Comme chaque année depuis 6 ans, automobiles PEUGEOT propose, en exclusivité, une ligne de produits griffés Roland GARROS. Cette série spéciale, commercialisée à partir de la mi-avril 1995, est disponible sur la 106 3 portes, la 306 3 et 5 portes et le cabriolet 306. Les « Roland GARROS » se distinguent de la série par une présentation intérieure et extérieure spécifique, orientée élégance et raffinement.
Carrosserie élégante
Nous avons eu le plaisir d’essayer et d’exposer, à l’occasion du mini-salon du mois d’avril, la berline 306 3 portes. La carrosserie de la 306, déjà élégante dans son exécution « normale » attire encore plus l’œil avec la finition « Roland GARROS ». La peinture vert métallisée, rehaussée par un filet blanc sur les flancs et les magnifiques jantes alliage équipées de pneus larges à taille basse, sont du plus bel effet.
Intérieur « Sport – Chic »
L’intérieur est de la même veine. La sellerie est une harmonie de tissu vert foncé et de cuir blanc sur laquelle tranchent les ceintures de sécurité de couleur ocre. Ces matériaux, d’apparence flatteuse sont agréables à l’œil et au toucher, et leur assemblage est soigné. Notre journal a essayé plusieurs versions de PEUGEOT 306, et si tous les essayeurs louent les qualités dynamiques et le sérieux de la fabrication de cette automobile, tous regrettent, en général, son équipement assez restreint, surtout en regard de son prix de vente assez élevé. La berline 306 3 portes « Roland GARROS » n’est certes pas donnée (128.500FF), mais là, l’équipement n’est pas chiche.
L’extérieur, en sus des jantes alliage et de la peinture spécifique vert métallisée, est présenté avec des vitres teintées électriques avec montée et descente automatique coté conducteur, jupes avant, avec phares anti-brouillard, et jupe arrière couleur caisse de même que les rétroviseurs extérieurs.
A l’intérieur les équipements de confort sont nombreux avec notamment la réfrigération, l’auto-radio (6 haut-parleurs) avec commandes au volant, les sièges bordés de cuir blanc et équipés de 4 appuis-tête en cuir blanc également. Signalons encore la direction assistée, la condamnation centralisée des ouvrants avec télécommande, le volant sport (réglable) gainé de cuir noir comme le pommeau du levier de changement de vitesses, les rétroviseurs extérieurs dégivrants et à réglage électrique, le toit ouvrant, électrique lui aussi… Par contre aucune trace, même en option, de système ABS (antiblocage de freins), « d’airbag », d’alarme antivol, de coupe-circuit…
La position de conduite est bonne et les réglages multiples des sièges (hauteur, profondeur, inclinaison, appui lombaire) et du volant permettront à chacun de s’installer confortablement. Les rangements à l’intérieur comportent deux boites à gants (petites, à cause de la climatisation) dont une fermant à clef, bacs de portes à l’avant et porte-revues derrière les dossiers des sièges avant. L’habitabilité est correcte pour 4 personnes, mais l’accès aux places arrière n’est pas aisé et la capacité du coffre est moyenne.
Conduite agréable
La conduite de cette 306 ne réserve que de bonnes surprises sauf en ville où les montants arrière épais et le rayon de braquage assez grand ne favorisent pas les manœuvres de stationnement. Le moteur de 1.6l développe 90 ch à 5600 tr/mn et possède un couple de 14 mkg à 3000 tr/mn. Ces valeurs sont dans la moyenne de la catégorie, mais la 306 n’étant pas très lourde (1080 kg) et sa transmission bien étagée, l’ensemble ne manque pas d’agrément. Les accélérations sont vives, les reprises toniques et une vitesse de croisière élevée sur autoroute est maintenue avec aisance. La boite de vitesses autorise des changements de rapports rapides et le pédalier permet la technique de freinage rétrogradage « talon-pointe ». Au cours de l’essai, réalisé essentiellement sur des petits trajets et en profitant de la nervosité du moteur, la consommation s’est établie à 7,7 l / 100 km, ce qui est raisonnable.
La partie chassis-suspensions mérite les mêmes éloges que le moteur. La direction, très bien assistée, permet de contrôler au millimètre les trajectoires du véhicule qui se place très bien en virage avec des réactions toujours saines et neutres. Il est vrai que la suspension bien amortie, les trains roulants bien guidés et l’essieu arrière à « effet auto-braqueur » assure une stabilité sans défaut. Le freinage permet des arrêts courts et stables grâce à l’adhérence remarquable des pneus taille basse et fait un peu oublier l’absence d’ABS au moins sur sol sec.
