DACIA n’en finit plus de réinventer son Duster, véritable best-seller et modèle d’importance majeure pour la marque roumaine. Pour cette troisième génération, l’équation à résoudre est toujours plus contrainte : conjuguer nouveauté, robustesse, attractivité, simplicité et tarifs contenus. Tout en restant autant que possible à la page sur le plan des motorisations, dans un contexte de réglementation européenne toujours plus exigeante dans ce domaine. Pari réussi ?
Un design extérieur au style affirmé
D’un point de vue design extérieur, le DUSTER évolue vers un style plus affirmé cohérent avec la promesse de robustesse du modèle. Les lignes sont plus tendues, le capot est bien sculpté, la face avant très verticale. Le dessin de boucliers avant et arrière finit d’assoir la silhouette du modèle dans les codes du tout-terrain : l’ensemble est globalement plus carré que les versions précédentes. La face adopte la nouvelle identité de marque, ainsi que la signature lumineuse en Y à LED, sur un bandeau frontal plutôt fin et très moderne. A l’arrière, on retrouve le motif en X habituel, retravaillé dans une version plus qualitative que précédemment.
Ajoutez à cela une garde au sol qui reste élevée (209 millimètres), des jantes de 18 pouces semi diamantées sur ce modèle d’essai, des touches de cuivre ici et là : tous les codes du baroudeur tout-terrain sont là. La montée en gamme est bien visible et on sort progressivement du monde du low-cost des versions précédentes.
A l’intérieur, la marque reste fidèle à ses codes.
La planche de bord très verticale est en plastique dur, il n’y a pas de miracles pour contenir les coûts. Si ce n’est pas particulièrement joyeux, les assemblages sont bien maîtrisés et le dessin très géométrique renvoie une impression de robustesse. Là encore, les touches de couleur cuivre, le rappel de l’identité en Y sur les aérateurs ou les panneaux de portes montrent le soin apporté à garantir une cohérence entre intérieur et extérieur. Les sièges du passager avant et du conducteur profitent de plus de réglages et d’un dessin assez enveloppant qui permettent d’avoir une bonne position de conduite. Cela limitera la fatigue lors des longs trajets, tout comme une insonorisation et des bruits d’air maîtrisés, bien que présents à haute vitesse. Par ailleurs, le comportement du châssis est sain, et la suspension pas trop dure.
Reposant sur la plateforme CMF-B, ce Duster emporte par ailleurs sans difficulté cinq personnes grâce à une habitabilité de bonne tenue. Les passagers bénéficient tous d’une garde au toit généreuse. Avec 496 litres de capacité, le coffre est prêt à accueillir les bagages de tout ce petit monde, malgré l’intégration de la batterie hybride. Attention toutefois à ceux d’entre vous qui prendront l’option roue de secours : il faut bien la caser quelque part ; il reste 401 litres dans ce cas.
Le saut technologique est particulièrement visible dès l’ouverture de la porte conducteur
Le poste de conduite s’articule autour d’un écran tactile de 10,1 pouces orienté vers le conducteur et d’une instrumentation numérique de 7 pouces derrière le volant. Le tout est lisible, réactif, complet, bref : pas d’impasse dans le multimédia. Il persiste, comme chez RENAULT, des commandes physiques pour les éléments essentiels comme les réglages de chauffage et climatisation, et ça c’est vraiment pratique à l’usage. Esprit baroudeur oblige, pour ceux qui voudraient un usage « outdoor » radical, un menu propose de visualiser les inclinaisons de caisse.
On peut aussi noter quelques astuces pour l’aménagement intérieur, notamment le système YouClip : des points de fixation astucieux permettant de clipser facilement un support de tablette, une lampe LED ou un porte-gobelet.
Enfin, ajoutez à cela toute la batterie d’aides à la conduite habituelle, que l’on peut habilement déconnecter avec une touche dédiée à gauche du poste de conduite. Idem RENAULT, à nouveau.
Au final, pas de suréquipement ici, mais fondamentalement il ne manque rien de majeur par rapport à ce qu’on peut attendre d’une voiture moderne. Pour moi c’est un vrai effet « wahou » sur le plan technologique : quelle progression par rapport aux premières versions !
Une nouvelle motorisation hybride pour accompagner la maturité du modèle
La grande nouveauté de cette génération est la nouvelle motorisation hybride 155 chevaux, dérivée du système E-Tech bien connu chez RENAULT. Elle remplace avantageusement la motorisation précédente de 140 chevaux, qui montrait ses limites en usage intensif.
Il ne s’agit pas que d’une simple hausse de puissance : ce nouveau système repose sur un nouveau moteur quatre cylindres de 1,8 litre (contre 1,6 litre auparavant) à cycle Atkinson associé à deux moteurs électriques et une boîte de vitesses automatique à crabots (sans embrayage) optimisée avec quatre vitesses pour le moteur thermique et deux vitesses pour l’électrique. Le tout développe 155 chevaux en puissance maximale, combinant les 109 chevaux du moteur essence aux 50 chevaux du moteur électrique associés à une batterie de 1,4 kWh (280 V).
La progression par rapport à la version précédente ne cherche pas à améliorer les performances pures : le surcroît de puissance et de couple profitent surtout à l’agrément, le moteur tourne moins vite et la boîte gère mieux les passages de rapport.
A l’usage : un fonctionnement très doux en ville, avec de nombreux démarrages en tout électrique, et une consommation vraiment maîtrisée. Sur les 280 kilomètres de l’essai, dans des conditions climatiques froides et sous la pluie, la consommation s’est élevée à 5,1 l/100 km ce qui est vraiment bas pour un véhicule de ce gabarit et pas très loin de la consommation de 4,6 l/100 km annoncée par le constructeur.
A quel prix ?
La version essayée en finition Extreme Hybrid de 155 chevaux démarre à 28.500 €. En ajoutant les options peinture Vert Cèdre à 700 €, les jantes alliages semi-diamantées à 250 €, le pack Techno à 700 € (navigation Live, chargeur induction, régulateur adaptatif, frein de parking électrique), le pack City à 600 € (caméra multi vues, radar avant et avertisseur d’angle mort) les sièges avant et volant chauffants à 300 € et la roue galette à 250 €, le montant total s’élève à 31.300 €.
Cela reste une proposition tarifaire tout simplement imbattable, toujours inférieure de 5.000 à 10.000 € par rapport à ses concurrents directs, surtout en full hybride.
DACIA n’en finit plus de réinventer son Duster, et cette fois encore le pari est réussi. La marque propose avec cette troisième génération un véhicule certes sans fioritures, mais surtout sans défaut majeur et disposant enfin d’une motorisation hybride de bon niveau qui lui convient très bien. Le rapport qualité / prix reste imbattable. Ajoutez à cela des déclinaisons tout-terrain, du GPL, une version rallongée Bigster. DACIA a tous les atouts pour garder son best-seller en tête des ventes.
Yann LISSARDY (22 février 2026)