Imaginée par SWATCH, étudiée par MERCEDES et fabriquée en France à Hambach (Moselle), la SMART se propose d’optimiser la mobilité urbaine individuelle en étant une petite voiture peu encombrante et peu polluante, tout en conservant l’agrément et la sécurité d’un véhicule plus important. C’est un concept intéressant mais plutôt difficile à réaliser. Voyons comment le City-Coupé, c’est ainsi que l’appelle MCC (Micro Compact Car), résout l’équation.
Peu encombrante…
Avec 2,50 m de long et 1,51 m de large, la SMART est effectivement « Reduce to the max » comme le dit sa publicité. Ces dimensions réduites sont évidemment favorables à une grande maniabilité en circulation urbaine ainsi que la direction douce à manœuvrer, même sans assistance. Pour se garer, au début, on prévoit toujours trop grand, mais avec un peu d’habitude on arrive à se loger dans des espaces vraiment restreints. Une petite ombre à cette maniabilité hors ligne : les sièges avec leur grand appui-tête gênent la visibilité de ¾ arrière.
Mais peu pratique
Pour deux personnes, l’habitabilité est satisfaisante même si quelques centimètres supplémentaires en largeur seraient les bienvenus. En partant du constat que pour les trajets urbains les voitures sont occupées en moyenne par 1,2 passager, le constructeur estime être généreux en proposant 2 places dans la SMART. Certes, pour les trajets domicile travail c’est amplement suffisant, mais la SMART ne laisse pas la place à l’imprévu. Pas plus d’un passager et coffre (150 dm3) n’acceptant que de petites emplettes. De plus, les objets déposés ne devront pas tenter les regards (tablette cache bagages en option), ni être fragiles. Aucun arrêtoir n’étant prévu, le chargement se retrouve sous les sièges au premier coup de frein, à moins d’opter pour le filet de séparation. Autre imprévu mal venu : une crevaison car il n’y a pas de roue de secours et le « kit de dépannage » (bombe à émulsion et compresseur) est en option lui aussi…
Un étonnant petit moteur…
L’ensemble moteur boîte de la SMART est une belle réussite. Le petit moteur (3 cylindres, 600 cm3) dopé par un turbo fait preuve d’un tonus remarquable (55 ch), d’une sobriété intéressante (6 l / 100 km) et s’avère peu polluant (115 grammes de CO2 au kilomètre). En conduite coulée, la boîte 6 vitesses à commande séquentielle et embrayage automatique est très agréable. C’est un plaisir que d’enchaîner les vitesses en exerçant une légère impulsion vers l’avant pour monter les rapports ou vers l’arrière pour rétrograder et l’absence de pédale d’embrayage est relaxante dans les encombrements. On pourra toutefois reprocher à ce système une certaine lenteur mais l’ensemble est cependant très positif.
Mais une suspension bien raide
Hors agglomération, la SMART ne s’en sort pas trop mal. Les reprises sont honorables, sauf en sixième beaucoup trop longue et guère utilisable. La vitesse est limitée électroniquement à 135 km/h ce qui est suffisant sur les autoroutes urbaines limitées à 110 mais parfois gênant, lors d’un dépassement notamment. Le freinage est satisfaisant avec l’ABS en série et la tenue de route ne pose pas de problème particulier mais, sur sol mouillé, on vient trop vite à bout de l’adhérence des pneus avant « galette ». Le système de contrôle de stabilité « Trust » prend alors la main en agissant sur la gestion moteur et l’embrayage afin de remettre la SMART dans le droit chemin. Malheureusement la suspension est d’une raideur éprouvante. Les excellents sièges et la bonne position de conduite atténuent la remarque, mais quand même, prenez garde aux ralentisseurs ou aux revêtements dégradés : secousses garanties, voire stabilité perturbée.
Bien équipée…
L’habitacle est agréable avec des plastiques et tissus très colorés et assemblés avec soin. MCC n’a pas hésité à doter la SMART d’un équipement de sécurité de haut niveau : deux airbags frontaux, ABS, système de contrôle de stabilité et cellule de sécurité. Les équipements de confort sont satisfaisants également. La Smart & Pulse offre en série la climatisation, le toit en verre teinté, les vitres et rétroviseurs électriques, la fermeture centralisée par télécommande… Mais quelques oublis sont regrettables : nécessaire anti crevaison (!), bouchon de réservoir antivol, radio et horloge sont en option.
Mais chère ?
La version Smart & Pulse essayée est affichée à 59.800 FF. Compte tenu de la technologie et de l’équipement, ce n’est pas excessif, mais la note paraît salée face au manque de polyvalence. Deux autres versions sont présentes au catalogue : la Smart & Pure avec moteur 45 ch à 53.900 FF et la Smart & Passion à 65.300 FF. La SMART CDI (63.950 FF) à moteur Diesel est prévue pour fin 1999 et le City-Cabrio (découvrable) pour mars 2000.
Alors, SMART ou pas SMART ? Si vous êtes sûr de n’avoir jamais plus d’un passager, certain de ne jamais transporter d’objets encombrants et que vous habitez à côté d’un des (rares) « Centres SMART », alors vous apprécierez la compacité, la maniabilité, la boîte de vitesses à commande séquentielle, l’embrayage automatique et l’originalité de la SMART. Sinon…
D. DECHENE (21/12/1999)