Le niveau sonore en accélération est plutôt élevé, le moteur laissant entendre sa joie de vivre et les sifflements d’air à vitesse soutenue sont agaçants. Par contre la suspension, très efficace pour le comportement routier, assure également, par sa souplesse, un confort très appréciable. Associée à d’excellents sièges, elle permet d’envisager les longs parcours sans fatigue d’autant plus que climatisation et toit ouvrant permettent une température agréable dans l’habitacle.
La PEUGEOT 306 Roland GARROS est séduisante dans pratiquement tous les domaines (esthétique, équipement, finition, comportement routier, performances, confort, consommation…) malgré quelques détails à revoir options ABS, airbags, antidémarrage manquantes, visibilité arrière à améliorer, coffre un peu juste. Son prix peu paraître élevé, mais l’équipement est très riche et sa présentation personnalisée se démarque suffisamment de la grande série pour qu’elle tienne son rôle d’ambassadrice élégante et raffinée.
Daniel DECHENE le 08/04/1995
Comme je viens d’essayer la PEUGEOT 308 Hybrid 145 (https://actua-auto.com/essai/peugeot-308-gt-stylee-et-dynamique), la réédition de l’essai de la PEUGEOT 306 Rolland GARROS de 1995 me donne l’occasion de comparer les caractéristiques de ces deux voitures de même catégorie séparée par 30 ans d’évolution technologique.
| Caractéristiques | PEUGEOT 306 Rolland GARROS | PEUGEOT 308 GT Hybrid 145 |
| Moteur thermique | 4 cylindres 8 soupapes injection essence | 3 cylindres 12 soupapes turbo essence |
| Cylindrée | 1.587 cm3 | 1.199 cm3 |
| Puissance thermique | 90 ch à 5.600 tr/mn | 136 ch à 5.500 tr/mn |
| Couple thermique | 137 Nm à 3.000 tr/mn | 230 Nm à 1.750 tr/mn |
| Réservoir | 60 litres | 52 litres |
| Moteur électrique | – | Intégré dans la boîte de vitesses |
| Puissance électrique | – | 21 ch |
| Couple électrique | – | 51 Nm |
| Capacité batterie | – | 0,876 kWh |
| Tension batterie | – | 48 V |
| Système Hybride | – | FHEV |
| Puissance cumulée | – | 145 ch |
| Transmission | Traction – BVM5 | Traction – BVA6 |
| Poids | 1.080 kg | 1.382 kg |
| L x l x h | 4,03 x 1,69 x 1,37 m | 4,367 x 1,852 x 1,438 m |
| Coffre | 338 dm3 | 412 dm3 |
| Nb de places | 5 | 5 |
| Vitesse maxi (km/h) | 180 | 210 |
| 0 à 100 km/h (s) | 12,9 | 8,8 |
| Conso. Carburant (essai) | 7,7 l/100 km | 5,8 l/100 km |
On note la nette évolution des dimensions de la 308 (+37 cm en longueur, +15 cm en largeur, + 7 cm en hauteur), du volume du coffre (+74 litres) et de la masse (+302 kg).
Malgré sa masse nettement supérieure, la 308 est plus rapide (+30 km/h), plus nerveuse (-4,1 s de 0 à 100 km/h) et plus sobre (-1,9 l/100 km). Le turbo du moteur thermique et le couple du moteur électrique compensent largement la prise de poids, la puissance supérieure (+55 ch) également.
Au niveau sécurité, en l’absence d’assistances électroniques (pas d’ABS, pas d’ESP, pas d’airbags, pas d’ADAS), la 306 ne peut faire valoir que sa bonne tenue de route…
En trente ans la technologie des voitures a remarquablement évoluée au bénéfice de la sécurité, des performances, de la sobriété, du confort au prix d’un accroissement de l’encombrement et de la masse.
Quant au prix, les 128.500 FF de la PEUGEOT 306 Rolland GARROS en 1995 (soit environ 19.600 € si l’euro avait existé en 1995) nécessitaient de travailler 12,4 mois à une personne rémunérée au salaire net mensuel moyen de 10.390 FF de cette année là (soit environ 1.584 € si l’euro avait existé en 1995). En comparaison, la 308 GT Hybrid (37.850 €) demande de travailler 13,8 mois à une personne gagnant les 2.733 € du salaire net mensuel moyen 2025.
Daniel DECHENE le 03/02/2026