Décliné en hybride, en électrique, l’ALFA ROMEO junior devient maintenant un 4×4. Il ne lui manquait plus que cette déclinaison pour compléter sa palette de motorisations disponibles. Impossible de dire qu’il n’y en a pas pour tous les goûts ! ALFA reste cohérent dans sa gamme, tous les modèles se déclinent dans une version en transmission intégrale, c’est donc sans surprise qu’ALFA propose sa version Ibrida Q4 pour le Junior.
Transmission intégrale ?
Sur les bases de la version Ibrida (micro-hybride) de 136 chevaux, la version Q4 bénéficie en plus d’une transmission intégrale. Grâce à l’ajout d’un moteur électrique de 28 chevaux sur le train arrière, la puissance totale est portée à 145 chevaux. C’est là l’ajout spécifique par rapport à la version Ibrida classique. Il n’y a pas de liaison mécanique entre l’essieu avant et arrière. Dans l’ensemble des cas d’utilisation, le comportement reste semblable à la version Ibrida. Le moteur arrière a pour mission d’accompagner les relances et dans le cas où le train avant viendrait à manquer d’adhérence. À noter, l’existence du système « Power Looping » qui doit garantir le fonctionnement du dispositif, même lorsque le niveau de charge de la batterie du système hybride est faible. Parmi les modes de conduites, le « Q4 » permet, pour les terrains difficiles d’avoir la transmission intégrale jusqu’à 30 km/h. Le mode « Dynamic » va exploiter le train arrière pour une conduite un petit peu plus sportive, notamment dans les relances. Il va aussi raffermir le volant et rendre la boîte de vitesses légèrement plus réactive. Puis un mode économique vient compléter cette palette.
Visuellement rien ne permet de la distinguer de la version Ibrida classique. La différence se fait principalement avec un léger surpoids de 185 kilogrammes, non perceptible dans les performances du véhicule, et la perte de place dans le coffre, passant de 415 à 340 litres ! Évidemment, cela ne laisse pas de place pour une roue de secours, en voie de disparition sur nos véhicules modernes…
Hormis ces légères déconvenues, côté esthétique, l’extérieur ne laisse pas indifférent avec cette couleur somptueuse pour notre modèle d’essai. Le design est particulièrement bien réussi. Le charme d’ALFA ROMEO est bien présent ! L’intérieur n’est pas en reste, une présentation globale très soignée. On regrette tout de même la présence de quelques plastiques durs qui viennent gâcher l’effort de présentation. Il reste cependant moins prépondérant comparé à certains concurrents. La version de base du Ibrida Q4 est très bien fournie en option, c’est un très bon point.
La fête est finie
On souffle le chaud et le froid avec cette ALFA ROMEO, d’un point de vue esthétique, il n’y a pas grand-chose à redire. C’est très bien fait, c’est beau ! Cependant, j’ai relevé quelques éléments qui nuisent à la note finale de cette ALFA. Il y a un réel manque d’espace à l’arrière, même pour des enfants, et le coffre est assez modeste compte tenu de l’encombrement global du véhicule. Et encore pour les places arrière, nous n’avions pas les sièges baquets de la version sport…Le positionnement bas de l’écran d’infotainment est loin d’être pratique, obligeant à baisser les yeux, ce qui peut s’avérer très inconfortable en conduite. Pour remédier à cela, il faut utiliser le GPS intégré qui est reporté sur le compteur. Un mauvais positionnement qui n’existe pas sur le Tonale, par exemple. Dans l’ensemble, il y a un manque d’intuitivité et de réactivité dans l’interface.
En conduite
Cette version offre un agrément de conduite satisfaisant, elle est agréable à conduire ! Néanmoins, il faudra un court moment pour s’habituer au freinage, avant de bien comprendre le dosage à appliquer sur la pédale de frein. Le frein moteur est important et n’est pas réglable…
Les suspensions manquent de confort, même sur des routes avec peu d’aspérités, ce qui peut devenir peu plaisant sur un long voyage. En conduisant de manière un peu plus sportive, les suspensions ne sont pas bien maintenues lors des changements d’appui, provoquant une sensation de flottement. Sensation présente en courbe et freinage plus important. La direction est légère et manque parfois de retour d’informations au volant. Il y a un manque de réactivité et de fluidité dans la boîte automatique. Le mode « Dynamique » permet de réduire un peu ces aspects. Le passage hybride / thermique est assez peu élégant, la transition manque de fluidité.
Dans l’habitacle, la voiture reste confortable, grâce à ses sièges qui offrent un bon maintien. La prise en main du volant est plaisante et elle est bien insonorisée.
Dans l’ensemble, c’est du détail, mais aux tarifs pratiqués, on est forcément plus exigeant.
Et les consommations ?
Le bilan est plutôt mitigé. Le Junior Ibrida se distingue par sa discrétion. On observe une activation des moteurs électriques très sporadique, et il semble que la batterie ait une capacité trop faible pour bénéficier correctement de la récupération d’énergie.
Il est compliqué de saisir le véritable intérêt de cette micro-hybridation sur la plupart des trajets, même en mode « Eco ». Sur un parcours mixte, ville et route, en moyenne la consommation est proche des 6 l/100 km et sur de l’autoroute on dépasse les 7 l/100 km.
L’ALFA ROMEO Junior reste très réussi et continuera de séduire par son look. Si vous n’avez pas besoin d’une transmission intégrale, il reste assez difficile d’envisager cette version Q4. Un surplus dans la facture (2.500 euros), pas forcément nécessaire, mais ALFA a le mérite de proposer toutes les déclinaisons de motorisation qu’elle propose sur ses autres gammes.
Ludovic MILLET (juin 2026)