Alors que le prix des carburants ne cesse d’augmenter et que les problèmes de pollution restent malheureusement d’actualité, TOYOTA propose enfin en Europe sa berline écologique et économique commercialisée au Japon depuis 1997. Première voiture hybride produite en grande série, la Prius utilise la technologie alternative d’une motorisation combinée essence-électrique.
Berline familiale
De l’extérieur, il serait impossible de deviner la spécificité de la Prius s’il n’y avait la discrète inscription « hybrid » à l’arrière du véhicule. Ses lignes sont originales sans être tape-à-l’œil et ses dimensions tout à fait dans la norme des berlines moyennes. Son habitabilité est celle d’une Avensis ; son intérieur est soigné, moderne et confortable. De nombreux rangements sont accessibles et le coffre est de capacité honnête malgré la présence discrète des batteries.
Le niveau d’équipement est généreux ; on peut citer entre autres : la climatisation automatique, un filtre à pollen, le verrouillage centralisé, un système anti-démarrage et un système d’alarme, les lève-vitres électriques, les rétroviseurs à réglage et dégivrage électrique… Au chapitre de la sécurité, le Prius n’est pas en reste et propose, de série, l’ABS avec système de répartition électronique (EBD). On trouvera également une carrosserie à rigidité élevée, une structure à absorption d’énergie et des barres de renfort contre les impacts latéraux. Est-il encore nécessaire de citer les airbags, les ceintures à prétensionneur et limiteurs d’effort pour vous convaincre que rien n’a été laissé au hasard ?
Véhicule hybride
Une fois assis au volant et contact mis, un détail inhabituel trahit la Prius. Sur l’écran de la console centrale, qu’on pourrait confondre avec un système de navigation, s’affiche le schéma de fonctionnement du véhicule (« Energy monitor ») représentant la circulation de l’énergie entre les batteries, le moteur électrique, le moteur à essence et les roues. Cet écran est tactile et permet également d’afficher la consommation instantanée, moyenne et moyennée par tranches de cinq minutes. Ces informations sont passionnantes et distraient immanquablement le conducteur néophyte toujours intéressé par savoir s’il utilise le moteur à essence, l’électrique ou les deux à la fois ! Deuxième surprise après avoir tourné la clé de contact, le moteur à essence se fait entendre puis s’éteint. L’impression d’avoir calé est immédiate. Mais pas d’affolement ! Tout est normal. Il suffit de se rappeler qu’au démarrage et à faible vitesse, la Prius utilise uniquement son moteur électrique.
Ces deux détails mis à part, la voiture se conduit comme une automatique… ou presque. Une fois la position « D » enclenchée grâce au levier de vitesses à coté du volant, la voiture démarre. Mais, ô surprise, la Prius n’a pas de boîte de vitesses ; la transmission entre les moteurs et les roues est réalisée par un train épicycloïdal qui régule en continu la puissance fournie aux roues motrices. Sans être brillante la motorisation est honnête. La Prius atteint une vitesse maximale limitée volontairement à 160 km/h, la puissance restante du moteur à essence étant utilisée à recharger les batteries.
Citadine
La Prius est extrêmement silencieuse à basses vitesses, puisque mue exclusivement par son moteur électrique. Lors d’accélérations brutales le tableau s’assombrit ; le moteur à essence est bruyant et peine à répondre discrètement, de ses 72 chevaux, au désir de reprises que pourrait avoir son conducteur. A vitesse élevée, les bruits aérodynamiques et de roulements sont assez présents dans l’habitacle.
Côté porte-monnaie, l’achat d’une Prius demande réflexion et analyse de rentabilité. Avec un montant à l’achat de 147.800 FF, elle paraît effectivement très chère par rapport à ses concurrentes. Cependant, s’arrêter à cette valeur est abusif et omet un des atouts majeurs de la Prius : sa faible consommation. Bénéficiant de l’apport de puissance du moteur électrique les chiffres sont édifiants surtout en ville : 5,9 l au 100 km. Le calcul mérite d’être fait… Ces deux caractéristiques la rendent parfaitement adaptée à la conduite urbaine d’autant plus qu’elle est automatique !
Principe de fonctionnement
Quatre configurations de fonctionnement sont possibles et la Prius bascule en continu de l’une à l’autre sans aucun à-coup :
– A l’arrêt, et à basse vitesse : Action seule du moteur électrique.
– Vitesse moyenne: le moteur à essence entre en action. Sa puissance est utilisée pour l’entraînement des roues et pour alimenter en électricité le moteur électrique.
– Accélération brutale : les deux moteurs sont toujours en action, mais l’électrique puise aussi dans ses batteries pour augmenter la puissance communiquée aux roues.
– En décélération ou freinage : le moteur électrique devient « chargeur » de batterie en utilisant l’énergie cinétique des roues.
Protection de l’environnement
Les matériaux plastiques et isolants de la Prius sont recyclables à plus de 90%. Les émissions polluantes sont réduites de 20 à 70% (par rapport à une Avensis 1,8l BVA) et respectent déjà l’objectif de 2012 pour la norme sur le CO2 !
Emissions (en g/km) : CO2 : 120 – CO : 0,63 – HC+NOx : 0,05 + 0,05
Entretien, réparations
La Prius se contente d’un entretien classique (avec, bien sûr, des moyens adaptés présents dans certaines concessions TOYOTA) et demande sa première révision à 15.000 km. Elle est d’ailleurs garantie 5 ans ou 100.000 km.
En cas de panne d’essence le moteur électrique n’assurera qu’une autonomie d’environ 3 km… Attention donc aux indications de la jauge !
Les batteries Nickel-Métal-Hydrure Ni-MH ont une durée de vie prévue de 10 ans et leur retraitement est déjà mis en place. Elles peuvent être rechargées en cas de besoin à l’aide d’un appareil spécial mais ne nécessitent en temps normal aucune alimentation extérieure.
Vous avez laissé les phares allumés ? Pas de panique, ceux-ci, comme tous les petits équipements électriques sont alimentés par une batterie annexe classique placée, elle aussi, dans le coffre.
Objectifs raisonnables
La Prius, commercialisée en Europe à partir du 16 octobre 2000, est en fait la deuxième génération de ce véhicule. Elle a bénéficié des enseignements de trois ans d’existence au Japon. Ses batteries sont plus légères et moins volumineuses, la banquette est rabattable 60/40, les freins arrière sont à disque, la rigidité a été améliorée par une suspension plus ferme et l’adjonction d’une barre stabilisatrice à l’arrière.
Vendue à 44.000 exemplaires au Japon, les professionnels représentent 95 % de sa clientèle. En France, le marché est encore difficile à appréhender pour un tel véhicule. D’après les prévisions de TOYOTA, les collectivités et entreprises devraient acquérir environ 200 exemplaires et les particuliers seulement 50 d’ici fin 2001. Une production de 5.000 véhicules est prévue pour la totalité du marché européen pendant la même période. Ces chiffres nous ont semblé très pessimistes mais la sagesse nipponne est de rigueur pour cette première sans précédent.
Issue des travaux de recherche et développement lancés par TOYOTA il y a plus de 25 ans, la Prius est un véhicule abouti et réussi. Elle traduit le souci actuel de tous les constructeur de concevoir une voiture respectant l’environnement sans sacrifier à l’autonomie, l’agrément de conduite et la sécurité. TOYOTA est le premier à concrétiser ce pari ; Prius ne signifie-t-il pas « précéder » en latin ?
Isabelle DURET (10 octobre 2000)