Il y a des voitures qui passent inaperçues. La nouvelle PEUGEOT 408 restylée, elle, a plutôt tendance à faire tourner les têtes et, cerise sur le capot, à changer carrément de teinte selon l’angle sous lequel on la regarde. De quoi transformer un banal parking de supermarché en vernissage d’art contemporain. Mais la couleur ne fait pas tout et après avoir été ébloui par son plumage, c’est son ramage qui va nous intéresser.
C’est green, green, green !
La 408 restylée inaugure une teinte de lancement baptisée « Flare Green » (ou « Vert Fascinant »), une couleur qui révèle des nuances spectaculaires selon la lumière. Concrètement, la carrosserie passe du vert profond à des reflets presque dorés selon l’ensoleillement. Une teinte à humeurs changeantes, un peu comme un caméléon qui aurait décidé de sortir en soirée plutôt que de se fondre dans le décor. Autre nouveauté qui ne passe pas inaperçue : la 408 devient la première PEUGEOT à arborer un lettrage « PEUGEOT » entièrement illuminé à l’arrière, épaulé à l’avant par un blason lumineux et la signature à trois griffes redessinée. Bref, la belle ne se contente plus d’exister : elle s’annonce de jour comme de nuit.
Il est clair que ce restylage n’a pas pour ambition de tout révolutionner : le constructeur sochalien affine plutôt qu’il ne transforme, avec une calandre plus graphique et des ailes élargies qui assoient bien la voiture sur ses grandes jantes. Le résultat continue de diviser sur le papier, trop basse pour les amateurs de SUV, trop haute pour les puristes de la berline, mais impose clairement son style sur le bitume. Un vrai tempérament de lion qui refuse d’entrer dans une case, ce qui colle plutôt bien à l’emblème de la marque.
Cœur de lion
Sous le capot de la version GT testée ici, un moteur essence 1.6 PureTech de 180 chevaux épaule un bloc électrique de 125 chevaux via une nouvelle boîte double embrayage e-DCS7. Verdict cumulé : 240 chevaux et une autonomie 100 % électrique grimpant jusqu’à 85 kilomètres grâce à une batterie de 14,6 kWh, de quoi faire l’essentiel de la semaine sans jamais réveiller le thermique, à condition de ne pas oublier de la recharger, bien évidemment. Il ne faut d’ailleurs par oublier que l’européen moyen ne fait pas plus de 200 kilomètres par semaine. Côté consommation, PEUGEOT annonce entre 2,6 et 2,9 l/100 km en cycle mixte WLTP, un chiffre à prendre avec le recul habituel réservé aux hybrides rechargeables, mais qui a au moins le mérite de faire fondre le malus écologique plus vite que le budget carburant. Durant cet essai, nous avons tourné aux alentours des 2,5 l/100 km à partir du moment où nous avions vidé la batterie mais la plupart du temps notre lionne a roulé à l’électricité.
La gamme s’articule toujours autour de trois finitions : Allure, GT et GT Exclusive. Le prix de la version Plug-in Hybrid 240 chevaux débute à 44.800 € (finition Allure) hors bonus-malus. À 47.950 €, la 408 GT croise directement la route de la TOYOTA Prius rechargeable, dont les finitions hautes évoluent dans la même fourchette, aux alentours de 50.000 €. Le match avec la RENAULT Rafale est en revanche à nuancer selon la motorisation choisie : la version hybride simple de 200 chevaux, non rechargeable, reste très proche en prix, autour de 46.500 à 47.000 €, mais la véritable rivale technologique, la Rafale hybride rechargeable de 300 chevaux en 4×4 démarre nettement plus haut, aux environs de 54.000 €. Autrement dit, la 408 GT PHEV 240 se positionne un cran en dessous de cette dernière tout en offrant une puissance et une autonomie électrique qui n’ont pas à rougir de la comparaison. Seul vrai point noir : le chargeur embarqué de 3,7 kW proposé de série, est un peu juste pour une voiture commercialisée en 2026, la version 7,4 kW restant reléguée aux options sauf sur la GT Exclusive, où elle est enfin incluse. Et attention aux fausses joies : comme toutes les hybrides rechargeables de ce type, la 408 ne dispose que d’une prise de recharge en courant alternatif. Autrement dit, même en tombant sur l’une de ces impressionnantes bornes rapides en courant continu qui promettent des recharges éclair, impossible d’y brancher la belle puisque sa prise ne le permet tout simplement pas. Il faudra donc se contenter d’une Wall Box ou d’une prise domestique, et prendre son mal en patience. Ceci dit, si vous recharger chez vous, ce sera le cadet de vos soucis.
Comportement félin
Sur la route, c’est peut-être là que la 408 GT convainc le plus. Malgré les kilos supplémentaires liés à la batterie, le comportement dynamique reste fidèle à l’ADN PEUGEOT : train avant incisif, roulis quasiment inexistant malgré une garde au sol relevée, et petit volant de l’i-Cockpit qui renforce la sensation de piloter une vraie berline sportive, ou plutôt un kart, mais pas celle de conduire un SUV surélevé. Autre motif de satisfaction : la transition entre freinage régénératif et freinage mécanique, longtemps talon d’Achille des hybrides rechargeables du groupe, est enfin devenue imperceptible. Ajoutez une insonorisation qualifiée de bluffante, même à 130 km/h, et vous obtenez un véritable cocon roulant.
