On associe souvent l’achat d’un véhicule électrique avec un choix raisonnable, écoresponsable et dicté par un souci d’économie à l’usage. Et pourtant l’offre ne cesse de s’élargir et les véhicules sportifs sont désormais légion sur le marché. Les petites bombinettes ne manquent donc pas à l’appel et cette semaine nous vous proposons un comparatif entre la pétillante ALPINE A290 GTS et la redoutable ABARTH 600e Competizione.
A ma gauche, l’ALPINE 290 GTS
On ne présente plus l’ALPINE A290, premier fer de lance électrique de la marque française et qui après l’A110 a permis au constructeur français de se relancer sur notre marché. Certains puristes crient au scandale bien entendu, mais force est de constater que l’ALPINE A290 est une proposition particulièrement bien positionnée et adaptée à notre marché, avec une ligne proche de celle de la RENAULT 5 dont on peut saluer le succès commercial.
Avec une puissance de 220 chevaux (version GTS), un couple instantané de 300 Nm, et une accélération : 0 à 100 km/h en 6,4 secondes, l’ALPINE affiche la couleur.
Elle est par ailleurs équipée d’une batterie de 52 kWh, et propose une autonomie WTLP de 364 kilomètres. On dispose à son volant de quatre modes de conduite (Eco, Normal, Sport et Personnel). A chaque mode l’affichage, la couleur et le compteur évoluent pour correspondre au mode de conduite sélectionné.
Dans les points remarquables, citons ce nouveau volant multifonctions dont vous pouvez retrouver une petite vidéo. Il dispose d’abord en bas à gauche la sélection d’une molette permettant de régler le niveau de régénération de la batterie quand on lève le pied (mais qui ne constitue par un mode One Pedal puisqu’il ne va pas jusqu’à l’arrêt). De manière symétrique, se trouve un bouton de sélection du mode de conduite. Enfin, on aperçoit, sur la droite du volant une palette « rouge » avec les deux lettres OV. Cette touche, Overtake de son nom complet, permet d’avoir un surcroît de puissance pendant quelques secondes (une vingtaine)… avec une petite animation de l’espace sur l’écran central, à se croire dans un des films de la sage Star Wars… Ludique dans la droite ligne de la philosophie de la voiture. Nous, on a adoré.
Côté transmission, simple traction avec un système de gestion de couple intelligent pour optimiser l’agilité et le confort… Ceci étant, quand tu mets le pied au fond de pédale, mieux vaut bien tenir le volant car la motricité est rapidement mise à mal.
A ma droite, l’ABARTH 600e Competizione
L’ABARTH 600e n’est pas en reste dans ce duel avec cette finition Competizione puisqu’elle affiche une puissance de 280 chevaux, un couple de 345 Nm et une accélération de 0 à 100 km/h en 5,85 secondes.
Avec sa couleur « flashy » et ses gros logos en forme de « Scorpion », on ne peut pas dire que la 600e fasse dans la discrétion mais c’est aussi comme cela qu’on aime des sportives qui assument et qui s’affirment.
Équipée d’une batterie de 54 kWh, l’ABARTH propose une autonomie WLTP jusqu’à 321 kilomètres. Trois modes de conduite sont disponibles : Turismo (190 chevaux), Scorpion Street (231 chevaux) et Scorpion Track (280 chevaux).
La 600e se distingue sur le plan technique par l’adoption d’un différentiel autobloquant Torsen, qui permet d’optimiser la motricité et la trajectoire, surtout en virage et sur sol glissant. Un plus certain lorsqu’il s’agit d’exploiter le potentiel sportif qui devient assez diabolique en mode Scorpion Track.
Parmi les petits plus également, côté ABARTH, un générateur de son particulièrement réussi. Dès que vous l’activez via l’interface située sur l’écran central, l’ABARTH 600e se métamorphose. D’un seul coup, elle vous électrise et vous pousse à monter dans les hauts régimes. Le plaisir de conduite sur les petites routes du Vexin a été total avec l’envie de toujours engager davantage… Une vraie réussite ce bruiteur.
En statique : victoire ALPINE
Côté look, les deux rivales du jour ne font pas dans la sobriété mais cela fera le bonheur de leur heureux propriétaire.
