ACTUA-AUTO a au l’immense privilège d’être invité par TOYOTA à l’occasion des 24 heures du Mans 2026 et je les en remercie, ce fût un long Week-End de 4 jours FANTASTIQUES, d’autant que nous avons eu le privilège de partager les coulisses de l’écurie, vainqueur de l’édition 2026. Voici un résumé de la course et les deux journées l’ayant précédé.
Samedi 13 juin après-midi : La course
Le circuit du Mans fait dans sa configuration actuelle 13,65 km. L’édition 2026 s’est déroulée sur le sec.
Il y avait au départ 62 concurrents, avec pour les hypercars :
- 2 ASTON MARTIN Valkyrie (V12 atmosphérique 6,5 litres de 680 chevaux)
- 2 TOYOTA TR010 Hybrid (6 cylindres de 3,5 litres biturbo 707 chevaux (essence) et 272 chevaux (électrique))
- 3 CADILLAC V Series R (V8 atmosphérique 5,5 litres)
- 2 BMW (M Hybrid V8 hybride 4 litres biturbo)
- 2 GENESIS GMR 001 (V8 biturbo 3,2 litres Hybrid) (Première participation des Coréens)
- 2 ALPINE A424 (V6 biturbo mecachrome 3,4 litres hybride, 675 chevaux)
- 3 FERRARI 499P (V6 biturbo 2,992 litres hybride)
- 2 PEUGEOT 9X8 (V6 biturbo hybride de 680 chevaux)soit 18 Hypercars au départ.
La course compte 19 engagés en LMP2 et 25 engagés en LMGT3.
Pour situer les choses, les temps après les journées tests évoluent entre 3’26,3’’et 3’28,6’’ pour les hypercars.
Pour la catégorie LMP2, ils se situent entre 3’35,3’’ et 3’38,2’’, soit environ 10 secondes de plus par tour que les hypercars.
Pour la catégorie LMGT3, la fourchette est entre 3’56,6’’ et 3’58,2’’, soit 30 secondes de plus par tour que les hypercars.
Vers 15h50 les voitures s’élancent pour le tour de formation derrière la « safety car » afin de passer la ligne de départ lancé à 16 h tapantes.
Juste avant le départ, les officiels saluent les commissaires de piste.
Puis avant le démarrage des voitures, trois chevaux passèrent sur la piste :
Puis c’est le démarrage du tour de formation :
C’est parti
BMW est en tête pendant quelques tours. TOYOTA fait un arrêt au stand assez rapidement, du fait d’un remplissage incomplet des réservoirs visant à améliorer les performances mais n’ayant pas produit l’effet escompté. La BMW n°20 est en tête, suivi de la TOYOTA n°8 et de la n°7.
En jouant avec les stratégies d’arrêt et les choix de gomme, la TOYOTA n°8 réussit à passer devant la BMW n°20. Après une heure de course, la TOYOTA n°8 passe en tête, suivie de la BMW n°20. La TOYOTA n°7 est en cinquième position derrière l’ALPINE n°35 et la CADILLAC n°38.
A ce stade de la course, l’ambiance est studieuse sur le stand TOYOTA, tout le monde est concentré.
En début de nuit, après six heures de course, la CADILLAC n°38 prend le « lead », suivi de la BMW n°20, puis de la TOYOTA n°8 sous la menace de la CADILLAC n°12.
Vers 4 heures du matin, la CADILLAC n°12 est en tête suivi de la BMW n°20 puis de la CADILLAC n°38. La TOYOTA n°8 est juste derrière en embuscade suivi de la TOYOTA n°7.Un problème de direction assistée ruine les chances de la CADILLAC n°38.
Vers 10 heures du matin, c’est l’heure du briefing chez TOYOTA. Le Directeur de course rappelle que la victoire est possible et motive l’équipe. A ce moment, la CADILLAC n°12 est en tête suivi de la BMW n°20 et des TOYOTA 7 et 8. Mais la BMW a des arrêts au stand en moins. L’ambiance reste studieuse.
La TOYOTA n°7 prend l’avantage et dépasse la CADILLAC n°12 en tête qui se fait également rattraper par la TOYOTA n°8. Quelques manifestations de joies sont audibles dans le stand TOYOTA. On espère le doublé, quand la BMW n°20 réussit à s’intercaler entre les deux TOYOTA. Une certaine tension se ressent compte tenu des écarts assez faibles entre les voitures. Les positions se figent avec des écarts très faibles entre les quatre premiers et la fin de la course arrive sans évolutions de position (dix secondes entre chaque voiture après 24 heures de course).
Le classement final : TOYOTA n°7, BMW n°20, TOYOTA n°8, CADILLAC n°12, FERRARI n°51, ALPINE n°35…. La joie est sur tous les visages, des coupes de champagne sont distribuées, l’équipe TOYOTA exulte, nous partageons ce moment avec eux avant de nous diriger vers le podium.
