Produite à plus de 3,8 millions d’exemplaires en 19 ans, la VOLKSWAGEN Polo entre dans sa troisième génération. Commercialisée en France depuis le Mondial de l’automobile en octobre 1994, elle est actuellement disponible en huit versions : deux carrosseries (deux et quatre portes avec hayon arrière), deux moteurs essence (1,3 l et 1,6 l) et trois niveaux de finition. Les prix s’échelonnent, tarif d’octobre 1994, de 57.900 FF (1.3 CL deux portes) à 80.500 FF (1.6 GT quatre portes). La version 1.6 GL quatre portes que nous avons essayée est tarifée 77.500 FF, la 1.3 GL quatre portes 69.100 FF et la carrosserie quatre portes coûte 3.000 FF de plus que la deux portes. La gamme sera étoffée, au printemps 1995, par l’arrivée des versions Diesel.
La carrosserie de la VW POLO n’a pas l’originalité de celle d’une RENAULT Twingo ou d’une OPEL Corsa. Elle passe même inaperçue tant elle ressemble à une Golf à l’échelle 0,9. Ceci dit, sa silhouette râblée n’est pas désagréable à l’œil et donne une bonne impression de solidité. La présentation extérieure est flatteuse, tous les éléments de la carrosserie étant peints, y compris les rétroviseurs extérieurs et les boucliers pare-chocs. Ces derniers ne sont pas protégés par un jonc caoutchouc, c’est joli sur une voiture neuve, mais après quelques créneaux serrés, la belle peinture risque fort d’être égratignée.
En s’installant à bord de la VW POLO, la bonne impression de qualité perçue à l’extérieure persiste. La planche de bord, un peu massive de prime abord, est impeccablement assemblée, les matériaux employés sont de bonne qualité et le bloc d’instruments de contrôle est lisible avec deux grands cadrans – tachymètre et compte-tours présents dès la version de base – équipés d’encarts digitaux pour totalisateur kilométrique total et partiel et montre, une jauge à essence et un indicateur de température du liquide de refroidissement.
L’ergonomie des commandes est moins satisfaisante. Les interrupteurs des vitres électriques sont situées au centre et en bas de la console et alors que certains constructeurs proposent les touches de l’autoradio au volant, VW n’incorpore pas encore l’allumage des phares dans les commodos sous le volant. Il faut lâcher la direction pour tourner un bouton pas très bien situé sur la gauche du tableau de bord, et quitter la route des yeux pour regarder ce bouton, caché par la jante du volant, afin de savoir si on a allumé les feux de position ou les feux de croisement, car aucun voyant ne signale la mise en service de l’éclairage.
L’équipement de série est plutôt abondant sur la finition GL. On dispose en effet de la direction assistée, des vitres teintées à commande électrique à l’avant, de la fermeture centralisée des ouvrants, malheureusement sans « plip » de télécommande si pratique, de l’anti-démarrage, classé SRA 7 clés, incorporé dans la clé de contact, alors là, bravo, c’est la solution la plus simple et la plus efficace. La position de conduite est excellente grâce à la direction réglable en hauteur et au réglage en inclinaison, hauteur, appui lombaire du siège conducteur. La sécurité passive n’a pas été oubliée : la Polo est équipée de ceintures de sécurité avec pré-tensionneur, de renforts latéraux dans les portes, de 4 appuis-tête. Les options de sécurité – ABS (système anti-blocage des roues) 4.520 FF, « airbag » (2.260 FF conducteur, 4.520 FF les deux) – et de confort – climatisation 7.620 FF – sont proposées à des tarifs acceptables.
Si à l’extérieur, la Polo est plus courte de cinq centimètres que la version précédente, les cotes d’habitabilité intérieure sont toutes en progrès. Les deux passagers avant sont bien installés et ont à leur disposition de nombreux espaces de rangements, notamment deux grands bacs de portière très pratiques. Signalons toutefois que l’option « airbag » passager supprime la boite à gant. A l’arrière, les occupants sont moins bien lotis : l’espace pour les jambes n’est pas considérable, mais malgré tout dans la norme pour cette catégorie de voiture et, en prime, il est difficile de glisser les pieds sous les sièges avant car ils butent sur l’armature des dits sièges.
