La DACIA Sandero Stepway réaffirme son style crossover et poursuit sa montée en gamme avec mesure, sans jamais s’éloigner de sa philosophie d’origine. La présentation gagne en soin, l’agrément progresse, et le nouveau moteur Eco-G 120 associé à la boîte automatique change réellement l’usage au quotidien. Dans cette finition Extrême, la Stepway ajoute une touche plus valorisante, sans renoncer à la simplicité et à l’économie qui font sa force.
Design : l’audace dans la sobriété
DACIA ne révolutionne pas sa silhouette, mais affine son identité. La nouvelle signature lumineuse modernise le regard, tandis que la face avant gagne en caractère. Cette version renforce son profil de petit SUV avec ses jantes noires, ses inserts contrastés et quelques détails de présentation bien choisis.
La teinte jaune ambré, associée aux rétroviseurs bronze, fonctionne remarquablement bien. Sous certains angles, elle donne même à cette version une présence plus valorisante qu’attendu. L’ensemble reste simple, mais il ne fait pas basique.
La déclinaison Stepway ajoute ce supplément d’allure qui lui va bien : garde-au-sol majorée, protections de carrosserie et barres de toit composent un ensemble cohérent, sans excès.
Vie à bord : simple, mais plus valorisante
À bord, la Sandero reste fidèle à la philosophie DACIA. Les matériaux sont simples, parfois assez plastiques, mais l’ensemble apparaît correctement assemblé et plus chaleureux qu’auparavant. Les touches colorées, notamment les rappels bleu-vert sur les sièges et certains habillages, apportent une vraie personnalité à l’habitacle.
La présentation ne cherche pas à imiter les modèles premium, mais elle devient plus agréable au quotidien. La sellerie spécifique Extrême, les inserts décoratifs et les dégradés discrets donnent une ambiance plus soignée que ce que l’on attendait autrefois d’une Sandero.
L’ergonomie reste l’un des points forts. Les commandes tombent bien sous la main, la position de conduite est naturelle et les fonctions principales restent faciles à comprendre. Le système multimédia fait globalement le travail. Apple CarPlay sans fil s’est connecté rapidement lors de l’essai, même si l’interface peut parfois hésiter, notamment lors du passage entre les médias et la radio.
La dotation comprend aussi le Media Control, avec streaming audio Bluetooth, support téléphone, deux haut-parleurs et une prise USB. On retrouve en plus un régulateur et limiteur de vitesse, bien utiles sur route. Les écrans de dix et sept pouces offrent une bonne lisibilité, avec une présentation moderne et suffisamment intuitive.
Bonne nouvelle enfin : la climatisation reste pilotée par de vrais boutons, bien plus pratiques à l’usage.
Habitabilité : un gabarit raisonnable
À l’avant, l’espace est correct et l’on s’installe facilement. À l’arrière, deux adultes peuvent voyager sans difficulté particulière, même si l’habitabilité ne se montre pas exceptionnelle. Avec 4,10 mètres de long, la voiture conserve un format facile à vivre en ville comme sur route, d’autant que sa hauteur d’environ 1,59 mètre et sa garde-au-sol majorée lui donnent une vraie allure de petit SUV.
Le coffre, autour de 328 litres, reste honnête pour la catégorie, mais il peut vite sembler compté dès que l’on part à plusieurs avec des bagages. Lors de mon essai à trois personnes, la banquette rabattable en deux tiers/un tiers s’est révélée bien utile.
Les rangements restent limités. La visibilité est bonne, la caméra aide en manœuvre, et les radars mériteraient simplement un réglage plus fin.
Sur la route : douceur et cohérence
Le nouveau moteur 1.2 Eco-G 120 surprend d’abord par sa douceur. Souple à bas régime, discret en conduite courante et peu vibrant, il donne à la voiture un agrément très convaincant au quotidien. La transition entre GPL et essence est imperceptible, ce qui renforce encore cette sensation de simplicité.
