tdp dimanche 19 juillet 2026 richard roggero 35

19EME TRAVERSÉE DE PARIS ESTIVALE : LA CAPITALE EN HABITS BLANCS, AU VOLANT D’UNE NISSAN 300 ZX

UN RENDEZ-VOUS INCONTOURNABLE DE L’ÉTÉ RÉTRO

Ce dimanche 19 juillet 2026, Paris s’est une nouvelle fois transformée en musée roulant à ciel ouvert. La dix-neuvième Traversée de Paris estivale en véhicules d’époque, organisée par l’association Vincennes en Anciennes, a réuni près de 633 voitures, 125 deux-roues dont une dizaine de vélos, cinq bus d’époque de l’AMTUIR avec à bord 131 passagers, un porte-char et une trentaine de tracteurs de plus de trente ans. Six mois après l’édition hivernale et sa météo étonnamment clémente, le soleil de juillet a offert cette fois un décor de carte postale aux équipages, venus de France mais aussi d’une dizaine de pays : Belgique, Grande-Bretagne, Allemagne, Luxembourg, Autriche, Suisse ou encore Pays-Bas. Le dress-code suggéré, le blanc, apportait cette touche d’insouciance estivale si particulière, entre élégance rétro et ambiance de vacances. Sur le parvis, dès l’aube, chapeaux de paille, robes légères et costumes en lin répondaient aux chromes étincelants : le voyage dans le temps commençait avant même le premier tour de roue.

UN PARCOURS SUR LES TRACES DU BARON HAUSSMANN

Le rassemblement a débuté dès 7h30 sur le parvis sud du Château de Vincennes, côté Parc Floral, point de ralliement désormais traditionnel des Traversées. Le départ a été donné à 7h45, les véhicules s’élançant par vagues successives dans un joyeux concert de mécaniques anciennes. Le cortège a ensuite serpenté sur un parcours de 33,5 kilomètres, dont le thème rendait cette année hommage aux grands travaux du baron Haussmann.

tdp dimanche 19 juillet 2026 richard roggero 15
© Photos : Richard Roggero
tdp dimanche 19 juillet 2026 richard roggero 23
© Photos : Richard Roggero

Après la traversée de l’Est parisien, le cortège a longé la Seine par la rive gauche, offrant des vues imprenables sur Notre-Dame et le Louvre, avant de rejoindre le quai d’Austerlitz, de saluer la place de l’Étoile et de parcourir les larges avenues du seizième arrondissement. À partir de midi, les participants ont rallié la Terrasse de l’Observatoire de Meudon, avec son panorama exceptionnel sur tout Paris. Là, le traditionnel pique-nique géant a réuni équipages et spectateurs dans une ambiance musicale, point d’orgue convivial de cette journée pas comme les autres. Les Traversées de Paris sont une chasse au trésor : on ne sait jamais ce que l’on va y trouver, et cette édition n’a pas dérogé à la règle.

UNE NISSAN 300 ZX Z32 AU CŒUR DE L’AVENTURE

Après la MAZDA MX-5 NA de l’édition hivernale, c’est cette fois à bord d’une NISSAN 300 ZX Twin Turbo (Z32) que nous avons pris part à la balade. Changement radical d’ambiance : au petit roadster léger et dépouillé succède une véritable GT japonaise des années 1990, longue, large et bardée de technologie. Héritière de la lignée des Z inaugurée par la mythique DATSUN 240 Z, la 300 ZX reprend sur plusieurs marchés le doux pseudonyme de Fairlady. Dessinée par Fumio Yoshida, déjà auteur de la 240 Z, et première voiture de série entièrement conçue sur ordinateur, la Z32 n’a pas pris une ride avec son design très japonais — on adore ou on déteste, mais personne ne reste indifférent. Ses feux avant, repris à l’époque par la LAMBORGHINI Diablo SV, son empattement allongé, ses porte-à-faux courts et son excellent Cx de 0,32 témoignent du soin apporté par les ingénieurs de Yokohama. Sur le parvis de Vincennes comme aux feux rouges parisiens, ses lignes tendues et ses quatre sorties d’échappement ont attiré les objectifs et les commentaires élogieux.

