Commercialisée en 1994, la RENAULT Laguna s’est fait offrir un léger « lifting » en avril 98 accompagné d’une refonte profonde des motorisations. En effet, s’il faut bien observer pour voir les différences de présentation avec la version précédente, essentiellement les phares et les feux arrière, les mécaniques, par contre, bénéficient de nouveaux moteurs à culasse 16 soupapes et le turbo-Diesel à injection directe de la Mégane remplace le Diesel atmosphérique.
La gamme 1998
La gamme propose désormais 2 carrosseries (berline 5 portes et break), 5 moteurs essence (1.6 16V de 110 ch – 1.8 16V de 120 ch – 2.0 de 115 ch – 2.0 16V de 140 ch – 3.0 V6 24V de 194 ch), 2 Diesel (1.9 DTi de 100 ch – 2.2 DT de 115 ch), un moteur essence/G.P.L. (1.8 l de 95 ch) et 4 niveaux d’équipement. La boîte de vitesses automatique « proactive » est proposée avec le moteur 2.0 l à 8 soupapes, généreux en couple et le V6 est disponible avec une boîte automatique traditionnelle à 4 rapports.
Équipement à la hausse, prix à la baisse
Dès la version RTE (premier niveau), les Laguna proposent un équipement intéressant (ABS, airbags conducteur et passager, vitres avant électriques, condamnation des ouvrants par télécommande, direction assistée…). Le modèle d’entrée de gamme (1.6 16V RTE) est affiché à 110.000 FF ce qui le met en bonne place parmi ses concurrents. La version RXE essayée dispose en série de la climatisation, d’une radio RDS 6 HP avec commandes au volant, de rétroviseurs électriques, etc… Les versions RXT ont droit à quelques raffinements supplémentaires (jantes alliage, ordinateur de bord, lecteur de CD…) et les séries Initiale se parent de cuir, de ronce de noyer et se voient dotées du système de guidage Carminat.
Une ligne et un intérieur sans grand changement
La ligne générale de la Laguna, plutôt élégante, n’a pas changé. Seules les faces avant et arrière, avec de nouvelles optiques évoluent plus franchement, toutefois sans révolution. On notera également les roues d’un diamètre plus important (15 pouces au lieu de 14) équipées de pneumatiques plus larges (195/65 au lieu de 185/65).
La présentation de l’habitacle, avec des matériaux assez clairs et correctement assemblés, est agréable, mais on regrette que le plastique mat de la console soit si sensible aux rayures. On note avec plaisir qu’une boîte à gants soit logée face au passager malgré la présence de l‘airbag et de la climatisation et qu’un bac de rangement faisant office d’accoudoir central soit aménagé entre les sièges avant. En plus de ces petits espaces de rangement, les passagers disposent de bacs (étroits) dans les portières à l’avant et d’aumônières dans les dossiers des sièges à l’arrière, mais le tout est d’un volume restreint.
Une familiale confortable, spacieuse et sûre
Les sièges habillés d’un beau velours sont très confortables, mais la position de conduite est un peu trop haute malgré siège et volant réglables en hauteur et profondeur. La banquette arrière, elle aussi souple et agréable, accueille deux adultes et un enfant. Chacun a droit à une ceinture trois points et à un appui-tête. A l’arrière, l’appui-tête central est rétractable afin de ne pas gêner la rétrovision. L’habitabilité est dans la bonne moyenne de la catégorie et le coffre vaste – 450 dm3 – et de formes régulières absorbe un bon volume de bagages. Le hayon et les sièges arrière rabattables (2/3-1/3) facilitent le transport d’objets encombrants. La Laguna bénéficie en série du SRP (Système RENAULT de Protection), composé d’airbags à retenue programmée, de ceintures avec limiteurs d’effort et d’appuis-tête de sécurité.
Un moteur à la hauteur des qualités routières
Les précédentes motorisations 1.8 l essence et 2.2 l Diesel atmosphérique de la Laguna étaient un peu faibles pour déplacer cette berline plutôt lourde (1230 kg à vide). De nouveaux moteurs à 16 soupapes (essence) et à injection directe (turbo-Diesel) font leur apparition et ce changement est le bienvenu. La version 1.6 l essayée se montre très agréable à conduite. Vive à l’accélération (0 à 100 en 11,5 s), rapide (187 km/h), la Laguna se montre également à son avantage lors des reprises à basse vitesse malgré sa faible cylindrée et ses 16 soupapes. Il faut dire que l’étagement de la boîte de vitesses, très raccourci (33,5 km/h à 1.000 tr/mn en 5°) par rapport à l’ancienne 1.8 l (presque 40 km/h en 5° à 1.000 tr/mn) aide bien le moteur dans sa tâche. Du coup, cette mécanique alerte – 110 ch – se montre un peu trop vrombissante. Ce n’est pas dramatique, mais on attend mieux d’une voiture de cette catégorie. Par contre la consommation est intéressante : 7,5 l aux 100 km réalisés pendant l’essai en conduisant « rondement ». Les excellentes suspensions, très bien amorties, assurent un confort de bon aloi et une tenue de route sûre et précise quels que soient les conditions météorologiques et l’état de la chaussée. Le freinage se montre puissant, progressif et stable avec l’ABS en série.
Sans bouleversement esthétique et en conservant les qualités de base de ce modèle, confort, habitabilité, sécurité, RENAULT a habilement modifié sa berline familiale en la dotant d’une motorisation moderne lui apportant un indéniable agrément de conduite malgré une sonorité un peu forte.
D. DECHENE (03/11/1998)