Il est fréquent de voir les deux mondes du thermique et de l’électrique s’opposer avec des avis très tranchés pour l’une ou pour l’autre des solutions. Si le thermique semble vouer à terme à l’extinction (quoique 2035 semble devoir reculer un peu), l’électrique n’a pas encore fini de convaincre et de trouver son public. Dans ce contexte, les modèles hybrides remportent donc un succès auprès d’une clientèle qui n’a pas encore définitivement choisi son camp. Et MITSUBISHI peut être considéré comme un pionnier en matière d’hybridation avec l’Outlander de troisième génération qui a apporté sur le marché l’hybridation PHEV (on vous explique tout plus bas) et qui a rencontré un joli succès avec plus de 200.000 exemplaires vendus en France.
Une quatrième génération
La nouvelle génération doit donc désormais prendre un relais pas si facile dans un marché qui s’est largement étoffé et face à une concurrence acerbe et bien armée pour se défendre.
C’est dans sa version haut de gamme que nous avons eu le loisir de parcourir plus de 2.000 kilomètres. Cet essai longue distance nous a permis de nous faire une excellente idée des qualités et des défauts de ce SUV qui s’attaque aux stars du moment comme le TOYOTA Rav-4 ou le VOLKSWAGEN Tiguan.
Une ligne (enfin) originale
Difficile aujourd’hui au premier coup d’œil de distinguer la marque d’un véhicule surtout lorsqu’il s’agit d’un SUV tant les modèles ont tendance à se ressembler. A ce petit jeu, l’Outlander fait office d’ovni avec sa face reconnaissable entre mille. Effectivement, son design moderne et puissant se distingue par l’adoption de la calandre « Dynamic Shield » imposante (signature maison du constructeur nippon ces dernières années) et par des optiques LED sophistiquées permettant une vision nocturne de premier plan.
Cette calandre très marquante se marie bien avec le côté « costaud » de l’ensemble aux dimensions généreuses (4,72 mètres de long) et qui dégage ainsi une belle allure, surtout dans cette élégante teinte bleu marine qui ornait notre véhicule d’essai.
La ligne arrière est plus commune et fait penser davantage à une célèbre marque bavaroise en guise de design. Elle tranche avec la face avant par son côté plus fin et ses feux élancés.
L’ensemble est ainsi plutôt bien proportionné et plaisant à l’œil.
Un intérieur soigné
Dans cette finition « Instyle + », le conducteur et ses occupants sont plutôt gâtés et bien accueillis. On note tout d’abord un bel intérieur cuir marron qui se marie à merveille à l’œil avec la couleur sombre extérieure.
L’habitabilité est bonne et les passagers arrière disposent d’une habitabilité très correcte. Seul le coffre, pénalisé par les batteries situées sous le plancher, est un peu en reste et en retrait par rapport à la concurrence (« seulement 467 litres »). On dispose quand même d’un petit compartiment sous le plancher permettant de ranger proprement les câbles de recharge électrique.
Les matériaux employés sont d’excellente facture que ce soit les mousses de la casquette ou le cuir surpiqué du tableau de bord du plus bel effet. L’accueil est soigné avec des sièges électriques à mémoire (conducteur et passager), chauffant, ventilant et même massant, difficile d’en demander plus, et d’une climatisation gauche / droite séparée avec un réglage spécifique également pour les passagers arrière.
Un équipement haut de gamme sans faille
Dans cette version haut de gamme, inutile de chercher ce qui pourrait manquer, la réponse est naturellement « rien ». C’est ultra complet, on a particulièrement apprécié la caméra 360 indispensable avec un tel gabarit, un affichage tête haute très complet et l’écran central de 12,3 pouces très lumineux.
L’instrumentation est claire et sans fioriture, avec beaucoup de commandes conservant leurs touches physiques, ce qui est particulièrement appréciable.
Deux points légèrement en retrait : une installation phonique signée YAMAHA qui laissait entrevoir quelque chose de plus soigné, et des aides à la conduite toujours trop omniprésentes au démarrage telles que l’alerte de survitesse (c’est la stricte application de la législation mais c’est horripilant) mais surtout la surveillance active du conducteur, beaucoup trop sensible, que vous maudissez à chaque démarrage et qu’il faut aller couper dans des menus et sous-menus… Agaçant, surtout quand vous faites des petits trajets et que le système se réenclenche automatiquement.
Une seule motorisation mais une transmission intégrale technologique
L’Outlander n’est proposé sur notre marché qu’avec une seule motorisation qui développe une puissance respectable de 306 chevaux, combinant un moteur thermique essence de 2,4 litres (136 chevaux) et deux moteurs électriques (116 chevaux à l’avant, 136 chevaux à l’arrière).
