Après avoir pu prendre le volant de la dernière AUDI A6 Avant pour une belle prise de contact, c’est maintenant au tour des carrosseries Sportback, A6 et Q6, de se dévoiler pour une découverte du Pays Basque. Comme pour l’Avant, nous allons tester deux versions électriques e-tron, une A6 Sportback performance et une SQ6 Sportback quattro. Le fronton est ouvert, alors engagement.
Sportback is back
J’espère que vous me pardonnerez cette entrée en matière un peu facile mais je n’ai pas pu m’en empêcher. Si de nos jours, ce type de carrosserie est extrêmement courant et que toutes les marques en possèdent à leur catalogue, il ne faut pas oublier que c’est la marque allemande qui a introduit cette dénomination avec la petite A3 dès 2004, suivi par A5, A7 avant d’être appliquée aux SUV Q3 et Q5 et ensuite aux différents e-tron. Depuis ce moment-là, exit la dénomination « coupé » qui ne correspondait finalement plus à ces nouvelles carrosseries puisque, disponibles uniquement en cinq portes, alors que le coupé correspondait plus à un véhicule à deux ou trois portes. Ce que le coupé perdit en exotisme, le Sportback le gagnât en habitabilité et en praticité. Les carrosseries gardaient leur dynamisme mais l’accès à bord était facilité, même si parfois la garde au toit des places arrière est réduite.
Pour Q6 et A6, qui partagent la fameuse plateforme Premium Platform Electric, avec concept de plancher haut pour l’une et bas pour l’autre, les différences subtiles de l’habitacle ou des faces avant et arrière ne seront probablement pas un critère de choix, même si A6 est doté des anneaux arrière illuminés et de la seconde génération Digital OLED qui permet de personnaliser les feux arrière et pas Q6. Clairement, seul un expert pourra faire la différence entre les deux habitacles et les scènes numériques dans le cas de finition identiques. Sachant cela, c’est plutôt la philosophie de vie qui va avec qui va nous intéresser.
Freud si tu nous écoutes
Si vous vous reportez à ma précédente découverte d’A6 Avant, vous aurez une bonne vision de ce que peuvent nous proposer ces deux véhicules en termes d’équipements et de confort à bord. Les prestations sont quasi équivalentes pour les deux véhicules. Par exemple, « l’entertainment » est à un niveau de prestation au-delà de ce qui est fait habituellement dans le domaine avec un second écran MMI de 10,9 pouces permettant soit de suivre la route avec le conducteur, soit de préparer les arrêts en gérant le « roadbook » ou en faisant totalement bande à part en profitant des trois giga de data par mois, gratuits durant trois ans sur les différentes plateformes accessibles. Voire les trois à la fois.
C’est donc plutôt dans votre moi profond que vous allez trouver votre bonheur. En effet, le mix sera à faire entre la caisse basse (A6) ou haute (Q6), les différentes motorisations (e-tron, performance, quattro et S), les deux (e-tron et performance) ou quatre (quattro) roues motrices et les trois finitions (Design, S line et S). Le combo performance / S-Line est prévu pour être le plus vendu avec des tarifs d’entrée respectivement à 83.900 € et 84.060 € pour Q6 et A6 et des loyers en dessous des 1.000 € mensuels. Ce n’est pas non plus là-dessus que le choix va se faire. A noter cependant le fait que les versions A6 sont plus puissantes que Q6 en raison du positionnement plus haut de gamme d’A6.
L’être ou le paraître ?
Le paraître : c’est l’esthétique qui entre en ligne de compte. Dans tous les cas, A6 et Q6 ne boxent pas dans la même catégorie, Q6 est un milieu de gamme premium du segment B SUV et A6 est un haut de gamme premium du segment D. Malgré tout, AUDI a su assurer une continuité de lignes et, au fur et à mesure des années, perpétuer son image, c’est également le cas entre les différentes carrosseries comme les berlines, les Avant et les Sportback. Pour ma part, j’ai une vraie préférence pour les lignes basses de l’A6. Pour être honnête, je trouve que les SUV se ressemblent de plus en plus et que les lignes de Sportback se prêtent bien à une belle berline telle qu’A6. Avec sa ligne effilée, je trouve que la calandre pleine est moins perturbante et la livrée noire lui donne une belle prestance. C’est clairement vers elle que va se tourner ma préférence.
L’être : c’est le cœur de la bête. Dans notre cas, il y a une vraie différence entre A6 performance et SQ6. Ce n’est pas la batterie qui va les différencier car elles sont toutes les deux équipées d’une batterie de 100 kWh avec une architecture 800 V, seules les e-tron possèdent une batterie plus petite avec 83 kWh. En revanche, la puissance est en faveur de la SQ6 qui, avec ses deux moteurs et sa puissance cumulée de 489 chevaux (503 pour S6), possède 122 chevaux de plus. Le poids et la hauteur, en revanche, est en faveur d’A6. Plus agile, mieux collée au sol et avec une inertie au freinage moindre, surtout avec la suspension pilotée qui permet de gommer les aspérités de la route, A6 est plus efficace et plus agréable sur les petites routes. Sur autoroute, les deux sont tout simplement relaxantes.
Alors laquelle ?
C’est la position des batteries et donc le type de la plateforme qui va avoir pour moi le plus gros impact. Soit vous voulez un SUV qui permettra de profiter d’un accès aux trottoirs des villes ou d’aller faire un tour dans la campagne et évidemment il n’y a pas photo, soit vous avez la volonté de retrouver l’ancien monde et sa ligne basse et dans ces cas-là, banco pour l’A6. Bon, vous l’aurez compris de mon côté, je suis plutôt ancien monde et j’ai donc un gros faible, et c’est un euphémisme, pour A6 Sportback, au point même qu’elle pourrait supplanter l’Avant dans mon cœur.
Si en plus on ajoute l’efficience supérieure de l’A6 avec une consommation plus faible de l’ordre de 3 à 5 kWh, une autonomie qui peut alors passer à près de 750 kilomètres avec tous les équipements qui optimisent de près de 50 kilomètres l’autonomie totale, une capacité de tractage de deux tonnes, un temps de chargement optimisé qui permet de récupérer 310 kilomètres en dix minutes et … Mon choix est fait.
Est-ce que je suis le plus impartial sur cet essai ? Je ne crois pas. Les « 6 » sont fantastiques mais en tout cas, mon choix est fait, je n’irai pas par quatre chemins. Reste maintenant à tester tout ça sur un essai long et par chance, ce sera l’objet d’un prochain article.
Michel SANTONI (6 juillet 2025)