Avec quinze millions d’exemplaires vendus dans le monde, le succès du RAV4 ne se dément pas depuis plus de trente ans. Alors quand TOYOTA joue les prolongations avec une sixième génération, l’hésitation n’est pas de mise. Le nouveau venu doit capitaliser sur les qualités reconnues du précédent : fiabilité, sobriété et vocation familiale. Mais il apporte aussi son lot de nouveautés : ligne plus agressive, nouvelles motorisations hybrides, modernisation de la planche de bord et refonte de l’équipement multimédia.
Un design plus expressif
Ce n’est pas par ses dimensions que la nouvelle génération de RAV4 marque sa différence. Elle conserve la longueur et la largeur de sa devancière (respectivement 4,60 et 1,86 mètres) mais se voit dotée de lignes plus anguleuses à l’instar des codes définis par TOYOTA lors du remplacement de ses modèles. La face avant intègre une signature lumineuse en C et les feux sont reliés par un bandeau noir surplombant une calandre massive et rectangulaire. Sur les côtés, les flancs sculptés et les passages de roues trapézoïdaux renforcent le côté robuste, tandis qu’à l’arrière, le hayon gagne en verticalité.
Puissance en baisse pour l’hybride auto rechargeable
Même si le RAV4 élargit sa gamme avec une version hybride rechargeable (PHEV) afin de mieux couvrir les segments du marché, c’est sur la motorisation hybride simple (HEV) avec laquelle le constructeur japonais a bâti sa réputation que notre choix s’est porté. En effet et c’est peu courant, TOYOTA annonce une réduction de puissance pour cette version qui passe de 218 à 185 chevaux en configuration deux roues motrices.
Le nouveau groupe hybride du RAV4 se rapproche d’un équilibre entre la puissance délivrée par le bloc thermique et celle du moteur électrique. Il reste fidèle au bien connu quatre cylindres atmosphérique de 2,5 litres qui voit sa puissance baisser de 178 à 143 chevaux tandis que la machine électrique progresse à 136 chevaux (vs 120 précédemment). La petite batterie de 1,09 kWh se recharge principalement lors des décélérations et alimente le moteur électrique qui peut déplacer le RAV4 en phase de démarrage et sur de courtes distances en milieu urbain ou lors de manœuvres. Objectif avoué par le constructeur : favoriser une baisse de consommation.
C’est cette version que nous avons testée sur un parcours routier de neuf cents kilomètres.
Intérieur redessiné mais qualité perfectible
Si le style extérieur reste proche de la précédente génération, l’habitacle fait peau neuve avec une planche de bord plus épurée, structurée autour de lignes horizontales. Ce nouvel habillage complète, avec ses formes tendues, les évolutions géométriques du style extérieur validé par TOYOTA. Le combiné de 12,3 pouces est complété sur notre finition Lounge, par un affichage tête haute particulièrement lisible.
De nombreux espaces de rangement agrémentent l’ensemble, dont deux emplacements de recharge par induction. La console centrale est libérée de la traditionnelle commande de boîte, remplacée avantageusement par un joystick. L’écran central de 12,9 pouces qui supporte le nouveau système multimédia, conserve quelques boutons physiques liés au bien-être des occupants, dont les réglages de température de la climatisation ainsi que de chauffage / ventilation des sièges conducteur et passager.Oubliant toute exubérance, l’ensemble du poste de conduite reste noir, trop noir à mon goût.
Si les assemblages ne souffrent pas de critique, les plastiques durs sont trop présents, marquant une régression qualitative au regard de la génération précédente. C’est dommage, le RAV4 se situant dans une fourchette de prix plutôt élevée notamment dans cette finition Lounge positionnée haut de gamme.
Disposant des mêmes dimensions, il était normal qu’on retrouve dans cette nouvelle version le caractère familial qui contribue au succès du modèle. Largeur aux coudes, garde au toit, la place ne manque pas ! La position de conduite est facile à trouver y compris pour un conducteur de grande taille, tandis que la banquette arrière dont le dossier est réglable sur deux positions, offre un espace aux jambes suffisant, même avec les sièges avant reculés au maximum.
