Si vous nous lisez régulièrement et que vous voyez le titre de cet article, vous allez vous demander pourquoi un nouvel article sur l’ALPINE A390 GT alors que le précédent a à peine trois mois (https://actua-auto.com/essai/alpine-a390-le-porte-etendard-francais/). Tout simplement pour le plaisir ! Non, pas uniquement. Comme précisé dans le précédent article, l’objet de ce nouvel essai est de tester la voiture dans le cadre de la vie quotidienne pendant une plus longue durée. Il a aussi pour but d’appréhender les situations du quotidien ou de gérer soi-même les recharges. Alors cela aurait été bête de ne pas remettre le couvert et de vous faire profiter d’un nouvel article.
Bleu, Bleu, Bleu, encore ?
Pour cet essai, nous allons jouer la discrétion. En effet, la présente version de la Sport Fastback A390 est plus discrète avec ses jantes en alliage noires et sa couleur « Bleu Abysse » qu’en « Bleu Alpine Vision » avec ses jantes Snowflake forgées diamantées. Dans la vie quotidienne, cela permet de passer bien plus inaperçu, même si c’est beaucoup dire car l’ALPINE fait toujours tourner les têtes et les signes amicaux restent nombreux. Cette belle Française bénéficie d’un véritable capital sympathie.
Chargez !
Pas de doute, les premières impressions étaient les bonnes, le plaisir de conduire est bien présent et l’ALPINE est enivrante, même dans la circulation. Dans le cadre de notre essai, nous avons sillonné les routes et autoroutes de la région parisienne afin de valider la consommation WLTP et de faire les tests de recharges devenus maintenant habituels. L’autonomie WLTP annoncée est de 555 kilomètres avec la monte de vingt pouces de notre version. Ainsi, pas de surprise lors de la récupération du véhicule, 547 kilomètres d’autonomie annoncée. Malheureusement, les premiers trajets réalisés étaient majoritairement de l’autoroute. Donc après 225 kilomètres de ce régime, l’autonomie n’était plus que de 111 kilomètres pour 30 % de batterie, soit approximativement 330 kilomètres d’autonomie globale.
Alors, une seule solution, direction une borne de recharge. Une borne 150 kW est disponible, nous sommes donc théoriquement partis pour un peu plus de vingt minutes de recharge. Ça, c’est en théorie car en pratique, l’arrivée d’un second véhicule sur la borne a mis à mal cet objectif et il a fallu rester presque vingt-cinq minutes afin d’arriver à 80 % de charge à une moyenne de 100 kW. Retour au volant avec une autonomie de 301 kilomètres. Pas flamboyant. Seulement, en y regardant d’un peu plus près, la moyenne de consommation longue durée (donc je n’y suis pas pour grand-chose) était de quasiment 25 kWh/100 km. Or, en supprimant cet historique de consommation, l’autonomie est passée par magie à 484 kilomètres. Beaucoup plus cohérent de l’autonomie d’origine. Cela signifie que lors des précédents essais, mes collègues ont eu le pied véritablement lourd sur la pédale de droite, ou ont passé leur vie à 130 km/h sur l’autoroute. En effet, en conduite normale et en respectant les limitations de vitesse, ma consommation moyenne n’a pas dépassé les 19 kWh/100 km.
Pourquoi elle ?
Bien entendu, l’envie de profiter de toutes les capacités de notre Française vous titillera à chaque fois, mais ce qui est appréciable, c’est que si vous en avez envie, vous pourrez toujours vous prendre pour un pilote sur circuit et profiter des différents menus sportifs disponibles. Le tout, combiné au mode Track, vous donnera l’âme d’un véritable pilote. Dans la vie quotidienne, ces performances seront utilisées pour conduire en toute sécurité, les dépassements seront effectués avec sérénité et vous profiterez au mieux du confort de votre véhicule.
Soyons factuels
Au quotidien, malgré ses 4,60 mètres de long, le format du véhicule ne se fait pas ressentir et on s’insère très facilement dans la circulation urbaine. Les manœuvres sont facilement réalisées, mais si vous préférez, vous pouvez utiliser les différentes assistances. Une position de conduite confortable est facile à trouver grâce aux différents réglages électriques et le confort des sièges est remarquable. Dommage cependant de n’avoir qu’une seule mémoire car, en cas de changement récurrent de conducteur, il faut refaire les réglages. De même, quel dommage de ne pas pouvoir profiter du système de massage premium sur les sièges en Alcantara, seul le système de massage des lombaires est disponible sur ce niveau d’équipement. Il faut choisir l’option Sièges Sport Alpine par Sabelt® avec cuir Nappa bi-ton pour pouvoir en profiter. L’option sièges ventilés serait également un plus, surtout avec les sièges en cuir. Petit bémol cependant, du fait du design du véhicule, la visibilité arrière est réduite et l’absence d’essuie-glace arrière est gênante par temps de pluie.
Le confort est également assuré pour les passagers arrière. La banquette est confortable et peut accueillir sans problème deux adultes. A trois, ce sera plus difficile en raison de la taille réduite de la place centrale. Détail étonnant, il n’y a pas d’accoudoir central escamotable. Dommage car chez RENAULT, ils ont développé un accoudoir central très pratique (voir l’article sur le Scénic : https://actua-auto.com/essai/renault-scenic-electrique-voyage-au-long-cours/) qui aurait été du meilleur effet.
Enfin côté coffre, le volume est très correct pour la catégorie avec un petit espace sous plancher qui permet de profiter de quelques zones de rangement supplémentaire. En tant que golfeur, les évidements dans les ailes arrière permettent de ranger un sac chariot sans en retirer le driver, et ça, je peux vous confirmer que cela compte particulièrement pour moi, et sachant que vous pouvez en plus y ranger un chariot, les 400.000 licenciés français vont adorer. Si après cela ne vous intéresse pas, ce que je peux comprendre, une option intéressante est alors le double plancher, totalement intégré, et offrant trois compartiments dimensionnés pour recevoir les câbles de recharge et qui en plus rehausse le fond du coffre afin d’obtenir un plancher plat.
Comme d’habitude, certains feront remarquer que le temps de charge est trop long, que l’autonomie est insuffisante, que ce n’est qu’une plateforme 400 Volts et autres remarques devenues maintenant récurrentes. Ce à quoi je répondrai comme d’habitude : combien de fois par an cela sera-t-il un problème pour vous ?
Vous l’aurez compris, cet essai au quotidien m’a permis de confirmer le bon souvenir que j’avais de mon essai précédent. Alors, oui, il y a quelques petits points qui pourraient être améliorés, mais franchement, rien de rédhibitoire au quotidien. La polyvalence qui avait été entrevue lors du précédent essai est définitivement validée. Et si vous vous vous demandez pourquoi choisir cette voiture électrique plutôt qu’une autre ? Tout simplement parce qu’avant d’être une voiture électrique, c’est une ALPINE, et ça, vous ne l’aurez pas ailleurs.
Michel SANTONI (18 juin 2026)