L’ALPINE de notre essai s’affiche dans un sublime coloris « bleu foncé » rehaussé par des jantes noires du plus bel effet. Le charme néo rétro joue à plein et sa petite face avant avec des faux « longue portée » opère directement. La signature lumineuse en « X »rend hommage aux scotchs sur les phares des voitures de rallye d’antan. Les feux additionnels sur le pare-chocs recréent la signature historique à « quatre yeux » de la marque, comme sur la Berlinette.
De son côté, l’ABARTH affiche aussi un look affirmé et « bodybuildé ». Elle reprend tous les éléments caractéristiques d’ABARTH : gros boucliers avant et arrière spécifiques, aileron rappelant le capot moteur fixe, voies élargies de trois centimètres et jantes exclusives de vingt pouces.
Les deux véhicules affichent fièrement leur origine et l’histoire de leur marque, nous donnerons un tout petit avantage à l’ALPINE qui d’ailleurs rencontre toujours un accueil sympathique avec de nombreux pouces levés lors de son passage.
En dynamique : victoire ABARTH
Nous avions eu l’occasion de tourner sur circuit avec l’ABARTH lors de son lancement, où son différentiel autobloquant avait fait merveille. Pour ce comparatif, nous sommes restés sur route ouverte mais avons privilégié des petites routes sinueuses, où il est tout à fait possible de pousser le véhicule sans pour autant atteindre des vitesses prohibitives.
A ce petit jeu, l’ABARTH se montre plus joueuse et plus enjouée à la fois que l’ALPINE qui manque un tout petit peu de peps par rapport à sa rivale du jour. Les deux véhicules sont assez lourds bien évidemment par leur batterie, même si les constructeurs ont bien veillé à trouver le bon équilibre entre capacité et poids.
Il faut avouer dans les deux cas que le travail des ingénieurs sur les trains roulants et sur les châssis est vraiment bluffant. Ceux qui doutaient qu’on puisse faire des sportives sur un base électrique vont devoir bien fouiller pour trouver de nouveaux arguments.
En tout cas, personnellement j’ai été totalement convaincu sur le fait qu’on puisse de faire plaisir au volant de ces deux bombinettes, c’est différent des versions à moteur thermique bien sûr mais c’est terriblement efficace et plaisant.
Autonomie : égalité
Comme nous le soulignions, ALPINE & ABARTH ont décidé de ne pas trop alourdir les deux véhicules afin de ne pas pénaliser les qualités dynamiques de ces deux petits bolides. Le revers de la médaille, c’est qu’avec des batteries d’un peu plus de 50 kWh, l’autonomie restreint vraiment leur utilisation à des trajets urbains et périurbains, avec des données WLTP d’un peu plus de 300 kilomètres, ce qui signifie à peine 170 kilomètres sur autoroute à 130 km/h. Avec une puissance de recharge théorique de 100 kW en courant continu, il vous faudra près de trente minutes pour effectuer une recharge de 20 à 80%… Malheureusement, les températures basses lors de nos essais, nous ont contraints à recharger avec une capacité de l’ordre de 50 kW maximale. Et comme, il n’y a pas de pompe à chaleur ou de pré-conditionnement de la batterie, il faut juste être patient.
Acquérir un de ces deux véhicules vous limite forcément si vous voulez affronter de longs trajets qui nécessiteront de nombreuses et longues pauses. A ce petit jeu, les deux rivales du jour sont sur un pied d’égalité.
Synthèse : une ALPINE polyvalente et une ABARTH radicale
Au final, ces deux sportives sont assez différentes, ce qui vous permettra en fonction de vos objectifs de vous diriger vers l’une ou vers l’autre. Si vous cherchez un véhicule polyvalent, homogène, confortable au look particulièrement craquant, c’est vers l’ALPINE que vous vous dirigerez naturellement. Si vous souhaitez acquérir un véhicule plus exclusif, plus typé, mais aussi plus radical dans son approche, c’est vers l’ABARTH que la balance penchera. Et c’est sur le terrain des petites routes sinueuses que vous prendrez le plus de plaisir tant elles s’avèrent toutes deux très agiles et très adaptées à ce terrain de jeu. On nous dit dans l’oreillette qu’ALPINE préparerait une version plus radicale à quatre roues motrices… Affaire à suivre de très près !
Fabrice DUMAS (janvier 2026)