Le plaisir de conduire, justement, n’est pas un vain mot sur cette version 240 chevaux. Trois modes sont proposés au conducteur : Électrique, Hybride et Sport. Le premier privilégie le silence et l’économie, bridé à 135 km/h pour préserver l’autonomie de la batterie. Le mode Sport, lui, combine la puissance des deux moteurs pour des reprises franches et une accélération qui abat le 0 à 100 km/h en un peu plus de sept secondes, contre plus de huit secondes sans sollicitation particulière, largement suffisant pour négocier un dépassement ou s’amuser sur une route de montagne sans jamais donner l’impression de forcer. La direction, précise et bien calibrée, permet d’inscrire la voiture en courbe avec une facilité déconcertante compte tenu du gabarit, et la vitesse maximale de 233 km/h en mode hybride rappelle que cette 408 n’a pas seulement des arguments esthétiques à faire valoir mais peut rivaliser avec ses rivales sur les autoroutes allemandes.
Cocon sochalien
Le confort général mérite d’ailleurs qu’on s’y attarde. Les suspensions filtrent correctement les irrégularités de la chaussée, même si les grandes roues de vingt pouces, en option sur notre modèle, amoindrissent légèrement le moelleux sur les revêtements dégradés, la rançon du style en quelque sorte. Les nouvelles butées hydrauliques absorbent les petits chocs avec une douceur surprenante compte tenu du tempérament plutôt ferme qu’on prête d’ordinaire à la maison française. En usage urbain et périurbain, l’ensemble se montre particulièrement apaisant, la position de conduite basse et enveloppante participant à cette sensation de cocon. Seul bémol persistant : l’insonorisation, très correcte en ville, reste perfectible sur voie rapide, où quelques bruits d’air se rappellent au bon souvenir des occupants.
Côté habitacle, la finition GT profite d’une sellerie en tissu particulièrement soignée et de nouveaux matériaux qui renforcent la qualité perçue. On apprécie aussi l’éclairage d’ambiance personnalisable et les jolies garnitures façon Alcantara qui habillent la planche de bord. Mais le confort a ses limites, et la GT rappelle vite qu’elle n’est pas tout à fait la finition suprême : le volant chauffant, pourtant si agréable dès les premiers frimas, reste réservé à la GT Exclusive, tout comme les sièges chauffants et massants à réglage électrique. Sauf bien sûr si vous prenez en option un intérieur Executive. Sur une voiture positionnée comme statutaire et facturée plus de 40.000 €, ce choix a de quoi laisser un goût d’inachevé : on se retrouve avec de très beaux sièges en tissu, agréables à l’œil et bien dessinés, mais qui vous laissent les fesses au frais tant que l’hiver n’a pas cédé sa place au printemps. Un comble pour une voiture qui sait pourtant si bien se réchauffer côté carrosserie, avec sa peinture qui change de couleur selon la lumière.
À l’arrière, l’empattement de 2,79 mètres offre un espace aux jambes digne d’une petite limousine à condition de ne pas dépasser 1,85 mètre sous peine de saluer le pavillon d’un peu trop près.
Question équipements, la finition GT ne fait pas non plus de misère côté technologie. Elle embarque de série les projecteurs Full LED matriciels, l’accès et le hayon mains libres, la navigation 3D connectée avec CarPlay et Android Auto sans fil, ainsi qu’un pack d’aides à la conduite de niveau 2 incluant le régulateur adaptatif et le maintien dans la voie. La planche de bord conserve ses trois écrans caractéristiques, dont les fameux i-Toggles virtuels et personnalisables qui permettent d’organiser ses raccourcis favoris sans replonger sans cesse dans les menus. On regrette simplement l’absence, sur cette finition, du système audio Focal et du combiné numérique à effet 3D, tous deux réservés à la GT Exclusive, la belle a beau être bien née, elle laisse toujours filer un peu de rêve pour l’étage du dessus. Pour notre essai, ces équipements optionnels étaient présents et, je peux vous le dire, ils apportent un véritable plus au niveau de l’expérience conducteur.
Au final, ce qui ressort de tout cela tient en un mot : statutaire. Avec sa peinture qui change d’humeur selon la lumière, son lettrage lumineux inédit, son tempérament dynamique préservé et son confort globalement soigné, la 408 Plug-in Hybrid 240 chevaux ne cherche plus à se faire discrète dans le trafic. Reste, comme souvent chez les hybrides rechargeables, la question de la recharge embarquée encore un peu chiche de série, celle du prix qui grimpe vite une fois les options cochées qui auraient pourtant eu toute leur place sur une finition GT. Mais pour qui cherche une voiture de caractère, capable de tenir tête à ses rivales sur une route sinueuse tout en assurant le spectacle sur un parking, la 408 GT PHEV 240 coche l’essentiel des cases et sait, littéralement, se mettre en couleur pour le faire savoir.
Michel SANTONI (4 juillet 2026)