Le passage de Mini a MINI a positionné la marque britannique appartenant à BMW comme un constructeur à part entière. Elle est ainsi passée d’un modèle unique, la Mini, à une gamme complète. Parmi les différents modèles, l’Aceman, sorti en 2024, se positionne entre le MINI Countryman et la MINI Cooper. C’est un SUV compact 100% électrique. Loin d’être un SUV tranquille, la version John Cooper Works est plutôt énervée. Des propres mots de MINI, c’est l’électrique sportive qui redéfinit l’ADN MINI.
Parlons technique
L’Aceman repose sur la plateforme technique Spotlight allongée provenant de la MINI Cooper électrique, développée par la co-entreprise Spotlight Automotive entre le constructeur allemand et le constructeur chinois Great Wall Motors. Elle est actuellement produite en Chine et la production doit être complétée en 2026 par une production à Oxford en Angleterre.
Ce SUV compact est la première MINI 100 % électrique à porter les lettres mythiques JCW (John Cooper Works). Cette édition sportive de l’Aceman vise à séduire les amateurs de sensations fortes tout en s’inscrivant dans la transition vers l’électromobilité. Et quand on parle de sportivité, MINI n’a pas eu la main légère en motorisant son SUV avec 258 chevaux et un boost de 27 chevaux, le couple disponible est de 350 Nm et permet d’emmener notre SUV de 0 à 100 km/h en 6,4 secondes. Des performances dignes d’une vraie sportive. Sa tenue de route est irréprochable et permet des passages en courbe à des vitesses étonnantes, malheureusement, cette tenue de route a un revers, une suspension ferme, voire très ou trop ferme. Génial si on « attaque » mais parfois fatiguant dans la vie quotidienne.
Autonomie et recharge : pas toujours simple
Du côté de l’autonomie, les chiffres officiels parlent d’environ 355 kilomètres en cycle WLTP pour l’Aceman JCW, mais en combinant le froid et une conduite dynamique, je n’ai pas dit sportive, l’autonomie est inférieure de cent kilomètres. Le rechargement de la batterie peut être effectué sur une borne rapide qui permet de passer de 10 à 80 % en moins de trente minutes. Ce n’est pas impressionnant mais dans un contexte urbain, c’est largement suffisant pour l’usage quotidien.
Ne pas passer inaperçu
L’Aceman en finition JCW a un style très affirmé. Les appendices aérodynamiques noir brillant sont très seyants et se marient parfaitement au vert anglais de la carrosserie. Les stickers du capot et les badges JCW ajoutent encore un peu de personnalité à l’allure dynamique de ce petit SUV. Cela lui donne un style affirmé qui met en avant sa sportivité. Les jantes spécifiques de 19 pouces et les freins à étriers rouges mettent en valeur le profil musclé de SUV compact de notre Anglaise. Visuellement, l’Aceman est plus impressionnant que ses mensurations ne le laissent deviner. Même si avec ses un peu plus de quatre mètres, les dimensions sont celles d’une grosse citadine, les proportions, elles, sont typiques de celles d’un SUV urbain compact.
Les cinq portes sont très pratiques pour la vie de tous les jours, même si l’habitabilité aux places arrière est limitée. En effet, si un conducteur de 1,80 mètre prend place au poste de conduite, il est presque impossible pour un passager de la même taille d’être installé confortablement à l’arrière et le coffre reste limité avec ses 300 litres. C’est cependant largement suffisant pour la vie quotidienne et un usage urbain. Malheureusement, ce ne sera pas le meilleur endroit pour exploiter ses qualités dynamiques. Le plancher de coffre mobile est très pratique pour ranger les câbles de rechargement sans qu’ils encombrent le coffre. Dommage qu’il n’y ait pas de « Frunk » (coffre avant) pour compléter le volume de rangement.
Se distinguer des autres
À l’intérieur, l’ambiance est MINI mais pas maliste (désolé, je n’ai pas pu résister). Un écran central de 24 centimètres de diamètre rappelle le compteur rond des premiers modèles de la marque. L’habitacle est agrémenté de quelques accents rouges, une sellerie sport en cuir synthétique avec des coutures rouges, une sangle en tissu tendu qui remplace la troisième branche du volant et une qui sert de poignée à la boîte de rangement entre les sièges, une bande verticale qui agrémente le tableau de bord, un bien grand mot vu qu’il n’y a aucun élément qui ressemble de près ou de loin à un combiné, et des éléments de décoration évoquant les modèles sportifs de la marque. L’ensemble rappelle l’héritage sportif JCW. L’écran central est configurable avec différents univers qui présentent différentes spécificités que vous pouvez voir sur les photos.
Si l’écran rond est superbe, sa position central n’est pas des plus pratiques pour suivre la vitesse mais fait partie de l’ADN de la Mini originelle. Pour faciliter l’attention du conducteur, un système tête haute escamotable, bien placé et complet (affichage de la vitesse, des stations de radio, des appelants…), est présent en face du conducteur. De nombreuses fonctions de conduites sont disponibles dont les aides à la conduite, le suivi de charge, les différents assistants qui en font un véhicule très bien équipé. Sièges électriques et chauffants à mémoire, volant chauffant, utilisation de son smartphone comme clé font partie de l’équipement. Point notable, la caméra intérieure qui permet de prendre des photos de l’habitacle et celle du pare-brise qui peut se transformer en « dashcam ». Plus accessoire, la personnalisation de la signature lumineuse extérieure ou le projecteur derrière l’écran qui permet de changer la forme des éléments lumineux projetés sur la planche de bord.
Allez John, en route
A gauche derrière le volant, il y a une commande rouge, la fonction « Boost », qui ajoute temporairement 27 chevaux supplémentaires pour atteindre les 285 chevaux. Un gadget sympa et fun mais à mon avis, pas indispensable tant la puissance disponible est déjà suffisante pour propulser notre kart. Pour preuve, il existe une fonction pour contrôler la motricité au démarrage afin d’éviter la perte d’adhérence si on s’amuse à écraser l’accélérateur sans douceur.
Même si MINI est passée à l’électrique, cet Aceman est plaisant à conduire et conserve l’esprit sportif qui se doit d’aller de pair avec la griffe JCW. La tenue de route est irréprochable, même si parfois on aimerait que l’électronique soit moins présente pour s’amuser un peu plus. La direction est précise et incisive, le freinage est mordant et l’agrément de conduite est indéniable. En ville, on a toujours l’impression que l’on va se faufiler facilement dans le trafic urbain et dès que l’on commence à dévorer le bitume, on mesure tout le potentiel de la Chose. Il n’y a pas à dire, la meilleure place est derrière le volant.
L’ADN sportif de la marque britannique est préservé et la décarbonation ne vient aucunement ternir la mémoire de l’esprit John Cooper Works. Même si lors de mon premier contact, j’ai été méfiant à l’encontre de ce métissage, on peut s’accorder sur le fait que le plaisir de conduite et l’agilité des devancières de la griffe sportive ont été préservés. Je regrette juste le côté trop linéaire de la montée en puissance qui adoucit le côté rugueux d’un passage de vitesse, mais ce n’est que mon avis… En conclusion, JCW n’aura pas à rougir de cette première incursion dans le monde du tout électrique et cet Aceman est une première pierre posée par MINI dans l’ère de l’électrique sportif.
Michel SANTONI (20/01/2026)