Dans le paysage des voitures de collection, certaines autos font l’unanimité pour leur élégance intemporelle. C’est le cas du coupé Karmann Ghia, né de l’union entre VOLKSWAGEN, le carrossier allemand Karmann, et le styliste italien Ghia. Apparue en 1955, la ligne pure et galbée de cette VW séduit encore aujourd’hui les amateurs de voitures anciennes. La version essayée ici date de 1970, millésime charnière : elle adopte les spécificités du marché nord-américain, avec des pare-chocs chromés (mais pas encore les gros pare-chocs carrés moins gracieux), des feux plus imposants et des clignotants avancés. Sous le capot arrière, un 1.600 cm³ flat-four refroidi par air (le légendaire « aircooled ») donne la réplique, dans une ambiance résolument vintage.
Une ligne sculptée à la main
Dès le premier regard, le Karmann Ghia flatte la rétine. Bien plus élégante que sa sœur Coccinelle, dont elle partage pourtant la base technique, la carrosserie dessinée par Ghia puis façonnée chez Karmann à Osnabrück évoque les créations italiennes de l’époque. Long capot plongeant, ailes galbées, chromes généreux, ligne de toit fuyante : ce coupé biplace est un vrai manifeste de style. En 1970, le design évolue légèrement : les feux avant sont surélevés, les petits clignotants ronds sur la face avant s’agrandissent et migrent en bas des flancs des ailes avant, les feux arrière s’agrandissent. Côté finitions, la peinture bi-ton noir et blanc de notre modèle d’essai souligne encore ses formes sensuelles.
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Un moteur plus vaillant que prévu
Sous le capot moteur, on retrouve le mythique quatre cylindres à plat de VOLKSWAGEN, ici dans sa version 1.584 cm³ (1.600 cc). Avec ses 54 chevaux SAE (environ 50 DIN), il n’a rien d’un foudre de guerre, mais il anime avec entrain les 850 kilogrammes du coupé. Souple, volontaire et étonnamment musical, ce moteur accepte de cruiser à 110 km/h sans faiblir. La boîte manuelle à quatre rapports, ferme mais précise, participe à cette expérience de conduite à l’ancienne, tout comme les pédales suspendues et la direction non assistée. L’équilibre est bon, malgré le train avant léger typique des propulsions VW. Freinage à disques à l’avant, tambours à l’arrière, le tout sans assistance : comme pour toute ancienne qui se respecte, il faut anticiper, mais le charme opère.
Confort vintage et charme intact
À bord, ambiance « seventies » garantie : volant fin, tableau de bord recouvert d’un vinyle imitation bois (qui fissure toujours avec l’âge), compteurs ronds et sièges en vinyle noir accueillent le conducteur dans un cocon sobre et minimaliste. Pas de direction assistée, pas de clim, encore moins d’électronique ; mais une vraie sensation de conduite, une proximité avec la mécanique, et ce parfum unique d’essence chaude et de cuir vieilli. En 1970, le modèle US ajoute des appuis-tête et des rappels de clignotants latéraux.
L’habitacle reste inégal : à l’avant, les passagers bénéficient – comme dans les Coccinelle – d’un vrai espace pour les jambes, mais dans une position plus allongée que dans sa cousine populaire. À l’arrière en revanche, les sièges sont clairement destinés à des gabarits menus, voire à des enfants, un schéma que l’on retrouve également dans les PORSCHE 912 et 911. Mais la bonne surprise vient du coffre additionnel, dissimulé derrière le dossier de la banquette arrière. En conduite à deux, celle-ci peut basculer pour libérer un espace intérieur généreux, idéal pour une belle malle vintage et un panier à pique-nique d’époque.
Pour le plaisir… pas pour la performance
La Karmann Ghia n’est pas une voiture rapide. Mais c’est une voiture attachante. Sa tenue de route saine, sa sonorité typique du mythique « flat4 aircooled », ses lignes voluptueuses et sa mécanique simple en font un excellent choix pour qui veut découvrir l’univers de la voiture ancienne sans stress. Facile à entretenir, dotée d’une excellente communauté de passionnés et d’un fort potentiel de valorisation, elle offre une alternative plus glamour et plus Premium à la Coccinelle classique. En 2025, un bel exemplaire en état d’origine se négocie autour de 18.000 à 25.000 €, selon la finition et les options (boîte semi-auto, sellerie spécifique, jantes d’époque, etc.). Les modèles pré-69 ou autres cabriolets se négocient dans une tranche supérieure (de 25.000 à 30.000 €).
Grégory PREVAULT (15/11/2025)