Dans le segment premium, les marques allemandes se partagent le gâteau depuis de nombreuses années. Même si avec la révolution électrique leur supériorité est de plus en plus remise en question, en particulier par les nouveaux arrivants chinois ou certaines marques américaines dont on ne doit pas prononcer le nom, elles n’entendent pas se laisser faire. Ainsi AUDI, fort de son expérience, tente de rebattre les cartes avec la nouvelle A6. Avec l’Avant e-tron, 100% électrique, la marque aux anneaux nous propose un break moderne, dynamique et sur-vitaminé, loin des SUV tellement en vogue actuellement. C’est sur les routes du Var que nous allons le découvrir.
Premier contact
Tout d’abord une première précision, l’A6, en plus de cette version 100% électrique, aura droit à des déclinaisons hybride et thermique. Ainsi, après quelques changements de philosophie sur la désignation de ses modèles, la firme allemande a décidé de clarifier tout cela. Finis les nombres pairs pour les véhicules électriques, les 45, 55 et autres multiples de cinq pour les puissances, la simplification de la gamme des décline désormais en deux étapes :
1. Simplification de l’offre :
Finitions | Motorisations | Équipements : exemple avec la finition S-Line en version Performance,
2. Nouvelle nomenclature :
Modèle | Silhouette | Energie : exemple avec l’A6 | Avant | e-tron.
Tout cela devrait simplifier la vie des clients.
Fidèle aux breaks depuis de nombreuses années, je suis vraiment dans mon élément avec cette Avant. Présente depuis trente ans sur le marché avec la première génération C4 sortie en 1994, près de sept millions d’AUDI A6 sillonnent les routes. Son esthétique globale a gentiment évolué au fur et à mesure des cinq générations précédentes et cette sixième génération reste dans la même veine, la révolution dans la continuité. Esthétiquement, les lignes sont plus tendues, la face avant a abandonné la calandre ajourée pour une calandre pleine, électrique oblige, qui je l’avoue est un des éléments esthétiques le plus discutable selon moi, mais tout est affaire de goût et d’efficience. La vue arrière est, selon moi encore, la plus désirable. La ligne plongeante, la faible hauteur de caisse, les vitres effilées, l’arrière puissant, le logo illuminé, tout concoure à donner une allure dynamique et sportive à notre break, loin des utilitaires aménagés d’une certaine époque.
Afin de repenser le segment D des grandes routières, la marque d’Ingolstadt a développé une nouvelle plateforme dénommée PPE pour Premium Plateform Electric, partagée avec PORSCHE, qui peut proposer à la fois un concept de plancher haut, utilisé pour le Q6 e-tron et le Macan et de plancher bas pour cette A6. Pour optimiser la consommation et améliorer l’efficience, de nombreux éléments ont été travaillés pour gagner jusqu’à 65 kilomètres d’autonomie : la carrosserie et ses appendices aérodynamiques, le dessous de caisse plat, les jantes et les pneumatiques, le refroidissement dynamique, le profil des rétroviseurs virtuels (en option) et la suspension adaptative. L’autonomie maximale peut ainsi être portée à 713 kilomètres sur une A6 Avant e-tron Performance Design (contre 642 pour la S6), soit une consommation mixte WLTP de 16 kWh/100 (contre 17 pour la S6).
Autant vous dire que je ne suis pas près de les atteindre quand on sait que la S6, avec son double moteur, sa monte pneumatique différente à l’avant et à l‘arrière et sa suspension adaptative peut atteindre le cent kilomètre par heure en 3,9 secondes. Sa plateforme et son châssis ont été conçus pour une conduite performante et efficiente comme le dit si bien la marque allemande. Alors étant donné notre road-book et les routes sinueuses qui nous attendent, je vais être plus partant de la conduite plaisir que de l’efficience à tout prix. Allez, en route.
