Même si sa silhouette reste très proche de celle du Duster, le Bigster n’est pas qu’une simple version XL de son petit frère. DACIA joue la montée en gamme fort de ses atouts, et s’attaque aux SUV familiaux du segment C, pourtant déjà bien pourvu.
Des bases éprouvées
En s’appuyant sur la plateforme CMF-B largement utilisée dans le groupe RENAULT (Clio, Captur, Symbioz, Duster,…), DACIA, fidèle à ses préceptes, limite les coûts de conception du Bigster. Mais il étire la plateforme de façon à offrir vingt-trois centimètres de plus par rapport au Duster. Quatre centimètres profitent à l’empattement et dix-neuf à la soute à bagages. Pour le style intérieur et extérieur, il s’appuie fortement sur le Duster, best-seller de la marque, ce qui laisse présager un accueil positif du public. Avec un budget d’études contenu et des dimensions adéquates pour une utilisation familiale, il n’en fallait pas plus à DACIA pour proposer dans le segment C un SUV se démarquant de la concurrence.
Une motorisation hybride plus efficiente
Sur la version hybride qui coiffe la gamme et qui devrait représenter l’essentiel des ventes, DACIA innove. Il abandonne la motorisation full hybrid de 140 chevaux proposée sur les Duster et Jogger dont le manque de puissance et les hésitations de la boîte automatique ont été critiqués. La partie électrique n’évolue pas, conserve ses deux blocs et la même puissance. Le premier de 49 chevaux, est consacré à la traction. Le second de 20 chevaux, joue un rôle d’alterno-démarreur pour la partie thermique qui passe de 1.6 à 1.8 litre et délivre maintenant 109 chevaux, soit quinze de plus. Le nouveau bloc fonctionne en cycle Atkinson, gage d’une consommation réduite. Au total, cet ensemble délivre 155 chevaux pour un couple maximum de 205 Nm. L’originale boîte à crabots (quatre rapports en mode thermique et deux en électrique) a également été modifiée de façon à offrir un meilleur agrément et éviter les rétrogradages intempestifs liés au manque de puissance de la version précédente.
Cinq places, pas sept !
En pénétrant dans l’habitacle du Bigster, pas d’effet waouh. Budget oblige, on retrouve la planche de bord du Duster faite de plastiques durs qui ne transportent pas d’enthousiasme. Mais cette marque de fabrique est assumée par DACIA. On retrouve dans le dessin du tableau de bord la rectitude et les angles du style extérieur. Les formes proéminentes des aérateurs, l’importance de la console central sont à mon goût un peu trop intrusives dans l’habitacle.
Malgré une longueur de 4,57 mètres, DACIA ne propose pas de version sept places sur le Bigster. Le constructeur a choisi de choyer cinq occupants en leur octroyant des sièges confortables et un espace généreux aux jambes à l’avant comme à l’arrière. Il leur offre une soute à bagages au volume conséquent, supérieur de 150 litres à celui du Duster. Très pratique, une commande déportée dans le coffre permet de rabattre la banquette arrière divisée en trois parties.
Un niveau d’équipements inédit
Pour rester au contact de la concurrence, DACIA innove dans notre finition haute journey. Il propose en série une dotation peu imaginable il y a quelques années chez le constructeur roumain. Pas de gadgets dispendieux, mais du simple et ergonomique permettant une appropriation facile.
Doté d’un combiné numérique de dix pouces et d’un écran multimédia de 10,1 pouces, le Bigster ne donne pas pour autant dans le tout numérique. Il a conservé des commandes physiques sous l’écran central (dont la climatisation bizone avec buses à l’arrière s’il vous plaît), et propose à gauche du conducteur une touche de désactivation directe des alertes et aides à la conduite initiées à chaque démarrage. Très pratique ! Accoudoir central réfrigéré, chargeur par induction répondent maintenant à l’appel et complètent agréablement la dotation.
En série aussi sur notre finition journey, le siège conducteur à réglages semi-électriques (hauteur d’assise et inclinaison du dossier, la longueur restant manuelle) ou encore le hayon à ouverture électrique. Le grand luxe !
Nul n’étant parfait, deux petits points négatifs relèvent du quotidien. Vu la dureté des plastiques, l’accoudoir central comme ceux situés sur les portières sont peu confortables, et les alarmes des radars d’aide au stationnement se font entendre un peu trop rapidement avec leur sonorité particulière.
Un tarif attractif
Proposé à 32.000 € en finition journey, le Bigster creuse l’avantage sur une concurrence certes plus huppée (RENAULT Austral, KIA Sportage ou PEUGEOT 3008), mais pour laquelle il faudra débourser 10.000 € de plus.
Notre véhicule à l’équipement très complet, bénéficiait de toutes les options : pack Hiver à 500 € comprenant volant, sièges et pare-brise chauffants, toit ouvrant panoramique à 1.000 €, pack parking avec détecteur d’angle mort, radars avant, arrière et latéraux, caméra multi-vues à 550 €, roue de secours galette à 200 € et peinture bi-ton à 300 €. Soit un total inférieur à 35.000 €, tout à fait raisonnable !
Sobre en carburant
Destiné aux familles, le Bigster n’a pas vocation à être brusqué. En ville, la nouvelle batterie de 1,4 kWh se recharge rapidement, surtout avec la boîte en position B qui renforce le frein moteur sans toutefois aller jusqu’à l’arrêt final. Un mode E-SAVE permet aussi de privilégier le niveau de charge de la batterie avant d’attaquer un parcours montagneux par exemple. Le démarrage se fait obligatoirement sur le mode électrique, mode privilégié tant que la vitesse reste raisonnable. Selon le constructeur, il est possible de conduire en ville à 80% en zéro-émission si les conditions s’y prêtent. La transparence est de mise dans le passage du mode électrique au moteur thermique tandis que la consommation atteint à peine les cinq litres. Le Bigster se montre maniable malgré une longueur importante et une caméra de recul dont la qualité des images n’est pas irréprochable.
Sur route ou voies périphériques, la consommation augmente légèrement pour atteindre 5,2 litres, le mode électrique étant moins sollicité, tandis que la douceur de fonctionnement perdure. Le gabarit du Bigster, sa hauteur, n’incitent pas à une conduite dynamique lorsque la route se fait sinueuse. Mais mené sans excès, il s’avère plaisant et précis à conduire au quotidien.
Sur autoroute, nous avons mesuré 5,9 litres ce qui reste très raisonnable et l’autonomie annoncée avoisine 700 kilomètres. Globalement, le nouveau bloc 1.8 essence et ses 109 chevaux améliorent sensiblement l’agrément de conduite par rapport à la version 1.6 litre équipant le Duster. Les rétrogradages intempestifs (et sonores) sont en nette diminution, notamment sur autoroute lors de la présence de faux-plats. DACIA indique avoir mené un travail important d’insonorisation du Bigster avec des vitres plus épaisses et un pare-brise acoustique. Mais si le moteur se montre discret, il est dommage que des bruits d’air sur les rétroviseurs et montants de pare-brise viennent compromettre le confort sonore dès 110 ou 120 km/h.
Même s’il n’est pas aussi sexy que la plupart de ses concurrents, le Bigster a d’autres arguments. Sans défaut important, il répond parfaitement aux critères des familles en recherche d’un véhicule spacieux, confortable et bien équipé. Il reste abordable à l’achat et économique à l’usage, c’est donc le choix de la raison. Son arrivée au sein du segment C pourrait bien rebattre les cartes et bousculer certaines rentes de situation.