – 155 km/h). Face à cette forme, la version essence (5,9 l/100 km) ne peut avancer que son agrément en usage soutenu (80 chevaux – 167 km/h) et l’absence des traits de caractère du Diesel : les vibrations et le bruit.
Sculpture moderne

Autant la ligne extérieure, haute et ronde, derrière des phares haut perchés, se distingue dans le flot automobile, autant l’intérieur est traité sobrement. Heureusement, les touches de chauffage et de radio couleur ivoire, ainsi que sur le levier de vitesses, tranchent avec le noir ambiant des plastiques et des tissus. La version « Visia » correspondant au bas de gamme, ceci explique peut être cela. L’espace intérieur a été très bien pensé qu’il s’agisse de l’ergonomie des commandes ou des rangements. Vide-poches sous le volant et grande tablette sur la planche de bord, bac de rangement pouvant contenir une grande bouteille sur les flancs arrière de cette version trois portes, les possibilités de caser tous les objets de la famille sont variées, et encore, cette version ne dispose pas de bac sous l’assise du passager. Comme on a à faire à une version de base, l’espace dédié à l’ordinateur de bord est transformé en un bac profond fermé par un volet.
Intérieur sympa
La position de conduite est facilitée par les quelques réglages disponibles, la hauteur du siège variable compense la position fixe des ceintures de sécurité. Les grands conducteurs pourront souffrir du recul limité de leur siège ; c’est tout bénéfice pour les passagers arrière qui gardent un espace vital décent, d’autant plus que la garde au toit est importante. Effet Twingo ou pas, la banquette arrière est coulissante avec possibilité de rabattre les dossiers séparément. Les bonnes intentions de la petite NISSAN passent par la dotation de série, qui, compte tenu du prix de base, ne mérite pas de critiques. Parmi les équipements bienvenus, l’essuie-glace arrière qui fonctionne automatiquement quand on passe la marche arrière et le système de déverrouillage en deux temps (porte conducteur seule puis le reste des ouvrants via une deuxième impulsion sur la télécommande) et l’autoradio CD. Pour la sécurité, NISSAN offre d’emblée quatre airbags. Deux bizarreries à signaler enfin : on ne peut pas avoir le compteur journalier en même temps que l’heure et seul le pare-soleil conducteur dispose d’un miroir de courtoisie (clientèle féminine privilégiée ?)
Les nouvelles NISSAN Micra ont gagné en fantaisie grâce à leur ligne plus avenante. Mais le sérieux est toujours présent quand il s’agit du traitement de l’espace intérieur. On y trouve tout ce qu’on espère d’une petite voiture à tendance citadine : les rangements, le coffre et l’ergonomie des commandes. Grâce au nouveau moteur dCi de 1,5 litre emprunté à RENAULT, la Micra propose une alternative très prisée à ses motorisations essence, dont le 1,2 litre de 80 chevaux. Les allergiques au gazole trouveront dans celui-ci une motorisation alerte et tout de même moins chère à l’achat.
Philippe NIOLLET (19/11/2003)