Dans la famille Mégane, je voudrais : la berline « élégante », la classique « distinguée », le monospace « familial », le coupé « sportif » et le cabriolet « aérien ». Il ne reste plus que le break « pratique », à venir, pour que la famille soit au complet. Pour chaque membre de la gamme, il y a le choix entre de nombreuses versions. Ainsi 8 cabriolets sont proposés, se partageant 3 moteurs essence (1.6 l – 90 ch, 2.0 l – 115 ch, 2.0 l 16 s – 150 ch), 2 modes de transmission (manuel 5 vitesses ou automatique avec le 2.0 l – 115 ch) et 3 niveaux de finition. A l’occasion du mini-salon ACTUA-AUTO du mois de juin, RENAULT a mis à notre disposition le modèle 2.0 l – 115 ch dans sa finition la plus élaborée « Exception ». Les prix vont de 125.400 FF à 184.100 FF, la version essayée étant affichée à 166.900 FF.
Silhouette racée
La ligne du cabriolet Mégane ne manque pas de charme. L’avant a évidemment un air de famille avec les berlines et monospace du même nom, mais son profil découvert avec les deux bossages épousant l’arrondi des sièges arrière affirme sa personnalité. Aucune baguette ne vient rompre la fluidité du beau profil « en coin » et pas la moindre trace de caoutchouc n’apparaît sur les boucliers peints. Gare aux égratignures. Couvert, le cabriolet ressemble au coupé auquel il emprunte le châssis raccourci et les feux arrière ronds.
Intérieur luxueux
La version « Exception » dispose en série d’un équipement richissime, notamment une capote électrique triple épaisseur et un intérieur en cuir qui s’ajoutent à tous les équipements de confort et de sécurité qu’il serait fastidieux de citer. L’ergonomie est satisfaisante, grâce à des commandes douces et tombant sous la main, tel le « satellite » au volant de la radio et la finition, quant à elle, est soignée. On regrettera par contre que le point d’ancrage supérieur des ceintures de sécurité soit si bas et non réglable. L’accès aux places arrière n’est pas très aisé. De toute façon, malgré l’agréable banquette formant deux sièges, ces places ne peuvent servir qu’occasionnellement et pour des personnes de petite taille. Pour ceux qui voyagent à deux exclusivement, une option baptisée « roadbox » remplace la banquette arrière par un coffre supplémentaire en tôle de la même teinte que la carrosserie, portant le volume disponible de 280 l à 460 l.
Capote électrique et climatisation
Les adeptes de longue date du cabriolet croient rêver. Couvrir et découvrir la Mégane en quelques secondes, sans quitter son siège, sans risque de salissures ou de pincements est un plaisir qui ne lasse pas. Un rayon de soleil ? Hop, on enlève le haut ! La pluie menace ? Hop, on couvre ! La seule contrainte est de trouver un endroit pour s’arrêter, la manoeuvre ne pouvant, bien évidemment, s’effectuer qu’à l’arrêt. Rouler découvert est fort agréable lors de tranquilles promenades sur des routes bucoliques, mais dès que l’allure augmente, le coulis d’air léger se transforme en vent frais vers 100 km/h, puis en ouragan sur autoroute. Les « fanas » supportent, mais les autres apprécient le calme et l’abri de la capote et gardent les idées fraîches par les bons soins de la climatisation.
Moteur tonique, suspension agréable
Le moteur 2 litres de 115 ch s’accorde merveilleusement bien avec l’esprit cabriolet. Il est souple et velouté à bas régime, emmenant en douceur les amateurs de promenades découvertes mais il sait également être d’une belle vigueur si le conducteur insiste sur l’accélérateur (0 à 100 km/h en 9,7 s). Sur autoroute à vitesse soutenue il reste discret, autorisant l’écoute dans de bonnes conditions de la radio lecteur CD (série). Pour ne rien gâcher, sa consommation fait preuve d’une relative sobriété, 9,5 l aux 100 km réalisés sur de petits trajets. La suspension à 4 barres de torsion à l’arrière et train avant Mac Pherson absorbe avec efficacité les chaussées déformées tout en assurant une bonne stabilité. Toutefois, on ne retire pas impunément le toit d’un véhicule et malgré les renforts du soubassement, la rigidité de ce cabriolet n’est pas parfaite. A bonne allure, trépidations et vibrations se ressentent dans le volant. Ce n’est pas dramatique car les réactions restent saines et il suffit d’adopter une conduite plus « cool » pour que tout rentre dans l’ordre. Les freins présentent une bonne efficacité et l’ABS (série) prend en charge les freinages intempestifs. Le passage des vitesses se fait en douceur malgré un débattement du levier un peu trop important.
Le cabriolet Mégane est une fort agréable voiture de loisir. Sa ligne se démarque suffisamment des berlines de la famille pour être originale, son équipement est très complet et les caractéristiques de sa mécanique lui permettent d’excellentes prestations routières accompagnées d’une grande douceur de conduite. Seul un relatif manque de rigidité voile légèrement ce beau tableau ainsi que le prix qui fait un peu tousser.
D. DECHENE (08/09/1998)