montage nissan plaque rallye
img 1770

SOUS LE CAPOT : LA DÉMONSTRATION TECHNOLOGIQUE NIPPONE

Sous le long capot en aluminium, plein comme un œuf, officie le V6 biturbo VG30DETT de 2.960 cm3 : 24 soupapes, deux doubles arbres à cames en tête, deux turbos Garrett épaulés chacun par son propre intercooler, et le fameux calage variable NVCS qui offre à lui seul 40 Nm supplémentaires. Résultat : 282 chevaux à 6.400 tr/min et 375 Nm de couple, transmis aux seules roues arrière via une excellente boîte manuelle à cinq rapports, aux débattements courts et précis. En 1990, rappelons-le, une PORSCHE 911 se contentait de 250 chevaux… Autant dire que la limite des 30 km/h imposée sur le parcours est atteinte au premier quart de la pédale, et qu’il fallait rester vigilant tout au long du trajet !

Mais c’est justement dans cet exercice urbain que la 300 ZX révèle son tempérament de grand tourisme : commandes d’une douceur déconcertante, embrayage à la course étonnamment souple, insonorisation poussée au maximum et belle souplesse à bas régime grâce à la grosse cylindrée. Les turbos, qui se manifestent d’ordinaire vers 3.500 tr/min, sont restés sagement endormis, attendant des routes plus dégagées. Le Super HICAS, le système quatre roues directrices géré électroniquement, a en revanche prouvé son utilité dans les rues étroites et les giratoires parisiens, inscrivant ce coupé de près de 1.600 kilogrammes avec une agilité surprenante. Et par cette belle journée d’été, le toit targa T-Top, démontable en deux parties et stocké sans manipulation compliquée, a fait merveille : cheveux au vent et coude à la portière, difficile de rêver mieux pour admirer les façades haussmanniennes.

À BORD : LA TECHNOLOGIE AU SERVICE DU PILOTE

L’habitacle mérite lui aussi le détour. Le poste de conduite, entièrement tourné vers le conducteur, regroupe autour du tableau de bord tous les organes électroniques : radio, climatisation, régulateur de vitesse… La clef de contact en titane fait toujours la fierté de son propriétaire, et la sellerie cuir, de série à partir de 1992, a parfaitement traversé les décennies. Seule ombre au tableau, déjà pointée à l’époque : le volant fixe, non réglable, qui impose une position de conduite très basse trahissant le pédigrée de cet avion de chasse. Les deux places arrière de notre coupé 2+2 — seule déclinaison importée en France — restent strictement symboliques, mais le grand coffre à hayon a avalé sans broncher panier de pique-nique, glacière et plaid pour l’étape de Meudon. Un vrai coupé GT, pensé pour voyager.

UN CORTÈGE ÉCLECTIQUE ET COSMOPOLITE

La Traversée a une fois de plus prouvé sa diversité : un coupé Landaulet DE DION-BOUTON de 1923, une moto BSA de 1917, deux CITROËN B12 Torpédo de 1926, une PEUGEOT 202 de 1939 et même un tracteur SOCIETE FRANCAISE VIERZON 302 de 1951 côtoyaient une majestueuse ROLLS-ROYCE Silver Cloud III, une rare MATRA 530 LX ou encore les inévitables 2CV et Traction Avant. Plus de soixante-dix marques étaient représentées, dont certaines disparues comme AMILCAR, SIMCA ou PANHARD, aux côtés de pièces de collection signées BUGATTI ou JAGUAR. Motos, side-cars, tracteurs et bus d’époque ont ajouté à la richesse de ce musée roulant.

tdp dimanche 19 juillet 2026 richard roggero 9
© Photos : Richard Roggero
tdp dimanche 19 juillet 2026 richard roggero 5
© Photos : Richard Roggero

Notre japonaise des années 1990, désormais youngtimer trentenaire à part entière, y avait toute sa place : elle incarne cette génération de sportives nippones qui osèrent défier les références européennes. On pense évidemment à sa grande rivale d’époque, la TOYOTA Supra MK4, avec laquelle elle continue de s’affronter sur le marché de l’occasion. Produite à 164.170 exemplaires toutes versions confondues entre 1990 et 1998, la Z32 s’est aussi illustrée en compétition : entre les mains du pilote officiel Steve Millen, elle a remporté en 1994 les 24 Heures de Daytona, les 12 Heures de Sebring et les 24 Heures du Mans en classe GTS. Un palmarès que bien peu de spectateurs soupçonnaient en applaudissant notre coupé rouge sur les quais de Seine.

