A la différence de mon collègue Fabrice qui a réalisé son essai longue durée en habitué des véhicules électriques, c’est-à-dire en maîtrisant les us et les coutumes (https://actua-auto.com/essai/le-mitsubishi-eclipse-cross-a-lepreuve-de-lautoroute/), je me suis dit que ce serait intéressant de me mettre dans la situation d’une personne qui prend un véhicule pour la première fois. Pour cela, quoi de mieux que de filer vers la mer lors d’un week-end de vacances ? Et quitte à cruiser vers la mer, autant que ce soit la Méditerranée ! Bon, en plus comme ça semblait trop simple, j’ai décidé d’en rajouter un peu et je me suis dit que remonter par les Alpes et ensuite rejoindre Lyon ajouterait un petit challenge bienvenu.
Jeu de piste
Notre parcours a consisté d’abord à quitter le sud de la région parisienne afin de rejoindre l’A6, puis traverser Lyon par le tunnel de Fourvière (le fameux) et filer ensuite direction la région toulonnaise par l’A7, L’A52 et l’A50 pour aller prendre quelques photos en haut du fort de Six-Fours avant de prendre une pause de quelques jours bien méritée. Le retour est passé par l’A50 et l’A51 avec un arrêt à Gap pour y prendre également quelques photos, filer ensuite vers Grenoble par la descente de Laffrey et remonter vers Paris en évitant Lyon par l’A43 et reprendre l’A6 jusqu’à notre point de départ. Un sacré périple.
Comme je vous le précisais en introduction, j’ai réalisé ce trajet de plus de mille cinq cents kilomètres en étant très méthodique dans ma non-préparation. Pas de carte de recharge, pas de planification de trajet avec une quelconque application, et rechargement à la maison. Je vous le dis, je suis au top. Pour m’accompagner durant ce voyage, un Scénic cent pour cent électrique de 220 chevaux dont l’autonomie WLTP est de plus de six cents kilomètres. Un véhicule très confortable avec des équipements qui se prêtent parfaitement aux longs trajets.
L’esprit Alpine
Avant de passer par les Alpes, c’est l’esprit Alpine qui va nous accompagner. Je vous résume ça simplement, une touche sportive appliquée à un SUV : jantes noires diamantées de vingt pouces « Speedway », badge « Esprit Alpine », couleur « gris schiste satin » et toit « noir étoilé », sellerie « noir titane » avec surpiqûres « bleu Alpine », couture tricolore sur le volant, liseré bleu sur les ceintures, parements bleus, moquette bleue. Les sièges avant électriques sont de série, le grand écran central est bien positionné même si l’avancée utilisée pour mettre le téléphone en charge est un peu gênant pour la jambe droite du conducteur. Le tableau de bord propose différentes vues dont une très pratique qui permet d’afficher la navigation, y compris, ce qui est rare, la navigation issue de votre portable.
Les équipements disponibles sont classiques mais le Scénic possède deux équipements distinctifs, le toit en verre panoramique opacifiant « Solarbay® » et le très pratique « Smart Armrest » à l’arrière qui est un accoudoir central modulable. Les spécifications techniques sont plus que suffisantes pour le quotidien avec un moteur de 220 chevaux, une plateforme 400 volts, une autonomie WLTP de 600 kilomètres et une batterie de 87 kWh, c’est sûr qu’on est donc plus dans l’esprit Alpine que dans une ALPINE, mais ce n’est pas ça qui nous intéresse pour notre voyage.
En route
Comme je vous l’ai dit, j’y suis allé au talent. Départ vers dix heures du matin avec 80% de charge et direction l’autoroute. Les conditions de route étaient fluides, étonnant pour un week-end de départ en vacances, régulateur adaptatif calé à 124 km/h en mode confort, la climatisation activée, la radio et deux téléphones en charge. Premier arrêt prévu, l’aire du Chien Blanc sur l’A6 après deux heures et demie de route. Arrivé sur l’aire avec un peu plus de 20% de charge au bout de 250 kilomètres, il est clair que l’autonomie WLTP est un peu galvaudée lorsque l’on fait de l’autoroute. Il faut donc partir sur une autonomie divisée par deux à partir du moment où il n’y a pas de rechargement dû à la régénération.
La recharge sur autoroute
Donc en arrivant, il était nécessaire de recharger aussi bien le véhicule que le conducteur. Pour le conducteur, c’était simple, il suffisait de passer à table mais pour le véhicule il n’y avait qu’une borne 50 kWh libre, et là, petite frayeur avec un temps de charge proche des deux heures. Mais, coup de chance, juste après m’être branché, une borne 150 kWh se libérait ! Temps de charge, trente-cinq minutes, juste le temps de manger tranquillement et il était déjà l’heure de repartir avec un peu plus de 80 % de batterie. Bon je n’allais pas reprendre le même risque et j’ai donc utilisé le planificateur de Google intégré au véhicule. Et je ne l’ai pas écouté. La pause suivante a été due à un besoin naturel plus tôt que prévu, sur une simple aire de repos. Et là quelle n’a pas été ma surprise de tomber sur des chargeurs 200 et 400 kWh disponibles. Il me restait un peu plus de 30% de batterie et donc en profitant d’un petit café et d’une pause de moins d’une demi-heure, j’ai pu repartir avec plus de 80% de batterie. Inespéré.