Le coffre offre une contenance acceptable, mais sa forme n’est pas pratique : il est étroit entre les roues, pas très profond, mais très haut avec un seuil de chargement élevé. Plus exactement il descend très bas et au fond de ce puits, on trouve une roue de secours « galette », avec laquelle il est déconseillé de dépasser 80 km/h. Heureusement les crevaisons sont rares de nos jours, mais quand même, une cinquième roue comme les quatre autres c’est mieux. La banquette arrière est rabattable – assise et dossier – avec la fonctionnalité 40/60.
Dès la mise en route du moteur, on est agréablement surpris par sa discrétion. En ville, la douceur de la direction, le silence de fonctionnement, la netteté des passages de vitesse, la souplesse du moteur invitent à une conduite décontractée. Sur route, la qualité de fabrication se ressent dans le poids de l’auto. Le moteur, souple – couple moteur de 128 Nm à 2.800 tr/mn – mais pas très puissant – 75 ch à 5.200 tr/mn – doit déplacer une caisse assez lourde (990 kg) et supporter un étagement de transmission plutôt long (31,9 km/h à 1.000 tr/mn en quatrième et 38,4 km/h à 1.000 tr/mn en cinquième vitesse). La voiture est malgré tout agréable à mener, mais compte tenu de la cylindrée par rapport à la taille du véhicule on pouvait espérer un tempérament plus vivant. La conduite sur route dégagée est satisfaisante, la Polo étant silencieuse même à vitesse soutenue et le couple laisse une sensation agréable de puissance disponible. Sur parcours plus encombrés ou accidentés, il faut recourir aux rapports intermédiaires plus souvent que souhaité et passé son régime de puissance maximale (5200 tr/mn) le moteur s’essouffle un peu pour atteindre le maximum autorisé (6.000 tr/mn). Dans ces conditions la consommation, sans être rédhibitoire (8,3 l aux cent kilomètres), n’est pas spécialement économique.
La tenue de route mérite des éloges. La Polo 1.6 l repose sur des pneumatiques de bonnes dimensions (175/65 r 13), une suspension élaborée et un train avant à déport négatif à effet stabilisateur. Le comportement légèrement sous-vireur est efficace et rassurant (l’avant glisse en premier, c’est plus facile à contrôler en cas d’excès d’optimisme sur l’adhérence disponible) et la tenue de cap est imperturbable. Les freins assurent des arrêts courts et stables. La direction est bien assistée, on ne ressent pas d’effets de couple dans le volant et sa précision est très agréable.
Si la suspension assure une très bonne stabilité à la voiture, elle est un peu moins satisfaisante en terme de confort. Les réactions présentent un curieux mélange de souplesse et de sécheresse. Les aspérités du revêtement sont généralement bien absorbées, mais si leur fréquence ou leur amplitude augmente, les amortisseurs ne « suivent » pas et des mouvements verticaux assez secs secouent l’auto et ses passagers. Heureusement les sièges, du moins à l’avant, maintiennent bien le corps malgré une certaine fermeté.
La VOLKSWAGEN Polo remise au goût du jour devrait pouvoir se faire une place dans le marché encombré des petites voitures. L’ensemble de ses qualités (silence, sécurité active et passive, conduite douce et agréable, aspect cossu, « look » de petite Golf…) atténue ses quelques imperfections (embonpoint pénalisant reprises et consommation, suspension imparfaite…). Toutefois, malgré sa nouveauté, sa suprématie n’est pas évidente dans sa catégorie et la concurrence possède quelques modèles – RENAULT Clio 1.4 RN un peu plus chère mais bien mieux suspendue et plus performante, ou FIAT Punto 75, récente voiture de l’année, moins chère et plus logeable – qui peuvent ne pas laisser indifférent…
D. DECHENE le 24/02/1995