La BMW en plein effort :
La puissance des détonations des moteurs turbo lors des décélérations sont comparables à des coups de feu et m’ont impressionné. Les bruits particuliers du V8 des CADILLAC, le feulement des gros V12 ASTON MARTIN permettaient de les reconnaître en pleine nuit.
L’observation de la course dans la courbe d’Indianapolis de nuit a donné son lot de sensations, entre les odeurs de gomme, d’essence, les bruits moteurs et les disques de freins incandescents. Malheureusement, pour pouvoir partager ses visions il aurait fallu que je sois équipé d’un appareil photo plus sensible et plus rapide, ce sera pour une prochaine fois.
Les deux TOYOTA TR010 :
Quant aux deux voitures LEXUS engagées en LMGT3, elles ont mené la course au début, pour in fine terminer en deuxième position de la catégorie pour la LEXUS n°78, derrière la CORVETTE Z06 n°33. La LEXUS n° 87 termine quatrième derrière l’ASTON MARTIN Vantage n°23.
Après la course, il y a le podium avec le traditionnel Champagne.
Et les gagnantes de chaque catégorie, garées sous le podium :
Et le retour des vainqueurs à la maison avec la coupe :
Après la course, les pilotes et l’équipe se sont retrouvé pour un moment de convivialité dans un stand privatif dédié. Ce moment festif, a été l’accomplissement d’un travail commencé plusieurs jours auparavant. Aussitôt la course finie, les équipes s’affairent pour démonter leurs stands, tout va très vite. Les machines et les acteurs s’évanouissent pour rendre au circuit sa configuration de départ et au voisinage les portions de circuit utilisées pour la circulation. Quelques heures plus tard, un voyageur égaré passant par là, n’aurait pas pu imaginer l’activité qui y régnait quelques heures plus tôt. Il aurait tout au plus senti des odeurs de gommes brulées, d’essence et des traces de gommes laissées sur des portions de route.
Remontons quelques jours en arrière, pendant lesquels nous avons eu la chance de pouvoir nous imprégner de l’ambiance particulière de cette course dès le jeudi soir en arrivant au Glamping 24 (Glamping : contraction de GLAMour et de camPING) :
Le Vendredi 12 juin matin, un membre de l’équipe TOYOTA, Sylvain HETE, né dans une voiture au Mans, nous a rappelé que cette épreuve mythique-a été créée en 1923 avec comme motivation de démontrer la fiabilité des automobiles produites à cette époque. L’esprit est resté et cette quatre-vingt quatorzième édition de l’épreuve des 24 Heures du Mans est un laboratoire qui permet aux constructeurs de tester de nouvelles technologies, de mettre à l’épreuve leurs voitures et leurs technologies.
L’idée fondatrice des 24 Heures du Mans perdure et rencontre les valeurs de TOYOTA qui cherche à développer des technologies utiles à la collectivité et qui utilise l’épreuve comme un banc de test et pas uniquement comme un outil marketing.
Cette épreuve fait partie du WEC (World Endurance Championship). L’épreuve précédent le Mans était la course des 6heures de SPA gagnée par BMW. A noter que Silverstone va rejoindre le WEC.
Notre hôte nous proposa comme première activité, le 12 juin au matin, après notre arrivée le soir du 11 juin, au Glamping 24 de découvrir les activités de la marque sur les véhicules à hydrogène. TOYOTA investit dans cette technologie décarbonée depuis plus de trente ans. Les TOYOTA Mirai l’utilisent dans le cadre de services de taxi.TOYOTA fournit cette technologie à d’autres industriels, BMW, HYLICO (startup qui rétrofite des camions thermiques).
TOYOTA fournit cette technologie à d’autres industriels, BMW, HYLICO (startup qui rétrofite des camions thermiques) ….
Techniquement leurs solutions peuvent prendre deux formes :
- L’utilisation d’hydrogène sur un moteur thermique en remplacement de l’essence (rejet : eau pure)
- L’utilisation d’une pile à combustible qui permet d’alimenter des moteurs électriques. (rejets : eau pure, électricité produite et chaleur)
Une pile a été conçue dans un standard dimensionnel défini capable de délivrer 85 kW. Une évolution est en préparation pour offrir 150 kW dans le même encombrement.
Un bus propre a également été développé, pouvant servir de « command car » et de fournisseur d’électricité en remplacement de groupes électrogènes classiques.
Avec HYLICO, un camion de 480 chevaux, propriété de l’agence spatiale européenne, a été équipé de deux piles pour remplacer son bloc motopropulseur thermique par un électrique. Ce camion a servi à emmener au pesage les voitures de course et est destiné à un usage au centre spatial de Kourou.
Une version à hydrogène de l’hypercar utilisée au Mans a également été fabriquée, le réservoir d’essence est remplacé par une réserve cryogénique d’H2 qui est donc stocké à une température très basse et à l’état liquide. Cette version a été testée par le pilote Japonais S.Nakajima, directeur de course au 24h du Mans, qui était enthousiaste de voir une telle technologie rendre non polluante une voiture de course et préserver les remontées d’information provenant du moteur thermique toujours présent.