Cette motorisation est adossée à une transmission intégrale, technologiquement très pointue, et dénommée S-AWC pour « Super All Wheel Control ». Le principe de fonctionnement de cette transmission est assez simple sur le papier. Le système analyse en permanence les données des capteurs (vitesse des roues, angle de braquage, accélération latérale, conditions de la route, etc.). Il ajuste individuellement le couple envoyé à chaque roue, ainsi que le freinage, pour maximiser la traction, la stabilité et le contrôle, quelle que soit la situation (virage, accélération, freinage, surface glissante, etc.). Contrairement à un système AWD classique, le S-AWC agit de manière précise et dynamique, en corrigeant les déséquilibres avant même que le conducteur ne les ressente.
Le conducteur dispose ainsi de huit modes de conduites (Normal, Eco, Power, Tarmac, Gravel, Snow, Mud et 4WD lock) réglables par une simple molette située sur la console centrale. Chaque mode porte bien son nom et il est facile de comprendre quel usage se dessine derrière chaque fonction. Notre essai effectué dans des conditions météorologiques particulièrement printanières pour un début d’automne ne nous a malheureusement pas permis de tester toutes les possibilités. Lors du parcours autoroutier, en sortie de péage, la sélection du mode « Power » permet à l’Outlander d’abattre le 0 à 100 km/h en 7,9 secondes. Quelques routes de montage nous ont aussi donné le loisir de découvrir le mode « Tarmac », spécialement optimisé pour les routes goudronnées et sinueuses. Le résultat est plutôt convaincant car le véhicule, malgré un gabarit imposant et un poids conséquent (2.120 kg), demeure très agile en toutes circonstances… Ce sont plutôt les passagers qui s’exprimeront auprès du conducteur pour ralentir l’allure, de peur d’avoir un estomac qui ne résiste pas aux lacets.
Tout comprendre du système PHEV
Le système PHEV du MITSUBISHI Outlander peut fonctionner selon trois modes principaux, gérés automatiquement ou sélectionnés manuellement par le conducteur :
a. Mode 100% électrique (EV Mode)
- Fonctionnement : seuls les moteurs électriques propulsent le véhicule, sans intervention du moteur thermique.
- Autonomie : jusqu’à 85 kilomètres (WLTP) en usage urbain ou périurbain, idéale pour les trajets quotidiens sans émission.
- Vitesse maximale en mode EV : environ 135 km/h.
- Activation : automatique si la batterie est suffisamment chargée, ou manuelle via un bouton dédié.
b. Mode hybride série
- Fonctionnement : le moteur thermique ne propulse pas directement les roues. Il sert de générateur pour alimenter les moteurs électriques et/ou recharger la batterie.
- Utilisation typique : à vitesse modérée ou en cas de batterie faible, pour optimiser l’efficacité énergétique.
- Avantage : permet de maintenir une charge minimale dans la batterie et de réduire la consommation de carburant.
c. Mode hybride parallèle
- Fonctionnement : le moteur thermique et les moteurs électriques travaillent ensemble pour propulser les roues, offrant une puissance maximale.
- Utilisation typique : lors d’accélérations franches, en montée, ou à haute vitesse (autoroute).
- Avantage : combine la puissance des deux sources pour des performances dynamiques.
Le conducteur quant à lui dispose à bord de quatre options facilement sélectionnables :
- Normal : optimise automatiquement la conduite en mode électrique/hybride.
- EV (électrique) : conduite en mode 100 % électrique (lorsque la charge de la batterie est suffisante).
- Save (économie) : donne la priorité au maintien du niveau de charge de la batterie.
- Charge : recharge la batterie.
A l’usage, l’autonomie affichée de 85 kilomètres tend plus vers 70, ce qui constitue un vrai avantage sur la concurrence plus proche des 40 kilomètres réels. Pour les petits trajets quotidiens, c’est vraiment l’idéal, et comme on le fait avec son téléphone portable, il suffit le soir en rentrant chez soi de brancher son véhicule sur une simple prise domestique (pas besoin d’un chargeur haut débit spécifique). Sur autoroute, lorsque la batterie est vide, la consommation s’établit à un peu plus de 8 l/100 km ce qui est tout à fait acceptable au regard de l’encombrement du véhicule.
Vous l’aurez compris, nous avons été séduits par le MITSUBISHI Outlander qui propose une alternative intéressante et un look qui sort de l’ordinaire. Ce SUV saura séduire en particulier ceux qui roulent dans des conditions dégradées mais aussi les férus de technologie. Couplé à la traditionnelle garantie de huit ans (ou 160.000 kilomètres), son prix peut paraître élevé dans cette finition haut de gamme, mais sachez qu’il fait régulièrement l’objet d’avantages client conséquents (actuellement 11.000 € de remise jusqu’au 31.12.25), alors n’hésitez pas à passer la porte d’un des points de vente pour aller l’essayer et négocier.
Fabrice DUMAS (novembre 2025)