Le VOLVO XC90 est certainement le modèle « référence » dans le monde du SUV à sept places. Fort de sa politique environnementale, VOLVO avait quasiment annoncé son arrêt au profit de l’EX 90 mais, comme beaucoup, le constructeur suédois a infléchi sa position. Pas mécontent de ce choix de prolonger encore quelques modèles thermiques, tout en ayant définitivement abandonné les motorisations Diesel, le XC90 a fait l’objet d’un léger restyling fin 2024 et continue son aventure ! A notre plus grand plaisir, avouons-le. Place donc à notre essai complet fort de plus de 2.000 kilomètres à son bord.
Des retouches subtiles pour conserver le même esprit
Seul un œil averti verra les transformations que le XC90 a subies en septembre dernier. Ayant déjà fait l’objet de modification en 2019, on peut plutôt parler dans le cas présent d’une mise au goût du jour : nouveau capot, phares plus fins (mais n’abandonnant pas la signature « marteau » si caractéristique), nouvelle calandre, c’est surtout l’avant du véhicule qui a fait l’objet de ces attentions. L’ensemble est plus doux au regard et, avouons le, plutôt réussi. A l’arrière, quasiment aucune évolution si ce n’est un entourage des optiques arrière noir… très léger donc. De la même manière, à l’intérieur, l’habitué de la marque suédoise ne sera pas dépaysé car on retrouve les fondamentaux qui ont fait la réputation de ce modèle avec cependant un écran central plus grand et une mise à jour complète du système d’info divertissement.
Une finition hors pair et une ambiance apaisante
Au-delà de la taille de l’écran central qui passe de 9 à 11,2 pouces, c’est donc toute l’interface qui a été repensée, dans la lignée de ce que l’on peut retrouver sur les récentes EX30 ou EX90. Certains y trouveront à redire, car si l’absence de touches enjolive la qualité de finition, elle nécessite cependant de passer par de nombreuses interactions avec l’écran central, même pour des fonctions simples telles que la climatisation ou le réglage des sièges chauffants.
En contrepartie, la finition exemplaire de notre modèle Ultra associé à ce tableau de bord épuré est une vraie réussite et contribue, avec des touches claires telles que celles en frêne, au sentiment de bien-être quand on s’installe à son volant ou comme simple passager. En un mot, on se sent immédiatement « apaisé » dans ce cocon familial. Familial bien entendu, car il ne faut pas oublier que c’est la vocation première de ce XC90 qui dispose de sept places confortables (même si l’espace aux jambes pour la troisième rangée est un peu plus compté) et d’un coffre XXL si vous ne voyagez qu’à cinq personnes (640 litres plaît-il, et encore 262 litres avec la troisième rangée de sièges en place).
La qualité de réalisation est véritablement à souligner et a fait l’objet de toutes les attentions… ASTON MARTIN nous avait gratifiés de sa fameuse clé « cristal », VOLVO nous offre aussi ce bien précieux au niveau du levier de vitesses avec un mini levier en cristal suédois d’Orrefors : simplement sublime.
Encombrant en ville mais tellement à son aise partout ailleurs
Avec une longueur toute proche de cinq mètres, et une largeur conséquente de 1,93 mètres, la ville n’est pas son domaine de prédilection et son encombrement nécessite une vigilance accrue de son conducteur, en particulier dans les parkings souterrains. Toujours est-il que les assistances nombreuses et efficaces vous aident bien à maîtriser la bête dans ses manœuvres : caméra 360° avec focus possible sur les quatre côtés (pour voir la position des jantes par exemple vis-à-vis d’un trottoir) et alerte en cas d’obstacle venant, y compris des côtés, quand vous reculez, sont réellement des aides précieuses que vous saurez vite apprécier.
Une fois sortie de notre parcours urbain, le VOLVO XC90 se retrouve tout à son avantage et son gabarit devient son premier atout. Fort de ses 2.297 kilogrammes, il propose une stabilité et un confort de fonctionnement de premier ordre. Il dégage réellement une force tranquille qu’il sait transmettre à ses occupants ce qui vous permet au terme d’un trajet de plus de 750 kilomètres, tel que nous avons pu l’effectuer, de ne ressentir aucune quelconque fatigue. Il est vrai que les vitres feuilletées et acoustiques remplissent parfaitement leur rôle d’insonorisation. Si vous ajoutez à cela, le système audio Bower & Wilkins, qui vous plonge dans une véritable salle de concert, on se surprendrait presque à vouloir rester à son bord même arrivé à destination.