Le coffre propose 514 litres de volume utile pour notre version HEV, une capacité suffisante pour les bagages d’une famille. Par contre, la modularité répond au minimum syndical avec des dossiers un tiers / deux tiers et un plancher plat lorsque les sièges du second rang sont rabattus. Une banquette coulissante ou encore des boutons permettant de rabattre les dossiers depuis le coffre auraient été appréciés.
Equipement complet et multimédia modernisé
Dans la version Lounge qui nous a été confiée, la dotation est particulièrement riche en équipements de série. Pour n’en citer que quelques-uns : sellerie en cuir perforé avec ventilation, sièges avant à réglages électriques et mémoire, volant, sièges avant et arrière chauffants, affichage tête haute, système audio JBL à neuf haut-parleurs, vision 360° avec vue 3D, feux de route adaptatifs, alarme et dashcam (caméra embarquée), peu fréquent !
Critiqués sur la génération précédente, l’ergonomie générale et le système multimédia nécessitaient une mise à jour profonde afin de combler leur retard sur la concurrence. TOYOTA a pris le problème à bras le corps et refondu son logiciel en capitalisant sur le savoir-faire de Google pour les POI (points d’intérêt) ou encore TomTom pour la partie guidage. Même si on n’atteint pas encore la facilité d’utilisation d’un RENAULT OpenR link, les progrès sont flagrants dans tous les domaines. Rapidité des recherches, ergonomie des menus y compris sur le combiné d’instrumentation, et accès simplifié aux aides à la conduite (ADAS) regroupées dans un menu, pour permettre si nécessaire leur désactivation. Cerise sur le gâteau, celle du signal sonore de survitesse est accessible de façon permanente directement sur l’écran central. A noter la douceur de fonctionnement du régulateur adaptatif avec une remise en vitesse pouvant être initiée par une simple mise en action du clignotant gauche.
Vocation familiale et conduite sereine
Les chauffeurs de taxi l’adorent et leurs clients la plébiscitent, mais elle ne fait pas l’unanimité. La boîte CVT de TOYOTA souffle le chaud et le froid : douceur de fonctionnement et fiabilité d’un côté, mais montée dans les tours du moteur dès lors que le pied se fait un peu lourd sur l’accélérateur. Avec ses 185 chevaux, sur la route, les reprises peuvent être vigoureuses, mais si vous ne voulez pas entendre le quatre cylindres faire ses gammes, il faut anticiper et conduire en bon père de famille, ce qui vient assez naturellement au fil du temps, car conforme à la philosophie du modèle.
Sans être pataud, le RAV4 ne sera jamais une bombinette sautant de virage en virage sur les routes de montagne. Il privilégie l’équilibre et la facilité de conduite qui sied à un véhicule familial. En ville, si l’encombrement du véhicule est conséquent, la vision 360° avec vue 3D de la caméra de recul facilite grandement les manœuvres, d’autant que la qualité visuelle est au rendez-vous. La douceur de la boîte CVT et la bascule thermique/électrique qui s’effectue en toute discrétion rendent la conduite en parcours urbain fort agréable.
Côté confort, le RAV4 maîtrise son sujet malgré les roues de vingt pouces qui équipent notre finition Lounge. Les suspensions typées confort permettent d’envisager les grands trajets sans fatigue excessive, d’autant que le silence est royal en vitesse de croisière avec des bruits d’air maîtrisés sur l’autoroute.
La consommation moyenne vérifiée sur notre essai routier de 900 kilomètres composé principalement de nationales et voies rapides, s’établit à 5,3 litres, ce qui représente une belle performance en regard du gabarit et du poids du véhicule. Son réservoir de 55 litres lui confère donc une très bonne autonomie. En parcours urbain, l’ordinateur de bord n’aura de cesse de nous indiquer une consommation légèrement inférieure à cinq litres. Manifestement, la sobriété promise par TOYOTA se vérifie, les consommations annoncées se révélant peu éloignées de la réalité.
Même s’il a perdu le caractère novateur qui a fait sa notoriété, le TOYOTA RAV4 conserve une clientèle de fidèles qui apprécient ses qualités. Certes, ce nouvel opus ne révolutionne pas le modèle, mais il apporte son lot d’améliorations permettant de recoller au peloton des hybrides de dernière génération, la fiabilité en plus. De quoi perpétuer la légende, même si elle n’est pas bon marché…