La troisième génération du NISSAN Qashqai, présentée en juillet 2022, a inauguré l’hybridation e-POWER, sensiblement différente des autres systèmes des concurrents. Depuis l’été 2025, le système e-POWER a été optimisé, permettant à NISSAN d’afficher une autonomie de 1.200 kilomètres avec un plein et une consommation de 4,5 l/100 km en cycle mixte WLTP.
Ligne plaisante
Restylée en 2024, cette troisième génération présente bien avec une ligne de SUV équilibrée et moderne. La grande calandre trapézoïdale est encadrée par des retours latéraux triangulaires surmontés par de très fines optiques à LED. La finition Tekna+ bénéficie d’une peinture bi-ton et de grandes jantes de vingt pouces dynamisant le profil.
Intérieur chic
La présentation de l’habitacle de la version Tekna+ essayée est agréable avec des matériaux de belle apparence, bien assemblés, et de beaux sièges recouverts de cuir matelassé avec insert en suédine que l’on retrouve également sur le tableau de bord. Ces sièges à réglages électriques, chauffants et massants s’avèrent confortables à l’usage grâce à la consistance agréable de l’assise et au bon maintien du dossier. A l’arrière l’assise est plus ferme et la place pour les jambes est un peu juste lorsque les sièges avant sont reculés. Le tableau de bord reçoit une instrumentation numérique sur une dalle de 12,3 pouces et un écran central, également de 12,3 pouces, pour l’affichage du système multimédia. Les rangements sont nombreux toutefois, les bacs de porte sont trop étroits pour y loger une pochette porte-papiers. La position de conduite dominante bénéficie à la visibilité mais la position haute des rétroviseurs extérieurs, gêne la vision de trois-quarts avant. Petite déception au niveau du coffre, les 455 litres sont quand même un peu justes pour une utilisation familiale les jours de grands départs.
Nouveau système e-POWER
Le système hybride e-POWER de NISSAN dispose de la particularité d’être du type hybride série, avec entraînement des roues motrices par le seul moteur électrique, le moteur thermique servant de générateur pour alimenter la machine électrique ou recharger la batterie de traction lorsque l’énergie cinétique n’est pas suffisante. Les systèmes hybrides concurrents sont du type parallèle avec entraînement des roues soit par le moteur électrique, soit par le thermique soit conjointement par les deux unités.
Bien que sophistiquée, avec son moteur essence à taux de compression variable, la version e-POWER présentée en 2022 a déçu par sa consommation élevée sur autoroute. Conscients du problème, les ingénieurs NISSAN ont amélioré leur système, notamment en simplifiant le moteur thermique en abandonnant le taux de compression variable, en le dotant d’un plus gros turbo permettant de réduire le régime moteur sur autoroute et en adoptant la technologie STARC, exclusivité NISSAN, de remplissage des cylindres avec un cycle de fonctionnement Miller, anticipant la fermeture des soupapes d’admission. Ainsi modifié, NISSAN revendique un rendement énergétique de 42 %.
Le système électrique a également évolué en regroupant dans un ensemble compact « 5-in-1 » plus léger et rigidifié, le moteur électrique, le générateur, l’onduleur, le réducteur et le multiplicateur de la transmission.
Au volant
Afin de vérifier le bien fondé de ces modifications techniques, nous avons parcouru quelques centaines de kilomètres sur routes, autoroutes et petits trajets en local dans les Yvelines.
En ville
L’accueil dans ce Qashqai Tekno+ est très agréable. En plus de la belle finition déjà évoquée, l’installation à bord est facilitée par la fonction « Entrée/Sortie », qui recule le siège lorsque l’on sort de la voiture et le repositionne au dernier réglage enregistré lorsque l’on appuie sur le bouton de démarrage. En plus de cette fonction « Entrée/Sortie », il est possible de mémoriser deux positions de conduite. Le contact étant mis, la voiture est prête à démarrer. Si la batterie est suffisamment chargée le Qashqai peut rouler en mode électrique sur quelques kilomètres, le moteur thermique ne démarre que lorsque la charge de la batterie a atteint son niveau minimal ou lors d’une forte accélération. En ville, la conduite se fait en douceur et en silence, même lorsque le moteur thermique se met en route.
Même avec ces bonnes dispositions et une consommation mesurée (5,3 l/100 km) en circulation locale assez fluide, le Qashqai n’est pas un citadin accompli. Malgré les dimensions raisonnables (4,42 m x 1,83 m), les caméras 360°, les radars de proximité, les manœuvres de stationnement ne sont pas aussi aisées qu’espérées à cause d’un rayon de braquage trop grand. J’aurais dû essayer le système de stationnement intelligent (IPA)…
En circulation urbaine, la fonction « e-Pedal » permet de se déplacer en n’utilisant quasiment que la pédale d’accélérateur pour accélérer et ralentir. Il faut maîtriser l’action de son pied sur l’accélérateur afin d’obtenir le ralentissement souhaité. Mes premières tentatives ont généré une décélération trop prononcée, quasiment un freinage. On s’habitue finalement assez vite et on regrette alors que le système n’aille pas jusqu’à l’immobilisation, obligeant d’avoir recours à la pédale de frein habituelle pour s’arrêter.
