L’arrivée des versions électriques chez tous les constructeurs bouleversent les « vieilles logiques » d’appellation qui sont pourtant tenaces. AUDI n’échappe pas à la règle et a donc décidé d’affecter aux numéros pairs de la gamme les versions électriques et aux numéros impairs les versions thermiques… A ce petit jeu, l’A4 Avant est donc naturellement supplantée par la toute nouvelle version break de l’AUDI A5. Il convient de préciser que cette nouvelle A5 est disponible dans plusieurs versions thermiques, dont une version Diesel (mais oui, MERCEDES et AUDI continuent de proposer des Diesel pour les gros rouleurs), trois versions essence (150, 204 et 367 chevaux pour la fameuse S5) et une prochaine version hybride essence, avec donc un peu d’électrique et de batterie à bord tout de même. Les finitions ont également été simplifiées avec trois niveaux désormais : Design, « Business Executive et S line. Les versions coupés ont disparu et ne demeurent donc que la berline et le break. Après ce tour d’horizon complet, place à notre essai de la version 204 chevaux break essence en finition S Line.
Une ligne toujours aussi séduisante et d’autant plus en break
Il est très clair que le marché des breaks a fortement souffert de la concurrence et du phénomène de mode des SUV, au point que certains constructeurs ont abandonné cette typologie de carrosserie (FORD et RENAULT par exemple). Toujours est-il qu’AUDI fait partie de ceux qui font de la résistance et décline toute la famille A5 en break, et nous ne pouvons que nous en réjouir au vu du résultat sur cette nouvelle version.
Comme elle remplace l’A4, l’A5 dispose de dimensions plus avantageuses avec sept centimètres de plus que l’A4 avant, mais elle conserve la silhouette générale qui a fait son succès. On note quand même deux différences majeures avec la calandre avant plus large, des feux plus fins et surtout un bandeau lumineux arrière qui reprend toute la largeur du véhicule. C’est très élégant et cela lui va à merveille. On ne change pas une équipe qui gagne, on l’améliore juste par quelques retouches subtiles car il faut bien avoir en tête que cette version break devrait représenter près de 70% des ventes.
Petite cerise sur le gâteau, AUDI qui avait déjà été l’instigateur de la signature visuelle des optiques avant il y a quelques années, propose désormais au propriétaire de customiser sa propre signature, ou tout du moins lui laisse le choix de paramétrer depuis le poste conducteur parmi plusieurs signatures qui s’affichent sur la grande dalle numérique.
Du changement à l’intérieur
Globalement ces dix dernières années, les lignes extérieures sur les best-sellers n’ont que peu progressé et en termes de design, hormis la mode néo-rétro type RENAULT 5, on reste sur les mêmes canons. A contrario, à l’intérieur, si vous prenez une AUDI A5 d’il y a dix ans et que vous la comparez à notre modèle d’essai, c’est véritablement une claque dans la figure que vous allez recevoir.
L’intérieur de l’A5 s’inspire du dernier Q6 e-tron et permet donc au conducteur de disposer d’un double écran OLED, comprenant un « virtual cockpit » de près de 12 pouces et un écran central de 14,5 pouces. Disponible également un affichage tête haute est proposé en option mais notre véhicule d’essai n’en disposait pas. En revanche, notre modèle disposait d’un troisième écran, en option, face au passager, de 10,9 pouces en longueur. Votre passager peut y connecter son propre téléphone indépendamment du vôtre et utiliser ses propres applications, mais aussi saisir l’adresse de votre destination dans le GPS plutôt que vous ne le fassiez vous-même en conduisant. Certes c’est un peu gadget mais cela ouvre certainement la voie de ce type d’équipement chez d’autres constructeurs.
L’ensemble du système d’info-divertissement est de qualité avec un temps de réponse très intéressant. Il convient cependant de remarquer que l’emploi des touches sensitives sur le volant ne renvoient pas la même sensation que nos bonnes vieilles touches analogiques, et parfois, on peut même se tromper si on n’appuie pas à l’exact endroit de la commande. Le bon équilibre n’a pas encore été trouvé à mon sens entre l’analogique pour certaines commandes, le sensitif pour d’autres ou le « full » digital à la mode TESLA.
