Après la berline MAZDA 6e, MAZDA poursuit le développement de sa gamme électrique avec le CX-6e. Présenté à Düsseldorf dans le cadre d’un programme presse particulièrement dense, ce nouveau SUV nous a immédiatement séduits par sa ligne, son espace intérieur et plusieurs solutions technologiques encore inhabituelles.
Le temps consacré à la conduite étant relativement court, cet essai doit être considéré comme une première prise en mains. Il nous a néanmoins permis de découvrir le comportement du véhicule sur différents types de routes et de vérifier si cette nouvelle MAZDA électrique conservait réellement l’identité de la marque.
Une MAZDA construite en Chine pour l’Europe
Le CX-6e est développé en collaboration avec CHANGAN, partenaire chinois de MAZDA, et assemblé à Nanjing. Les équipes européennes ont toutefois adapté son châssis, sa direction et ses équipements aux attentes du marché européen. Une origine qui pose naturellement la question de son identité : retrouve-t-on une véritable MAZDA au volant ? Après cette première prise en mains, la réponse est plutôt positive.
Le design Kodo réinterprété
Avec le CX-6e, MAZDA fait évoluer son langage stylistique Kodo, « l’âme du mouvement », pour l’adapter à l’univers électrique. Le résultat est particulièrement réussi. La ligne de toit fuyante, les surfaces fluides, les poignées affleurantes et le pavillon noir contrastant lui donnent beaucoup d’allure.
La calandre fermée conserve la forme ailée caractéristique de MAZDA et reçoit une signature lumineuse qui s’anime lors du verrouillage, du déverrouillage et de la recharge.
Certains détails surprennent davantage. L’avant du capot présente des parties ajourées, tout comme les flancs arrière au niveau des montants. Elles peuvent sembler purement décoratives au premier regard, mais elles servent aussi à canaliser l’air autour de la carrosserie, à réduire les turbulences et à améliorer l’aérodynamisme. Leur efficacité reste difficile à apprécier au volant, mais elles participent incontestablement à l’originalité du véhicule.
Avec ses 4,85 mètres de long, 1,94 mètre de large et 1,62 mètre de haut, le CX-6e appartient clairement à la catégorie des grands SUV familiaux. Son empattement généreux profite directement à l’espace intérieur, tandis que sa garde au sol reste relativement limitée pour un SUV. Malgré ce gabarit imposant, ses lignes fluides lui donnent une silhouette plus élancée que massive.
Notre voiture d’essai ne passait d’ailleurs pas inaperçue. Sur les routes de la région de Düsseldorf, plusieurs personnes se sont retournées sur son passage et certaines nous ont même adressé un pouce levé en signe d’approbation. Une réaction spontanée qui confirme que le CX-6e possède une véritable présence.
Des couleurs qui subliment la ligne
Notre premier modèle d’essai arborait la teinte Multi-Tons Airstream Blue – Black, proposée à 750 €. Photographiée dans une forêt sous un magnifique soleil, la carrosserie révélait des nuances très différentes selon l’orientation de la lumière. Tantôt clair et lumineux, tantôt plus profond, ce bleu s’accorde particulièrement bien avec le toit noir.
Le lendemain, nous avons découvert le CX-6e dans l’emblématique teinte Soul Red Crystal, également associée à un toit noir. Ce rouge profond, facturé 1.050 €, est véritablement sublime et met particulièrement bien en valeur les volumes de la carrosserie.
Sept coloris sont disponibles, dont six associés à un toit noir : Crystal White Pearl, Soul Red Crystal, Machine Grey, Nightfall Violet, Aero Grey et Airstream Blue. Le Jet Black est le seul coloris uniforme.
Un habitacle ouvert et raffiné
L’intérieur s’inspire du concept japonais de « ma », qui met en valeur l’espace disponible et l’équilibre entre les différents éléments. Cela se traduit par une planche de bord très épurée et une impression d’espace particulièrement marquée.
L’empattement profite aux passagers arrière, qui bénéficient d’un espace généreux pour les jambes. Le vaste toit panoramique apporte beaucoup de lumière et renforce encore cette sensation.