La technologie est donc prête chez TOYOTA, il reste à avoir un réseau de distribution suffisant pour un lancement à grande échelle plus économique (Un taxi parisien paye 1 kg d’hydrogène 12 € aujourd’hui).
Vendredi 12 juin matin : Visite de AKKODIS, le stand LMGT3 LEXUS
Suite à cette découverte, nous avons eu un aperçu du stand AKKODIS qui opère deux LEXUS (la marque de luxe de TOYOTA) équipées de V8 de 5,4 litres pour une puissance de 530 chevaux et un poids minimal de 1.350 kilogrammes. Ces voitures courent aux 24H en catégorie LMGT3. Elles ont la particularité d’utiliser le bloc moteur comme châssis sur lequel se fixent tous les éléments de suspension. Deux équipages de trois pilotes sont prévus sur chaque voiture. L’écurie dispose de quinze trains de pneus pour 24 heures de course. Chaque roue est constituée d’une jante en magnésium, équipée du pneu, elle pèse 23 kilogrammes.
Les équipages sont constitués d’un gentleman driver (bronze), d’un pilote semi-professionnel (argent) et d’un pilote professionnel (or). Le coût de la licence permettant de courir est de 250.000 euros. Le pilote bronze finance sa course.
AKKODIS est implantée près de Toulouse, à Rabastens, et emploie environ vingt-cinq personnes, avec un effectif total qui peut atteindre une cinquantaine de personnes lors d’un évènement comme les 24H. Cette structure a été fondée par un ancien pilote : J.Policand.
Vendredi 12 juin matin : interviews des pilotes des Hypercar n°7 et n°8
La visite s’est poursuivie avec une interview de chacun des équipages des deux Hypercars engagées par TOYOTA, les numéros 7 et 8.
Les pilotes de la voiture n°7 sont Mike Conway, Kamui Kobayashi et Nyck de Vries. Ceux de la voiture n°8 sont : Sébastien Buemi, Brendon Hartley, Ryo Hirakawa.
Les interviews ont permis d’échanger avec M.Conway et N. de Vries, puis S.Buemi et B.Hartley.
Les performances des CADILLAC en vitesse de pointe et la victoire de BMW à SPA inquiètent TOYOTA. Le choix des gommes pour la course est un sujet important complexe à arbitrer. Au Mans, les voitures peuvent utiliser trois types de gomme contre seulement deux lors des autres épreuves d’endurance.
Le système de Balance Of Performance (BOP) introduit par la FIA a tendance à niveler les performances des voitures. Certains peuvent cacher leur jeu pour limiter d’être pénalisés en performance.
La lecture du règlement technique de l’épreuve est particulièrement intéressante. Elle révèle que les puissances et les caractéristiques aérodynamique des voitures sont très proches. La différentiation se joue donc sur le pilotage et la stratégie.
Vendredi 12 juin après-midi : la Parade
Après l’interview, les pilotes ont rejoint la parade qui est un défilé des équipages sur des voitures anciennes ou d’intérêt dans le centre du Mans.
En voici quelques photos, en commençant par la cathédrale Saint Julien du Mans :
Pour continuer à se plonger dans l’ambiance de la course, après un réveil aux sons des moteurs, nous avons pu visiter le musée M24.
Samedi 13 juillet matin : le Musée M24
On y trouve des voitures ayant couru aux 24 heures du Mans depuis 1923 jusqu’à aujourd’hui, mais aussi, des motos, des Formules 1 et des voitures de Rallye.
Comment ne pas résister à une photo d’une barquette MATRA :
Puis d’une magnifique FERRARI 250 SWB (Short Wheel Base) , mue par un 12 cylindres de 280 chevaux et 2953 cm3 :
Ou encore d’une ALPINE A110 :
Un tableau représentant une intervention sur une F1 dans les années 60 :
Dans le même esprit sur une barquette :
Pour nous rapprocher de notre époque, on peut admirer la TOYOTA TS050 qui a donné sa première victoire à TOYOTA au Mans en 2018 :
Samedi 13 juin : formation de la grille
Le chrono tourne et le début de la course approche. Il est 13h30 et nous avons la chance de pouvoir déambuler sur la grille pour admirer les 62 voitures inscrites à cette édition. Les voitures sur le haut de la grille sont les hypercars, suivi des LMP2 et des LMGT3. TOYOTA engage deux hypercars (les TOYOTA TR010 Hybrid numéros 7 et 8) et deux LMGT3 les LEXUS 78 et 87.
Voici quelques photos choisies :
La BMW qui va constituer une redoutable compétitrice :
Les voitures 7 et 8 :
Une vue d’une ASTON MARTIN Valkyrie, animée par un V12 non hybride, magnifique en vert Anglais :
Plus bas sur la grille, nous retrouvons nos deux LEXUS :
Et sa sœur, la 87, en livrée verte :
Ces quatre jours furent vraiment FANTASTIQUES. Encore merci au service Presse TOYOTA de nous avoir invité et bravo au service Course pour cette magnifique victoire.
Didier ROGER (11-14/06/2026)