Côté qualité, la perception globale est bonne et la finition toujours irréprochable avec un excellent ajustage qui ne souffre pas la critique. A l’inverse, certains matériaux sont un peu moins valorisants et on aurait préféré plus de matériaux moussés que certains plastiques durs qui les ont remplacés. Quand on voit le tarif proposé pour ce modèle qui situe ainsi l’A5 dans le haut du segment premium, on est en droit d’en attendre un peu plus de ce côté-là.
Un break pour quatre plutôt que pour cinq
Avec un empattement allongé, on était enclin à disposer d’une meilleure habitabilité. Au final, l’A5 se révèle être dans le bonne moyenne avec un espace aux jambes très correct, mais si les véhicules électriques nous ont mal habitués avec la disparition du tunnel central, cette version quattro en dispose et rend donc la place centrale arrière très étriquée et peu utilisable. L’A5 s’adresse donc plutôt à quatre passagers qu’à cinq.
Le coffre dispose d’un bon volume et la banquette arrière modulable 40-20-40 est très appréciable. La malle arrière dispose ainsi d’un volume allant de 448 à 1.396 dm3.
Le hayon électrique est bien entendu proposé pour faciliter les chargements.
Notre modèle n’en disposait pas, mais AUDI ne propose plus en option qu’un toit ouvrant panoramique opacifiant (tel que celui décrit récemment dans notre essai du RENAULT Rafale) ce qui pour moi est un recul en termes d’agrément et qui ne peut pas remplacer complètement le grand toit ouvrant coulissant fort adapté à ce type de carrosserie.
Notre véhicule d’essai disposait par ailleurs d’une option intéressante avec l’adoption d’un vitrage acoustique pour les glaces des portes avant et permettant de réduire les remontées sonores, en particulier celles provenant des rétroviseurs. Le résultat est très positif et ce silence de fonctionnement contribue également au confort des passagers.
Belle dynamique
Equipée du quatre cylindres essence développant 204 chevaux et un couple max de 340 Nm, le terrain de prédilection de notre A5 est sans nul doute, le joli parcours autoroutier à vive allure. Associé à une boîte de vitesses pilotée à double embrayage S tronic sept rapports, l’ensemble routier offre une douceur d’exécution pourrions-nous dire… Tout se fait dans la douceur et la raison, les accélérations sont franches mais pas démoniaques non plus, en raison en particulier d’un poids à vide de 1.840 kg pour notre modèle quattro. Ce poids nuit un peu à la consommation qui reste élevée pour un modèle quatre cylindres avoisinant les 9 l/100 km tout en adoptant une conduite somme toute standard.
Les plus exigeants devront se porter sur la version S5 disposant d’un six cylindres en V et portant la puissance à près de 367 chevaux et
l’arrivée de la version hybride essence permettra certainement d’augmenter l’agrément en ville tout en réduisant la consommation urbaine… A vérifier lors d’un prochain essai certainement.
L’A5 remplace avant(ageusement) sa devancière qu’était l’A4 : plus grande, plus élégante, plus habitable, toujours aussi confortable. Elle devrait rencontrer un beau succès auprès des fidèles de la marque car elle est dans la lignée des versions précédentes, fournissant aux heureux propriétaires un joli véhicule sécurisant avec ses quatre roues motrices et permettant de voyager dans un confort de haut niveau. Cette version S-Line est accessible à compter de 63.570 €. Notre version d’essai disposait déjà de plus de 10.000 € d’options, ce qui ne la met pas à la portée de toutes les bourses ! Si vous ajoutez le malus écologique associée à son rejet de CO2 et à son poids, la note s’alourdit encore de 9.646 €… ce qui commence à faire beaucoup. C’est aussi pour cela que nous attendons la prochaine version hybride rechargeable qui fera son apparition cette année et qui devrait permettre de proposer un véhicule encore plus agréable et à un coût d’achat et d’utilisation moindre. En tout état de cause, le maintien de la version break sur cette nouvelle version est globalement une bonne nouvelle pour les amateurs de ce type de carrosserie et qui souhaitent disposer d’une alternative au phénomène SUV.
Fabrice DUMAS (février 2025)