Lorsque l’on découvre la SUBARU Impresa, on ne réalise pas en voyant cette berline-break de taille moyenne, qu’il s’agit de la version civilisée de la triple championne du monde des rallyes (1995, 96, 97). Bien sûr, de près quelques détails sautent aux yeux, telles les larges jantes en alu équipées de très performants pneumatiques 205/50 ZR 16 et sur le capot, l’immense prise d’air ne passe pas inaperçue, tout comme le becquet sur le hayon ou les énormes antibrouillards dans le spoiler. Malgré ces signes, on ne s’imagine pas quelle mécanique de feu se cache sous cette carrosserie presque anodine. L’Impreza GT est disponible en trois versions, 2 carrosseries 4 et 5 portes (enregistrée comme break sur la carte grise), la 4 portes étant disponible à 149.900 FF sans ABS et sans airbags pour les « purs et durs » et à 161.900 FF munie de ces équipements. Quant à la 5 portes, objet de notre essai, elle est proposée à 169.900 FF avec l’ABS et le double airbag.
Intérieur sobre et d’apparence sportive
L’aménagement intérieur de l’Impreza GT est sobrement présenté, avec un tableau de bord sans grande originalité et habillé de matériaux de qualité standard, sans plus. Par contre, le volant cuir signé MOMO, les sièges baquets très enveloppants chinés noir et bleu et le pommeau de changement de vitesses en cuir sont du plus bel aspect sportif. Par ailleurs, l’équipement de série est assez complet (4 vitres électriques, rétroviseurs à réglage électrique, condamnation centralisée par « plip »…), les options portant sur la climatisation, l’intérieur cuir, la peinture métallisée et la radio. L’aspect pratique n’a pas été négligé avec une banquette arrière rabattable en 2 parties 60/40, un coffre de 356 l avec un cache-bagages enroulable et des barres de toit, mais on regrettera le peu d’espace de rangements dans l’habitacle.
Tempérament volcanique
Après avoir soigneusement ajusté sa position de conduite (siège et volant réglables en hauteur), on peut démarrer le « flat-four », quatre cylindres à plat, qui émet déjà au ralenti un son rauque et prometteur. La conduite en ville n’est pas la tasse de thé de l’Impreza GT. L’embrayage est ferme mais le guidage du levier de vitesses est précis, la suspension est trépidante et la consommation atteint vite des sommets si on taquine l’accélérateur. Dès que la route se dégage, il est possible de lâcher la horde impressionnante qui piaffait d’impatience sous le capot. Le fauve qui feulait doucement se met à rugir férocement, la voiture s’appuie sur ses quatre roues motrices, accélère avec rage (0 à 100 km/h en 6,3 s) et l’aiguille du compte-tours se rue à l’assaut des 7.000 tr/mn quel que soit le rapport engagé. Très vite, on atteint des vitesses inavouables. A ce rythme endiablé, virages et obstacles se rapprochent très rapidement et la jauge à essence descend à vue d’œil (environ 14 litres / 100 km pendant l’essai).
Freinage manquant de mordant
Malgré 4 disques ventilés et pincés à l’avant par des étriers à quatre pistons, les freins ne laissent pas la même impression de puissance que le moteur. Quoique les disques aient été agrandis par rapport à la version précédente, il faut encore appuyer fort pour obtenir un ralentissement efficace. Une assistance un peu plus accentuée permettrait peut-être plus d’aisance, surtout sur les versions équipées de l’ABS qui prend en charge les freinages les plus appuyés.
Comportement sûr et efficace
La direction assistée directe et précise, les quatre roues motrices permanentes avec différentiel central et viscocoupleur et les larges BRIDGESTONE Potenza confèrent à l’Impreza un comportement routier hors du commun. L’adhérence semble sans limite, la suspension plutôt ferme contrôle efficacement le roulis et la voiture tourne d’un bloc, comme si elle était rivée au sol. Lors d’appuis prononcés, comme avec toute voiture puissante turbocompressée, il faut redonner de l’accélération avec une certaine modération, surtout sous la pluie, sinon la ruade des 217 ch, lorsque le couple de 290 Nm arrive d’un seul coup, peut écarter l’Impreza de la trajectoire prévue. Ce paramètre étant intégré, la vivacité et l’efficacité du comportement, conjuguées à la vigueur du moteur, procurent des sensations de conduite extraordinaires.
Tout amateur de sensations fortes ne pourra qu’être séduit par la SUBARU Impreza GT Turbo. Performances, tenue de route et agrément de conduite sont du niveau de « GT » valant 3 à 4 fois son prix, le tout avec une habitabilité suffisante pour un usage familial. Bien sûr la consommation est en rapport avec les performances et le confort ainsi que le niveau sonore sont « sportifs », mais ne cherchez pas, le rapport prix/sensations est inégalable.
D. DECHENE (01/07/1999)