La qualité perçue est très satisfaisante : les assemblages sont précis, les matériaux bien choisis et l’ensemble dégage une impression de sérieux conforme aux standards habituels de MAZDA.
La finition Takumi Plus reçoit une sellerie Maztex bicolore blanche et améthyste, avec un ciel de pavillon noir. L’ensemble est lumineux, original et particulièrement raffiné. Les touches violettes sont toutefois assez présentes et pourront ne pas plaire à tout le monde. Cette finition bénéficie également de sièges chauffants et ventilés à l’avant comme à l’arrière.
Le coffre propose 363 litres sous le cache-bagages et 468 litres jusqu’au pavillon. Ce volume reste assez moyen compte tenu du gabarit du véhicule, mais il est complété par un « frunk » ou grand coffre avant de 83 litres, pratique pour ranger les câbles de recharge ou quelques bagages supplémentaires.
Un affichage tête haute remarquable
Il n’existe aucun combiné d’instrumentation traditionnel derrière le volant. Les informations principales sont projetées directement sur le pare-brise grâce à un remarquable affichage tête haute.
Large, clair et parfaitement placé dans le champ de vision, il permet de suivre la vitesse, la navigation et les informations essentielles sans quitter la route des yeux. Il compense efficacement l’absence d’écran face au conducteur et constitue l’une des vraies réussites de cet habitacle.
Une dalle impressionnante, mais peu de boutons
La planche de bord est dominée par une immense dalle tactile de 26,45 pouces qui s’étend jusqu’au côté passager. Elle regroupe la navigation, la radio, la consommation et la plupart des réglages du véhicule.
Son format impressionne, mais son utilisation demande un petit temps d’adaptation. La navigation avait été programmée avant notre départ, pourtant revenir aux fonctions courantes, comme la radio ou la consommation, ne s’est pas toujours montré intuitif au début.
Les commandes physiques sont devenues très rares. Même le réglage des rétroviseurs s’effectue depuis l’écran central. Quelques boutons traditionnels auraient certainement simplifié l’accès aux fonctions les plus courantes, surtout pendant la conduite.
La Takumi Plus va encore plus loin en remplaçant les rétroviseurs extérieurs classiques par de petits modules intégrant une caméra. Les images sont retransmises sur deux écrans OLED placés à l’intérieur des portières. Le système offre un large champ de vision et participe à l’aérodynamisme, mais il réclame lui aussi une période d’accoutumance.
Des haut-parleurs dans les appuis-tête
Parmi les autres idées originales, le système audio à vingt-trois haut-parleurs en intègre directement dans les appuis-tête avant. Le conducteur et son passager peuvent ainsi entendre plus distinctement les indications de navigation, un appel ou un contenu audio, sans nécessairement augmenter le volume dans tout l’habitacle ni gêner les passagers. Cette implantation dans les appuis tête présente un intérêt réel au quotidien.
Notre prise en mains ne nous a pas permis d’explorer toutes les possibilités de ce dispositif, mais cette implantation inhabituelle montre le soin apporté à l’ambiance intérieure.
Le CX-6e dispose également de commandes gestuelles, de la reconnaissance vocale, d’une caméra à 360° avec vue transparente, d’une clé numérique et de plusieurs modes dédiés au repos ou au confort des occupants.
Une motorisation unique
MAZDA a fait le choix d’une gamme particulièrement simple. Le CX-6e ne propose qu’une seule motorisation électrique de 190 kW, soit 258 chevaux, pour un couple de 290 Nm.
Le moteur est installé sur le train arrière et entraîne les seules roues arrière. Le CX-6e est donc une propulsion, ou RWD dans la terminologie anglaise. Il n’existe pour le moment ni version moins puissante, ni transmission intégrale, ni seconde capacité de batterie.
La recharge rapide en courant continu accepte jusqu’à 200 kW. MAZDA annonce vingt-quatre minutes pour passer de 10 à 80 %. Pour la recharge en courant alternatif, le chargeur embarqué triphasé accepte une puissance de 11 kW.