Lorsqu’on le sollicite davantage, le trois cylindres se fait toutefois plus présent à l’oreille, notamment en reprise ou sur voie rapide. Rien d’anormal pour ce niveau de prix et ce type de mécanique, mais cela rappelle que l’insonorisation reste celle d’une voiture pensée pour rester accessible.
L’association avec la boîte automatique DCT change clairement l’usage. En ville, elle apporte davantage de fluidité et de confort, surtout dans les ralentissements et les trajets répétitifs. Elle n’est pas parfaite : à très basse vitesse, elle peut hésiter, et ses rétrogradages manquent parfois d’anticipation. Mais l’ensemble moteur/boîte reste cohérent, agréable et bien adapté à l’usage visé.
Sur route, la voiture se montre saine et rassurante. La direction est correcte, le confort général appréciable et la tenue de caisse suffisante pour une conduite normale. Sur autoroute, la stabilité à 130 km/h est bonne et les bruits aérodynamiques demeurent contenus.
GPL : l’argument qui fait la différence
C’est sans doute ici que cette version frappe le plus fort. À la prise en main, l’ordinateur de bord affichait environ 750 kilomètres d’autonomie en GPL et 850 kilomètres en essence, soit près de 1.600 kilomètres d’autonomie totale. Un chiffre très impressionnant, surtout à une époque où le coût d’usage reste un critère essentiel pour beaucoup d’automobilistes.
Lors de mon essai, la consommation affichée en GPL tournait autour de 6,5 l/100 km, avec un prix observé à 1,01 €/l. Le coût d’usage devient alors très compétitif, autour de 6,56 € aux 100 km dans ces conditions.
Sans opposer les technologies, le GPL conserve ici un avantage très concret : il permet de rouler à moindre coût, sans borne de recharge, sans installation à domicile et sans bouleverser ses habitudes. C’est une solution simple, immédiatement disponible, particulièrement pertinente pour qui cherche une voiture économique sans contrainte.
Cette version donne même envie de se pencher sérieusement sur l’achat d’un modèle GPL/essence. C’est sans doute le meilleur compliment que l’on puisse lui faire.
Technologies et aides : utiles, mais parfois agaçantes
Le système multimédia est correct, la lisibilité des écrans satisfaisante et la connexion à Apple CarPlay sans fil fonctionne bien. En usage courant, cela suffit largement. On relève toutefois quelques lenteurs et une fluidité perfectible, notamment lors du passage entre les sources audio.
Les aides à la conduite imposées par les dernières normes européennes sont bien présentes, mais elles peuvent se montrer intrusives. Heureusement, DACIA a prévu un bouton permettant d’en désactiver rapidement certaines. C’est un bon point d’ergonomie, car ces alertes deviennent vite agaçantes au quotidien.
Les radars de stationnement m’ont davantage surpris. À plusieurs reprises, notamment à l’arrêt au feu rouge, le système a émis des alertes alors qu’aucun obstacle immédiat ne semblait présent. L’affichage signalait parfois un obstacle sur le côté gauche ou droit, sans raison évidente. Ce n’est pas dramatique, mais cela nuit un peu à la sérénité d’utilisation.
Autre détail relevé : les tapis de sol en plastique se sont montrés glissants, surtout après la pluie en Normandie. Une fois à bord, le manque d’adhérence est flagrant et l’on ne sait pas vraiment où s’essuyer les pieds.
Verdict : l’essentiel bien fait
Sans chercher l’esbroufe, cette version mise sur la simplicité, l’économie et l’agrément. Le GPL et la boîte automatique forment un duo convaincant, l’autonomie impressionne et le coût d’usage reste parmi les plus bas du marché. Quelques limites subsistent, mais l’ensemble demeure cohérent et agréable au quotidien.
Affichée à 20.250 € dans cette finition, et à 22.250 € pour notre exemplaire d’essai avec options, la proposition ne mise pas sur la technologie de pointe, mais sur une formule simple, bien pensée et très économique à l’usage. Face à des citadines polyvalentes et petits SUV urbains souvent plus chers, son rapport prix/prestations reste l’un de ses meilleurs arguments.
Jean-Pierre RICCI – Mai 2026