Toujours par paire, ils vont
Citer maître Yoda dans un articles peut être étonnant mais c’est la réalité de cette excursion varoise. Plusieurs modèles A6 Performance et S6 étaient à notre disposition. Il a donc été possible de passer de l’un à l’autre pour pouvoir se faire une opinion objective des qualités de chacun, du maître et de l’apprenti. Il est à noter que les versions Performance étaient des versions S-Line, mieux équipées que l’entrée de gamme en finition Design. J’ai donc jeté mon dévolu sur deux modèles distincts : une S6 Avant e-tron Bleu Plasma Métallisé et une A6 Avant e-tron Performance S-Line Bleu Malpelo Métallisé, chacune possédant plus de quinze mille euros d’options, dont les rétroviseurs extérieurs virtuels. Je vais m’y attarder quelques secondes car ils ne m’ont pas complètement convaincu. Bien que l’écran de cette seconde génération soit positionné plus haut sur la portière, je trouve que s’y adapter n’est pas aisé et en particulier en cas de manœuvre car la perception des distances est faussée. De plus, aimant bien conduire avec le bras sur la portière, je me suis retrouvé plus d’une fois avec la main devant l’écran. Un autre élément m’a interpellé, probablement lié à un point ergonomique ou réglementaire, est qu’il n’y a pas de poignée de maintien au niveau du pavillon, ce qui est un vrai manque, même s’il y a des poignées de portière. Et, point qui a son importance pour des possesseurs de breaks, un coffre à peine au-dessus des cinq cents litres, ce qui reste faible dans cette catégorie.
Si on compare les deux versions, la différence de puissance est notable en particulier au niveau des accélérations. La S6 étant doté de la transmission quattro, le passage au sol de la puissance est donc optimisé. Cette transmission/motorisation sera d’ailleurs bientôt disponible indépendamment de la version S6. La tenue de route, très agréable dans les deux cas se différencie par la présence ou non de la suspension adaptative. Celle-ci permet une meilleure efficience en réduisant la garde au sol et une meilleure absorption des défauts de la chaussée mais son absence ne sera pas un frein au confort ou à la tenue de route dans des conditions d’utilisation normales. Dans tous les cas, au quotidien, la différence entre les deux modèles reste anecdotique, opinion que ne partageront pas nos amis allemands et leurs autoroutes ouvertes.
Dans les deux configurations essayées, les équipements n’étaient pas en reste et il faut regarder de près pour voir les différences. La plus grosse option disponible sur les deux versions était le Pack MMI Experience Pro à plus de quatre mille euros qui ravira les plus connectés d’entre vous. Sinon, les revêtements de sièges et les finitions intérieures concentraient les plus grosses différences. Ce qui est notable dans les deux cas, c’est le plaisir de conduire et le confort général quelles que soient les conditions car, bien que nous ayons sillonné les routes varoises, le temps était plus proche de celui de la saison des pluies à Kourou.
Electric power
C’est au niveau électrique que le nouveau vaisseau amiral d’AUDI va tirer son épingle du jeu. Fort des dernières technologies de moteur et de batterie avec sa plateforme de 800 V, la capacité de recharge, à la fois en termes de puissance disponible sur un long palier pour une recharge rapide mais également en rapidité va faire la différence. En effet lors d’une recharge sur une borne Electra, la puissance de charge était largement supérieure à 200 kW en régime stabilisé et a permis d’atteindre 80% de charge en moins d’un quart d’heure. A peine le temps de se rafraîchir et de boire un café. De plus, le logiciel de bord permet de bien planifier son trajet en tenant compte des différentes bornes, des temps passés à l’arrêt et des demandes du conducteur sur les différents niveaux de charges. Un vrai soulagement pour les conducteurs anxieux. Et je ne suis pas le dernier.
J’ai été conquis par cette Avant et je ne regrette pas cette expérience qui m’a permis de me réconcilier avec l’électrique, non pas au niveau de la puissance et de la disponibilité moteur car là, il n’y avait aucun doute, mais plutôt vis-à-vis des temps de charge et de l’autonomie. Car même si je pensais largement dépasser les consommations annoncées, j’étais finalement aux alentours des 20/22 kWh/100km, ce qui est vraiment raisonnable pour un véhicule de cette catégorie, permettant une autonomie de presque cinq cents kilomètres. Au final, ma préférence va clairement à la version Performance, plus économe et plus équilibrée même si la S6 reste une voiture fantastique mais qui restera finalement peu exploitée sur nos routes. J’ai hâte de retrouver cette Avant pour un essai de longue durée afin de rentrer un peu plus dans les détails de son interface et de pouvoir ainsi optimiser un trajet longue distance.
Michel SANTONI (mars 2025)