Un comportement fidèle au « Jinba Ittai »
MAZDA utilise depuis longtemps l’expression japonaise « Jinba Ittai » qui évoque l’unité entre le cavalier et sa monture. Appliquée à l’automobile, elle traduit la recherche d’une relation naturelle entre le conducteur et sa voiture.
Sur la route, les accélérations sont franches et immédiatement disponibles. Le CX-6e Takumi passe de 0 à 100 km/h en 8,1 secondes, une performance largement suffisante pour un SUV familial.
Sa tenue de route nous a particulièrement convaincus. Malgré un poids minimal de 2.205 kilogrammes avec le conducteur, le véhicule reste bien posé sur la chaussée, stable et rassurant. Le travail réalisé par les équipes européennes sur le châssis et la direction semble donc porter ses fruits.
Trois modes de conduite sont proposés : Normal, Sport et Individual. Ce dernier permet de modifier la réponse de l’accélérateur, la fermeté de la direction et le niveau de récupération d’énergie.
Le freinage nous a en revanche laissé une impression plus mitigée. À l’approche d’un véhicule devant nous, il a fallu insister davantage que prévu sur la pédale pour arrêter le CX-6e à bonne distance. Cette sensation mérite d’être signalée, même si un essai plus long aurait été nécessaire pour confirmer cette première impression et mieux s’habituer au dosage entre freinage régénératif et freinage classique.
Consommation : les chiffres constructeur
Le temps imparti et la distance parcourue sur les routes de la région de Düsseldorf ne permettaient pas d’établir une consommation réellement représentative. Nous nous en tiendrons donc aux valeurs annoncées par MAZDA.
La consommation officielle s’établit à 18,9 kWh/100 km avec les jantes de dix-neuf pouces et à 19,4 kWh/100 km avec les roues de vingt-et-un pouces. La batterie lithium-fer-phosphate de 78 kWh autorise jusqu’à 484 kilomètres d’autonomie WLTP avec les roues de dix-neuf pouces. Cette valeur descend à 468 kilomètres avec les jantes de vingt-et-un pouces.
Ces valeurs devront être vérifiées lors d’un essai plus long, dans des conditions d’utilisation quotidienne et sur un parcours permettant de mesurer plus précisément l’influence de la vitesse et de la température.
Deux finitions et des tarifs bien placés
Le tarif du CX-6e Takumi débute à 46.800 €. Il reçoit déjà les jantes de dix-neuf pouces, le toit panoramique, les sièges avant chauffants et ventilés, l’affichage tête haute, la caméra à 360°, la pompe à chaleur et le système audio à vingt-trois haut-parleurs.
Les jantes de vingt-et-un pouces sont disponibles en option pour 1.200 €.
La finition Takumi Plus est affichée à 49.800 €. Elle ajoute notamment les rétroviseurs extérieurs numériques, le rétroviseur intérieur numérique, les jantes de vingt-et-un pouces, la sellerie blanche et améthyste ainsi que les sièges arrière chauffants et ventilés. La peinture Multi-Tons Airstream Blue – Black est facturée 750 €.
Une première impression très favorable
Le MAZDA CX-6e séduit d’abord par son style. Sa ligne élégante, ses proportions équilibrées et ses nombreux détails originaux lui permettent de se distinguer parmi les SUV électriques.
L’habitacle spacieux, la présentation raffinée, l’affichage tête haute remarquable et les performances convainquent également. Sur la route, sa stabilité et ses accélérations franches montrent que MAZDA a réellement travaillé à donner une personnalité européenne à cette base développée avec CHANGAN.
Tout n’est pas parfait. La concentration de presque toutes les commandes sur l’écran demande un temps d’adaptation, tandis que le freinage nous a paru manquer de mordant dans une situation précise. Il faudra également un essai plus long pour juger correctement la consommation et l’autonomie.
Cette première rencontre reste néanmoins très positive. Le CX-6e est une superbe voiture, aussi agréable à regarder qu’à conduire, qui permet à MAZDA d’aborder l’électrique avec une proposition réellement originale.
Jean-Pierre RICCI (Septembre 2026)