Sur la route
La conduite de ce Qashqai e-POWER sur route est très agréable. L’ensemble mécanique procure d’excellentes performances, avec des reprises « canons », et maîtrise sa consommation de carburant en se contentant de moins de 5 l/100 km. Le niveau sonore est remarquablement discret, même lorsque le moteur thermique est sollicité. Ici, pas d’emballement à l’accélération, pas d’hésitations de boîte de vitesses, pas de transitions plus ou moins fluides entre thermique et électrique, la sensation est proche de la conduite d’une voiture électrique. Pour parfaire les sensations, les suspensions sophistiquées (train arrière multibras sur Tekno+) et bien calibrées sont suffisamment souples pour assurer un confort correct, malgré quelques trépidations à basse vitesse, et ont ce qu’il faut de fermeté pour bien tenir la caisse. De plus, la direction s’est montrée précise, la tenue de route rassurante et le freinage efficace.
Sur l’autoroute
Qu’elles soient hybrides ou électriques, l’autoroute n’est pas le type de route le plus favorable aux voitures électrifiées. Le besoin quasiment constant d’une puissance importante et l’absence de phases de récupération d’énergie épuisent rapidement la charge des batteries. Dans le cas des hybrides, le moteur thermique est fortement sollicité, que ce soit pour entraîner les roues ou alimenter le moteur électrique comme sur le Qashqai. La précédente version du e-POWER avait déçu à cause de sa trop forte consommation dans ces conditions, dépassant largement 8 l/100 km d’après plusieurs essais. En roulant à 130 km/h sur une centaine de kilomètres, système ProPILOT activé, gérant les ralentissements, les remises en vitesse et le maintien dans la voie de circulation, la consommation a été de 7,2 l/100 km. C’est mieux, mais pas encore tout à fait celle d’un Diesel équivalent…
A 130 km/h, le niveau sonore est raisonnable, malgré quelques bruits d’air plus audibles que le moteur thermique, et permet l’écoute dans de bonnes conditions de l’excellent système audio Bose. Si un peu de lassitude se fait sentir, les sièges massants décontractent les muscles dorsaux, mais il ne faut pas que cela devienne un motif pour éviter les arrêts toutes les deux heures…
La gamme, les prix
NISSAN ne réserve pas sa technologie e-POWER aux finitions les plus chères. L’entrée de gamme Acenta (37.600 €) est déjà bien dotée avec radars et caméra de recul, climatisation bi-zone, écran multimédia 12,3 pouces, projecteurs à LED, jantes en alliage 17 pouces, accès et démarrage mains libres…
La finition N-Connecta (39.800 €) ajoute la navigation et les services connectés Google, l’instrumentation numérique sur écran 12,3 pouces, le double plancher de coffre, les caméras 360° et la sellerie TEP (Tissu Enduit de Plastique) et tissu…
La finition N-Design (42.600 €) reçoit une présentation « sport » avec pare-chocs et bas de caisse couleur carrosserie, peinture bi-ton (toit et rétros noir), projecteurs matriciels, sellerie TEP et suédine…
Tekna (43.000 €) dispose en plus du hayon électrique à ouverture mains libres, du siège conducteur à réglage électrique et projecteurs matriciels, entre autres.
Enfin, la finition Tekna+ (46.300 €) est luxueusement présentée avec système audio Bose, sièges avant (conducteur et passager) chauffants et massants, sellerie en cuir matelassé noir avec inserts en suédine, toit panoramique en verre occultable…
Par rapport aux SUV hybrides de la concurrence RENAULT Austral (41.900 € à 46.000 €), CITROËN C5 Aircross (34.990 € à 40.990 €), PEUGEOT 3008 (40.000 € à 46.500 €), VW Tiguan (40.900 € à 58.600 €), TOYOTA RAV4 (39.950 € à 50.400 €) pour les principaux, le Qashqai (37.600 € à 46.300 €) est bien placé au niveau des tarifs, d’autant plus qu’une remise intéressante est accordée en commandant en ligne sur le site NISSAN.
En bref
J’ai beaucoup apprécié ce NISSAN Qashqai e-POWER. Sa conduite agréable, ses performances, son confort, son silence de fonctionnement et son rapport prix/équipements sont des atouts forts. Sa consommation est également intéressante en ville et sur routes ou on atteint presque les 1.200 kilomètres d’autonomie revendiqués, moins sur autoroutes (700 kilomètres) malgré les progrès réalisés. On peut regretter que le coffre ne soit pas plus grand, que le système « e-pedal » ne stoppe pas le Qashqai et que quelques bruits d’air se fassent entendre sur l’autoroute. C’est, à mon avis, l’un des SUV hybrides les plus agréables de sa catégorie.
Daniel DECHÊNE (19 novembre 2025)