Dynamique si besoin
Au vu des mes commentaires, on pourrait penser que ce XC90 est un peu pataud ! Loin s’en faut. Fort de sa motorisation hybride cumulant un moteur thermique de 310 chevaux (quatre cylindres turbo compressé) et un moteur électrique de 145 chevaux, il ne lui faut que 5,4 secondes pour parcourir le 0 à 100 km/h. Mais vous l’aurez compris, ce n’est pas pour sa sportivité qu’on acquiert ce modèle.
Avec sa batterie de 14,7 kW, le véhicule dispose en mode « Pure » (i.e. tout électrique) en théorie d’une autonomie de 70 kilomètres, plus proche des 60 kilomètres durant notre essai d’une soixantaine de kilomètres. Selon les études réalisées par VOLVO, environ la moitié des distances parcourues par ses derniers modèles hybrides rechargeables a été effectuée en 100 % électrique, sans avoir eu recours au moteur thermique de la voiture. Néanmoins on aurait apprécié une distance légèrement supérieure permettant de couvrir une centaine de kilomètres, là où la majorité des concurrents se situe désormais. A noter également un mode « B » de régénération en roulant plutôt efficace et puissant, permettant même de disposer d’un vrai ralentissement amenant jusqu’à l’arrêt… de quoi économiser vos freins pour peu que vous fassiez preuve d’une certaine anticipation au volant.
En termes de consommation, avec ce mode hybride, les calculs de moyenne ne sont pas simples à réaliser et d’ailleurs, la jauge nous est apparue un peu fantaisiste… Toujours est-il que hors hybridation, en mode thermique et sur autoroute, la consommation s’établit entre 10 et 12 l/100 km en fonction de l’allure, ce qui demeure raisonnable eu égard au gabarit de l’engin.
Son domaine de prédilection : l’autoroute, mais pas que
Equipé en options d’énormes roues de 22 pouces (très jolies mais très fragiles), on pouvait craindre que le confort en pâtisse. Heureusement il n’en est rien et la suspension pneumatique dont était également équipé notre modèle d’essai, y est certainement pour quelque chose.
Celle-ci fait varier la hauteur de caisse de -2 à +4 centimètres en fonction du mode de conduite, sachant qu’un bouton dans le coffre permet d’abaisser la voiture afin de faciliter le chargement. Cette suspension démontre tout son intérêt en cas de grosses déformations sur nos belles routes, pas toujours bien entretenues, mais surtout au passage des trop nombreux ralentisseurs.
Stable, silencieux et sécuritaire, sur l’autoroute, le VOLVO XC90 est définitivement dans son élément. Les aides à la conduite sont omniprésentes pour le plus grand bonheur du conducteur : angle mort, détection d’obstacle, maintien dans la ligne, aide au dépassement, régulateur auto adaptatif… tout est là et de manière très efficace. Et si par malheur vous faites l’objet d’un malaise au volant, le véhicule détecte que vous ne tenez plus le volant avec une certaine pression et désengage le régulateur de vitesse, allume automatiquement les feux de détresse et freine tout en se déportant doucement vers le côté de la chaussée… Difficile de faire mieux en termes de sécurité active. VOLVO qui a fait de tout temps son crédo sur la sécurité, prouve une nouvelle fois qu’elle met la technologie au service de cette philosophie.
Le choix du roi
Proposé au tarif, il est vrai élitiste, de 105.000 € (hors options), le XC90 dans cette finition « Ultra » se retrouve en pleine concurrence avec le modèle tout électrique de la gamme : l’ES90 donc nous avions pris le volant avec beaucoup de plaisir lors de sa présentation en octobre dernier. VOLVO offre donc une alternative pour ceux qui ne sont pas encore prêts à passer au tout électrique. Le choix est assez cornélien car les deux modèles regorgent de qualité et il s’avère bien difficile de les départager. Le coût d’utilisation en faveur de l’ES90 pour peu qu’on dispose d’un système de recharge à domicile pourrait faire pencher la balance.
Fabrice DUMAS (10 mars 2025)