A ce moment-là, pas simple de se dire que l’on va être obligé de refaire une troisième pause longue. Je me suis donc décidé à regarder la proposition que me faisait l’assistant Google pour le reste du trajet. Pour lui, une nouvelle pause plus courte au péage de Lançon de Provence permettrait d’arriver avec près de 40 % de charge ou, sans aucune pause, d’arriver à destination avec 10 % de charge. Banco et arrivé comme prévu avec 9 %. Au final, 825 kilomètres, deux rechargements, un peu plus d’une heure d’arrêt, un peu de circulation à Lyon et une arrivée sans encombre dans la région toulonnaise. Finalement, j’ai bien fait de ne rien préparer mais j’ai peut-être eu beaucoup de chance.
La recharge à domicile
Puis, cerise sur le gâteau, je me suis dit que je n’allais quand même pas chercher un chargeur alors que j’avais une prise 220 volts disponible et du temps devant moi. J’ai donc décidé d’effectuer ma recharge sur une prise de courant normal. Soyons clair, ça se fait mais il ne faut pas avoir besoin de votre véhicule rapidement. Après presque quarante-huit heures de charge, notre Scénic était chargé à cent pour cent et prêt à en découdre mais, ce coup-ci, sur son terrain de jeu favori, la ville. Avec une consommation autour des 17 kWh/100 km, cela m’a permis de rayonner tranquillement sur plus de quatre-vingt kilomètres en ayant toujours plus de 80 % de charge. On était loin de la consommation autoroutière.
Allez, on rentre
Ce n’est pas tout ça mais il faut penser à rentrer au bout d’un moment. Direction Gap par l’autoroute pour une pause avant d’aller tester ensuite les routes de montagne. Arrivé à Gap avec un peu plus de 30 % de charge, je me suis dit que j’allais charger ma batterie pendant que je ferai quelques courses. Autant le chargement sur autoroute est d’une facilité déconcertante puisqu’il suffit de suivre les indications présentes sur les bornes et d’utiliser sa carte bleue, autant pour les chargeurs plus anciens, le rechargement n’est pas aussi simple car toutes les bornes ne sont pas équipées du paiement par carte bancaire. Ainsi sur les huit bornes disponibles sur le parking du supermarché, seules deux étaient équipées du paiement par carte. Après avoir trouvé la bonne borne, j’ai donc pu mettre ma RENAULT en charge sur une borne 120 kWh à côté de sa petite sœur, la R5. A mon retour, le chargement était proche des 85 %.
Routes de montagne
Avant de reprendre réellement la route, j’ai fait une petite pause afin de faire quelques photos pour vous montrer la beauté du centre d’oxygénation de Gap Bayard, puis direction Grenoble avec de la petite route de montagne, des grandes montées très gloutonnes en énergie mais également de grandes descentes qui permettent une forte récupération en conduisant en One Pedal. La consommation moyenne sur cette centaine de kilomètre a été de 11,9 kWh/100, ce qui est une valeur très faible. Le plus étonnant est qu’en ayant parcouru près de cent kilomètres, on avait gagné de l’autonomie.
Circulation dense
Ensuite, direction le contournement de Lyon puis la remontée vers Beaune. Comme c’est un retour de vacances, la circulation est dense. Qui dit circulation dense, dit beaucoup de monde sur les aires et donc longue attente pour le rechargement. Eh bien non, j’ai utilisé l’application Chargemap pour trouver une borne au plus près d’une sortie d’autoroute. Aucun problème pour en trouver une , le problème est plutôt la difficulté de recharger car beaucoup de bornes n’ont pas de paiement par carte bancaire comme précédemment au supermarché. Mais j’ai pu trouver une borne chez ENI. Quelques problèmes avec le paiement mais le service après-vente basé à Rome a été d’une efficacité remarquable. Après une recharge sur une borne de 100 kWh, qui a duré presque quarante minutes pour passer de 39 à 84 %, le reste du voyage s’est fait sans encombre même s’il y avait une circulation dense et ainsi une vitesse régulée à 110 km/h. L’arrivée s’est faite avec 9 % au compteur et donc notre trajet de près de 650 kilomètres a pu être réalisé avec une seule recharge de 45 %.
Le RENAULT Scénic
RENAULT Scénic e-Tech électrique
Pour finir, j’ajoute quelques mots sur notre Scénic. Après trente ans, la voiture européenne de l’année 1997 a su totalement se réinventer : de monospace iconique des années 90 à SUV électrique, l’évolution a été impressionnante. Confortable, agréable à conduire, esthétiquement réussie, les quasi deux mille kilomètres réalisés à son volant furent très agréables et m’ont rappelé le slogan de l’époque : RENAULT, des voitures à vivre. Il ne reste plus qu’à passer à une plateforme 800 V afin d’accélérer le rechargement et ainsi améliorer encore le confort du voyage.
Comme vous l’aurez facilement compris, ce grand voyage inconscient en Scénic électrique a été une très bonne expérience. Même sans préparation, il est dorénavant possible de faire de grands trajets sans prendre le risque de tomber en panne ou de ne pas trouver de bornes de recharge. Le Scénic a été de très bonne compagnie et le voyage fut très confortable et très agréable. Si vous ne voulez pas faire comme moi et que vous avez envie de voyager de manière plus sereine, de nombreuses applications peuvent vous accompagner en plus du planificateur Google. Il y a également divers moyens de rechargement dont des cartes d’abonnement qui vous simplifieront la recharge. Voyager en électrique n’a donc plus rien de sorcier et il vous suffira juste de vous adapter à ce nouveau mode de déplacement pour pouvoir profiter des prix concurrentiels du rechargement électrique. Et surtout, n’oubliez pas que sur autoroute, il y a une « légère » différence entre l’autonomie WLTP et l’autonomie réelle, pour être clair, on divise par deux !
Michel SANTONI (03/05/2026)