img 1795
La TOYOTA Supra concurrence directe de la NISSAN 300 ZX
img 1794

UNE AMBIANCE BON ENFANT SOUS LE SOLEIL DE JUILLET

Comme en janvier, l’événement a été marqué par une ambiance chaleureuse et familiale : klaxons joyeux, sonorités mécaniques d’un autre temps, effluves d’essence et public enthousiaste massé sur les trottoirs et aux terrasses de café. Les Parisiens matinaux et les touristes, souvent surpris, ont dégainé leurs téléphones à chaque passage du cortège, redécouvrant pour beaucoup les véhicules de leur enfance. Les passagers des bus à plateforme des années 30, conduits par les chauffeurs bénévoles de l’AMTUIR, savouraient quant à eux un voyage dans le temps grandeur nature, sans oublier de relire les « réclames » d’époque placardées à bord — toute une époque ! Comme le souligne Thierry Briet, président de Vincennes en Anciennes, cette édition estivale apporte l’insouciance des vacances et la joie de partager un moment unique, que l’on soit dans un équipage ou simple spectateur, le pique-nique de Meudon permettant à tout le monde de se retrouver pour admirer les véhicules en musique.

img 1790
img 1789
img 1773

VIVRE AVEC UNE 300 ZX AUJOURD’HUI

Une journée comme celle-ci, entre arrêts prolongés, redémarrages incessants et température estivale, constitue d’ailleurs un excellent révélateur de l’état de santé d’une ancienne. Conçue avec une extrême rigueur, la 300 ZX est réputée fiable, et la nôtre n’a pas bronché un instant, aiguille de température parfaitement stable malgré la chaleur montante de la fin de matinée. Comme tout moteur suralimenté, elle réclame simplement le respect scrupuleux des temps de chauffe et de refroidissement des turbos, ainsi que des vidanges rapprochées — des attentions peu contraignantes au regard du plaisir procuré. Mieux vaut en revanche connaître l’historique d’entretien avant l’achat car, en cas de pépin, l’accessibilité réduite de la mécanique sous ce capot bien rempli alourdit vite la facture. Côté consommation, pas de miracle : comptez entre 13 et 15 litres aux 100 kilomètres en usage mixte, et notre parcours parisien au pas n’a rien fait pour arranger la moyenne. C’est le prix à payer pour un V6 biturbo d’un autre temps, et franchement, personne à bord ne s’en est plaint.

img 1745
img 1744
img 1743

LE MOT DE LA FIN : UNE GT À SAISIR AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

Entre le parcours haussmannien, la vue depuis la terrasse de Meudon et le charme intact de notre 300 ZX, cette dix-neuvième Traversée estivale restera comme un grand cru. La NISSAN, souvent éclipsée dans les mémoires collectives par la Supra ou la Skyline GT-R, a démontré qu’elle méritait amplement sa place au panthéon des GT des années 1990 : performante et ultra moderne pour son époque, d’une fiabilité toute nippone, confortable au quotidien et encore accessible en occasion — les prix s’échelonnent de 8.000 à 12.000 € selon l’état, un tarif presque donné pour une telle GT. Mais la cote frémit, et il y a fort à parier que les regards admiratifs croisés tout au long du parcours n’arrangeront rien. Avis aux amateurs : sautez le pas avant qu’il ne soit trop tard, il y a peu de chances que vous le regrettiez…

Rendez-vous est déjà pris pour la 27ème Traversée hivernale, en janvier 2027. D’ici là, la belle Fairlady retourne au garage… mais certainement pas pour longtemps.

P.S: un grand merci aux équipes de NISSAN France et d’EV Park pour la mise à disposition du véhicule

Fabrice DUMAS (19 juillet 2026)

© Photos couverture : Richard Roggero

Site internet : https://www.vincennesenanciennes.com

Partager cet article :