Les constructeurs adorent jouer sur la fibre nostalgique pour séduire leur clientèle… FORD ne fait pas exception à la règle en reprenant la célèbre appellation « Capri » pour proposer un SUV familial 100% électrique très proche de son autre modèle Explorer.
De rares clins d’œil
L’évocation de l’appellation « Capri » envoie naturellement à certains codes stylistiques de son illustre ancêtre que l’on ne retrouve sur ce modèle que trop discrètement à notre goût. La plus marquante est certainement la signature lumineuse avec ses quatre optiques rondes. A l’intérieur, on retrouve une troisième branche à trous sur le volant et pour finir le dessin de la custode et la découpe des vitres arrière sont là aussi pour rappeler son ancêtre… Et c’est tout ! Un peu court à notre goût, on attendait plus !
Une grande proximité avec l’Explorer
De façon habile, la Capri reprend énormément d’éléments du modèle Explorer (dont la carrière est assez modeste en France) mais en apposant une ligne arrière plus fluide, elle affirme quand même sa personnalité avec une certaine réussite car l’ensemble est plutôt plaisant à l’œil.
A l’intérieur, c’est encore plus flagrant puisque la Capri reprend intégralement celui de l’Explorer, ce qui est finalement une excellente chose car l’ensemble est également réussi. Certains plastiques durs dénotent un peu mais au global la qualité perçue est quand même très satisfaisante, même si elle n’atteint pas le niveau des modèles premium de la concurrence.
De ce fait, on retrouve également les quelques défauts aperçus sur l’Explorer en ce qui concerne l’ergonomie avec en particulier une commande de lève vitres particulièrement agaçante. Au lieu de disposer de quatre boutons, seules deux commandes sont disponibles auxquelles s’additionne une touche affleurante qui permet de basculer entre les vitres avant et les vitres arrière… Au final, la touche affleurante étant relativement sensible vous vous retrouvez à toujours ouvrir la mauvaise vitre et à vous y reprendre à plusieurs fois… Agaçant au quotidien.
Hormis ce point particulier, l’instrumentation est bien disposée avec un grand écran central de 14,6 pouces qui a la particularité d’être coulissant et de se verrouiller à l’arrêt permettant ainsi de disposer d’une sorte de coffre-fort bien appréciable. Le conducteur dispose également d’un petit bloc numérique de 5,3 pouces où sont rappelées les informations de conduite les plus importantes, indispensable et agréable de surcroît.
Une belle habitabilité et une grande malle arrière
Allongée de seize centimètres par rapport à l’Explorer, la Capri offre une belle habitabilité pour les passagers arrière, et le coffre bénéficie d’un très beau volume avec une capacité de 572 dm3 et dont l’accès avec le hayon permet un chargement des plus aisés. Avec ses dimensions, la Capri affiche clairement sa vocation familiale.
Le plancher contenant les batteries est ainsi un peu rehaussé mais ne nuit pas au confort général de l’ensemble des occupants, sauf ceux qui préfèrent conduire en position basse, ce qui est rarement le cas des acheteurs de SUV familiaux qui apprécient au contraire la position de conduite haute.
A noter aussi la présence d’un grand toit vitré panoramique qui inonde l’habitacle de luminosité, ce qui renforce encore le confort à bord.
La version haut de gamme à l’épreuve de la route
Si la Capri est déclinée dans une version RWD Extended Range embarquant un moteur de 286 chevaux sur l’essieu arrière et une batterie de 77 KWh, c’est sa version haute AWD Extended Range disposant d’une transmission intégrale à l’aide de deux blocs électriques disposés chacun sur un essieu, que nous avons le plaisir de tester sur un parcours routier mixte.
Forte d’une puissance de 340 chevaux, la Capri propose des accélérations franches et nettes avec un 0 à 100 km/h en 5,3 secondes. Sur l’autoroute, la conduite s’avère paisible et plaisante avec un silence de fonctionnement très appréciable.
Lorsqu’on aborde des routes plus sinueuses, et bien que la Capri ne dispose pas de suspensions pilotées, elle s’avère très agréable et même agile lorsqu’on hausse le niveau et qu’on la sollicite davantage. Bien entendu, le poids la pénalise un peu en enchaînement de virages serrés mais l’amortissement (que certains jugeront peut-être un peu ferme en termes de confort) s’avère particulièrement bien adapté au véhicule.
On note juste une attaque de la pédale de frein un peu molle à notre goût, on aurait préféré une sensation plus mordante et plus incisive dès lors qu’on la sollicite.
Une autonomie respectable
Malgré son poids qui dépasse les deux tonnes, la Capri annonce une autonomie mixte WLTP proche des 600 kilomètres (560 exactement), ce qui la place dans le peloton de tête en la matière… Ajoutons à cela une capacité de recharge à hauteur de 185 kW sur les bornes rapides et vous pourrez ainsi passer de 10 à 80% de capacité en moins de 30 minutes. En pratique sur autoroute à la vitesse autorisée, vous aurez à faire une pause environ tous les 300 kilomètres (un bon moyen mnémotechnique consiste à diviser par deux l’autonomie WLTP pour avoir l’autonomie réelle sur autoroute).
Proposée à partir de 56.000 euros en finition Pack Premium, la FORD Capri est bien positionnée en termes de tarifs en particulier vis-à-vis de l’équipement de série qu’elle propose.
La FORD Capri est une excellente voiture et un SUV apte à séduire les familles. Il lui manque juste ce petit grain de folie qu’on était en droit d’attendre quand on se nomme Capri, et qui nous aurait fait définitivement craquer. Elle demeure cependant un bon choix dans un marché qui se muscle énormément et dans lequel la concurrence ne cesse de se développer. Il n’est pas si facile de se faire une place même si on a déjà un nom !
Fabrice DUMAS (septembre 2025)