Non, non il n’y a pas d’erreur, c’est bien du gazole qu’il faut mettre dans cette Golf GTI. C’est en effet le seul sigle apparent sur le hayon et on a du mal à imaginer que VW ait osé créer une GTI Diesel ! Les puristes de la première année (1976) crieront peut-être au sacrilège, mais se consoleront devant le prix très élevé et en constante augmentation du super. Finalement, l’idée de ce mariage contre-nature est plutôt bonne, d’autant que la GTI est tout de même équipée du dernier TDI 115 ch à injecteurs-pompe. Ou plutôt le contraire, le sigle GTI est relégué à la simple désignation du haut de gamme de l’offre TDI 115. La finition de base est à 128.000 FF en 5 portes.
Se fier aux apparences
La GTI a beau être allégée de tout artifice « GTI », les jantes alliage, l’allure surbaissée dehors et les sièges RECARO dedans sont les signes non trompeurs qu’il y en a sous le capot. Et de surcroît tout de suite, le couple phénoménal de 29 mkg est disponible à 1.900 tr/mn, grand avantage du TDI 115. Alternative au « common rail », l’injecteur pompe est privilégié par VAG. Ce système permet d’atteindre des pressions d’injection (2.000 bars) supérieures au common rail et donc d’améliorer les performances du TDI classique. En reprises, la GTI Diesel rivalise avec la version GTI essence, pourtant plus puissante. On assure donc bon train (vitesse maxi à près de 200 km/h). Classique rançon du côté sportif de la voiture, la suspension n’épargne pas grand chose aux passagers arrière quand la voiture croise de mauvais chemins.
Ne pas se fier aux apparences
OK, le levier de vitesse en balle de golf a disparu depuis longtemps mais il affiche désormais 6 vitesses. Bien étagée, la boîte est efficace. Les deux derniers rapports n’ont pas été rallongés sous prétexte d’économie ; on peut donc relancer en cinquième en toute sécurité. Dommage que la boîte accroche quelquefois sur le passage 5/6. Pas besoin de trafiquer les rapports pour favoriser la consommation, le bénéfice net sur la version essence passe par la pompe à essence ou plus exactement ne passe pas par la pompe. Avec 6 litres aux 100 en moyenne en dominante autoroute, les prétendantes à ce score sont assez rares. On peut donc approcher les 1000 km en autonomie, tout en assurant une allure soutenue. Et là, la GTI essence est à la peine, d’autant plus qu’elle est vendue au prix de la GTI TDI…
Valeur sûre
La finition et les équipements VOLKSWAGEN sont désormais une référence dans le monde automobile. Comme les autres marques du groupe VAG, la planche de bord s’est fortement inspirée du dessin AUDI. Seule la particularité bleutée de l’éclairage des compteurs distingue pour l’instant la Golf des autres voitures. La GTI offre un maximum d’équipements de série avec les airbags, les antipatinages, les répartiteurs, les réglages électriques et manuels, la climatisation automatique et un ordinateur de bord (stylé AUDI) extrêmement efficace. Luxe suprême, des inserts bois habillent discrètement portes et console centrale. Ombre en revanche, les relents de gazole à l’arrêt, heureusement rares, rappellent le carburant utilisé. Et c’est d’autant plus dommage que le silence d’utilisation est remarquable.
La consommation du mariage inattendu GTI et TDI est faible, c’est le bon côté TDI de la Golf 115. Les performances sont élevées, c’est le bon côté GTI de la même voiture. Il n’y a donc pas de mauvais côtés à cette Golf qui est à la fois routière économique familiale et sportive nerveuse. En limitant le nombre d’équipements, sans pour autant la dépouiller, la Golf 115 garde, en finition standard, pour moins cher, le moteur performant et économique. Mais une TDI 115 standard a perdu la magie, le look (modéré) et le châssis de la GTI ; en six lettres, recette du succès…
Ph. NIOLLET (09/05/2000)