Depuis octobre 1997, ALFA ROMEO propose la 156, une magnifique berline de gamme moyenne, élue “voiture de l’année 1998” par un jury de journalistes européens. De nobles mécaniques propulsent cette belle carrosserie : quatre cylindres, double arbre à cames, seize soupapes, double allumage (twin spark) en trois cylindrées (1,6 l – 120 ch – 114.500 FF, 1,8 l – 144 ch – 132.700 FF, 2,0 l – 155 ch – 151.000 FF), V6 24 soupapes de 2,5 l – 190 ch – 199.700 FF ou moteur turbo diesel à injection directe avec système de rampe commune (common rail) qui consiste à rendre la pression d’injection constante et à une valeur très élevée. ALFA ROMEO propose un quatre cylindres 1,9 l – 105 ch – 131.000 FF et un cinq cylindres 2,4 l – 136 ch – 157.000 FF munis de cette technique, une première en grande série.
Berline ou coupé ?
La ligne de l’ALFA ROMEO 156 est particulièrement originale et réussie. Le grand capot dégage une impression de force, voire d’agressivité, avec la pointe de la calandre empiétant sur le bouclier et obligeant le déport de la plaque d’immatriculation sur le côté gauche de la voiture, dans le plus pur style des ALFA ROMEO Spider des années 60. Le profil, avec une ceinture de caisse assez haute, fait vraiment penser à un coupé, la poignée de la porte arrière étant invisible, car incorporée en trompe-l’oeil dans l’encadrement de la vitre. L’arrière est plus massif, mais se fond quand même sans fausse note à l’ensemble. Aucune baguette de protection ne vient rompre la fluidité de la silhouette, c’est très beau, mais il faudra éviter les parkings étroits.
Un intérieur agréable malgré quelques erreurs d’ergonomie
La position de conduite est excellente grâce à un siège très enveloppant et réglable en longueur, inclinaison, hauteur, appui lombaire et grâce également à un volant réglable en profondeur et en hauteur. Un “bémol” toutefois en ce qui concerne le réglage en hauteur du volant. En position haute, la jante du volant, de petit diamètre, escamote déjà le haut du tachymètre et du compte-tours, cachant au passage le début de la zone rouge. Alors quand le volant est en position basse… De même, la belle instrumentation sur fond blanc, très enfoncée dans le tableau de bord est orienté vers le conducteur. Même la montre n’est pas visible par les passagers. C’est dommage, d’autant plus qu’un réel effort de qualité des matériaux et des assemblages a été réalisé par ailleurs et que l’équipement de série est vraiment très complet (climatisation, quatre vitres électriques, télécommande des ouvrants, rétroviseurs électriques, antidémarrage, “airbag” conducteur…).
L’habitabilité est correcte pour quatre personnes,
Malgré une garde au toit et un espace pour les jambes un peu justes à l’arrière. La place du milieu ne pourra être utilisée que par un enfant et encore, pas trop longtemps, le pauvre gosse étant assis sur un bourrelet plus que ferme et maintenu seulement par une petite ceinture ventrale. Le coffre n’est pas grandiose, avec seulement 378 dm3, ses formes sont un peu “tarabiscotées” et la banquette arrière n’est pas rabattable. Si votre souci majeur est le volume ou l’aspect pratique, le groupe FIAT, dont fait partie ALFA ROMEO, propose le break Marea Week-End…
Moteur. Silence, elle tourne.
En effet, au ralenti, le bruit du moteur est imperceptible et il faut regarder le compte-tours pour être convaincu de la mise en route. La circulation en ville se fait en douceur : passage net et précis des vitesses, direction douce et directe (2 tours ¼ de butée à butée), moteur souple et silencieux. On sera un peu moins heureux pour manoeuvrer, car la ceinture de caisse assez haute et l’arrière imposant limitent la visibilité et les rétroviseurs extérieurs elliptiques, très esthétiques, manquent de surface. On se consolera avec la marche arrière synchronisée, un vrai bonheur.
Un agrément de conduite remarquable.
Une ALFA, c’est sur route qu’elle s’apprécie. Et là, c’est une réussite totale. Le moteur reste silencieux et velouté à régimes moyens et fait preuve d’une vigueur étonnante lorsqu’on le sollicite vers le haut du compte-tours. Les accélérations sont vives, la vitesse de croisière est élevée et le son du moteur devient envoûtant sans pour autant devenir gênant. Les plus grincheux trouveront quand même ce ronronnement lancinant sur autoroute, car la démultiplication courte de la transmission tend à faire “mouliner” le moteur (déjà 4.000 tr/mn à 130 km/h). Cette motorisation n’a même pas le défaut de consommer beaucoup : moins de 9 l / 100 km en conduisant vivement.
On profitera pleinement de ces performances intéressantes grâce à des suspensions offrant un remarquable compromis confort – tenue de route. Tenue de cap rigoureuse en ligne droite, même sur chaussée dégradée, agilité en virages, stabilité en courbes. Alors, sécurité active parfaite ? Presque, pour cela il faudrait que la direction directe soit plus “consistante” à grande vitesse et que le freinage soit plus mordant, avec une attaque moins dure sous le pied. Toutefois, en cas de surprise, l’ABS (en série) veille au grain et évite le blocage des roues. Les suspensions, très efficaces pour la stabilité de l’auto, sont également appréciables par le confort qu’elles procurent. Ni dures, ni molles, elles contrôlent le roulis et le tangage de la caisse et amortissent remarquablement les défauts de la chaussée. Seules quelques trépidations sont encore présentes à basse vitesse, mais la sensation générale est très favorable.
ALFA ROMEO a réussi un coup de maître avec sa nouvelle berline moyenne, la 156. Les bonnes fées se sont penchées sur son berceau, lui offrant des moteurs, des suspensions, une ligne pouvant faire de l’ombre aux très onéreux modèles “ prestiges ” de la catégorie (BMW série 3, AUDI A4, MERCEDES classe C) et en la proposant au prix des “familiales” (PEUGEOT 406, RENAULT Laguna, VW Passat…), plus habitables il est vrai.
D. DECHENE (11 mars 1998)