Présenté sous un nouvel aspect depuis l’an dernier, le Pajéro “ new look ” est disponible en deux niveaux de finition (GLS et GLX), en châssis court ou long, auxquels on peut rajouter un pack doté de l’ABS et du blocage de différentiel arrière. C’est la version courte que nous vous proposons cette fois-ci à l’essai.
Intérieur sobre, extérieur un peu tapageur
Côté extérieur, le “ lifting ” apporte une silhouette bien moins massive que la version précédente. Il paraît plus mince, ce qui ne l’empêche pas de rester très habitable. Les imposants marchepieds de la version GLS, pour autant qu’ils soient utiles au quotidien, risquent fort de perdre de leur superbe lors des balades TT que vous seriez tentés de faire avec. Démontage obligatoire donc pour les amateurs de franchissements. Idem pour les rajouts faisant office d’élargisseurs d’ailes, qui d’ailleurs ne font pas l’unanimité sur leur valeur esthétique. C’est en ce qui concerne l’équipement pneumatique que le bât blesse. En effet, si leur aspect “ ballonesque ” offre sans conteste un plus sur le plan de la beauté du Pajéro, il se révèle bien trop souple et trop large pour l’usage que l’on peut en faire. C’est un peu un phénomène de mode que l’on retrouve d’ailleurs sur de nombreux autres 4×4. Ce qui prouve bien la tendance d’une utilisation de plus en plus routière et urbaine de ce type de véhicule. Il n’y a qu’à voir le nouveau Pajéro Sport pour s’en assurer.
Côté intérieur, le Pajéro propose toutes les fonctions indispensables à portée de main. Pas de contorsions inutiles et parfois dangereuses pour accéder aux nombreux équipements dont il est doté. Le confort atteint des sommets, les sièges suspendus y contribuant pour beaucoup. Ils sont bien tarés et ne provoquent pas de mouvements verticaux de trop grande amplitude, le top quoi. MITSUBISHI à fort bien revu la question de l’insonorisation. On peut se laisser aller sur la pédale de droite pendant un long kilométrage sans se priver de la conversation de ses passagers ou encore écouter la radio sans la mettre au volume maximum. Point ô! combien important sur les longs trajets ; les concurrents sont encore rares dans ce domaine.
Efficace, terriblement efficace
Une fois au volant la tendance se confirme, le Pajéro est un modèle du genre. Son comportement ne souffre guère de critiques, si ce n’est une trop grande souplesse des suspensions. Celle-ci nuit à la précision de la tenue de route, sans gravité bien sûr, mais un peu plus de fermeté de l’amortissement ne nuirait pas au confort et améliorerait la stabilité. En tout terrain, la punition est la même. Seul le blocage de différentiel arrière peut inverser la tendance. Avis aux acheteurs potentiels, cette option est à prendre si d’aventure vous songer à vous lancer en tout-terrain. Pour ce qui est de la motorisation, là vraiment c’est excellent. En reprise, comme en accélération pure le MITSUBISHI affiche un niveau de performance très élevé. Sur route et autoroute c’est un vrai plaisir de se retrouver à son bord, les reprises franches dues à son couple omniprésent évitent de jongler avec la boîte, laquelle est d’ailleurs d’un maniement très agréable. En tout-terrain, cette présence du couple alliée à une excellente souplesse du moteur, permet beaucoup de fantaisies, sans craindre les passages difficiles.
Il faut dire que cette super boîte magique, dont est doté le Pajéro y est pour beaucoup. Rendez vous compte, passer de deux à quatre roues motrices en roulant, qui plus est à 100 kilomètres/heure (limite constructeur), procure une indéniable sécurité.
Pourquoi es-tu si cher ?
Pour conclure, il n’y a pas d’ambiguïté sur le Pajéro. En court comme en long, il se révèle être un des 4X4 les plus doués et polyvalents de sa génération. Seul son prix constituera un écueil difficilement franchissable qui pourrait faire réfléchir au moment de la décision d’achat.
Patrick AUBE (Novembre 1999)