Un joli petit coupé avec un nom de félin, cela n’évoque-t-il rien pour vous ? Si, bien sûr ! Le succès de l’OPEL Tigra, une ligne élégante carrossant le châssis d’une citadine, la Corsa en l’occurrence, a donné des idées à FORD qui a dessiné une robe magnifique pour abriter les dessous de la Fiesta. Présenté il y a un an avec un moteur 1.700 cm3 de 125 ch (essai dans Actua-Auto n° 25), FORD propose depuis mars 98 son petit félin avec le 1.400 cm3 de 90 ch équipant la Fiesta.
Quelle ligne !
Cher à FORD depuis la Ka, le style « new-edge » du coupé Puma est sublime. Des entrelacs de droites et de courbes dessinent de magnifiques formes géométriques notamment au niveau des phares, des feux arrière et des vitres latérales. Par ailleurs les proportions de la carrosserie sont harmonieuses, la peinture est de très belle qualité et les grandes et larges roues dégagent une impression de force. On regrettera toutefois que ce magnifique écrin ne soit absolument pas protégé contre les petits chocs. Il faudra éviter les parkings étroits et les « créneaux » serrés…
Ambiance sportive à l’intérieur
L’intérieur est moins original, puisque la planche de bord est reprise de la Fiesta avec cependant une présentation plus « sport ». Ainsi les cadrans sont sur fond blanc, les entourages de la radio (en option) et des commandes de la climatisation (en série) sont en aluminium ainsi que la boule du petit levier de vitesses et le volant est gainé de cuir, mais pas sur toute la circonférence, ce qui est un peu mesquin. On apprécie le soin apporté à la finition et au choix des matériaux. Les sièges avant sont fermes mais ils maintiennent très bien le corps et on trouve une position de conduite correcte, un peu haute quand même, malgré l’absence de réglages du volant et du siège (en hauteur).
Beau mais petit
La magnifique carrosserie a quand même ses petits travers : l’habitacle est étroit, la visibilité est médiocre et les places arrière sont symboliques à cause du bel arrondi du pavillon qui fait courber l’échine au plus de 1,50 m. Mais comme on n’achète pas un coupé pour l’habitabilité… Encore quelques petits détails agaçants et j’en aurai fini avec les désagréments : l’absence des témoins d’allumage des feux de position et de croisement est inadmissible, le verrouillage des ouvrants est centralisé mais sans télécommande, les vitres sont électriques mais sans montée-descente automatique et le coffre offre une contenance acceptable pour deux (240 l banquette en place, 815 l lorsqu’elle est rabattue) mais l’accès en est très haut et très exigu.
Le Puma, joli félin joueur
En route. Le moteur est silencieux et le son en est agréable. La boîte de vitesses, commandée par un joli petit levier en alu est très agréable à manier. Le débattement est court et l’engagement des rapports net et précis : un régal. Malgré une valeur de couple moyenne (125 Nm) et haut perchée en régime (4.500 tr/mn), le 1.400 fait preuve de bonne volonté dans les reprises à petite vitesse, mais sa personnalité se révèle après 3.500 tr/mn. Sur les trois premiers rapports, il devient alors brillant avec de belles envolées dans les tours, mais comme il n’y a pas de zone rouge au compte-tours, chacun fixera la limite de sa mécanique… La cinquième est un peu longue et le moteur devient plus laborieux sur ce rapport, mais permet un niveau sonore très acceptable sur autoroute. On s’amuse beaucoup avec ce petit coupé et malgré cela, la consommation reste raisonnable : 8,9 litres aux 100 kilomètres pendant l’essai.
Confort « sportif » mais tenue de route sûre
La suspension est plutôt ferme et les pneumatiques à taille ultra-basse (195/50 R 15 V) n’arrangent pas le problème. On est passablement secoué sur revêtements dégradés, mais, en contrepartie, la tenue de route est sûre et agréable. Le train avant est précis et sans lourdeur et l’assistance de la direction est très bien dosée. Le conducteur est un enfant gâté au volant de ce jouet magnifique, vif et virevoltant. On aurait pu souhaiter quatre freins à disques, mais il faut reconnaître que le montage mixte disques-tambours assure des freinages efficaces et stables (ABS en option).
Le coupé FORD Puma est une très belle réussite esthétique et procure un grand plaisir de conduite. On pourra hésiter entre les motorisations 1.400 (98.300 FF) et 1.700 (111.400 FF). La différence de 13.100 FF entre les deux versions peut faire réfléchir, mais FORD a retiré de la dotation de série du 1.400 l’ABS, l’antipatinage et les jantes alu soit environ 9.000 FF d’équipements. La fourchette se resserre, mais il est vrai que le « petit » garde un certain avantage en frais d’utilisation car la « vignette » passe de 8 à 7 CV soit moitié prix, la consommation gagne quelques décilitres et l’assurance quelques centaines de francs. Par contre les performances, malgré la bonne volonté du 1.400, sont en retrait. Quelle que soit la version choisie, les heureux acquéreurs se feront bien plaisir pour un prix encore raisonnable.
Daniel DECHENE (22/09/1998)