CITROËN poursuit l’électrification de sa gamme avec ce nouveau C5 Aircross Plug-in Hybrid de 195 chevaux. Une version qui ne se contente pas d’ajouter une prise, mais qui revoit en profondeur la chaîne de traction du SUV familial. L’essai s’est déroulé sur les routes paisibles autour de Saumur, entre trajets quotidiens, départementales et voies rapides. Un terrain idéal pour juger de la pertinence de cette motorisation hybride rechargeable dans un usage réel, avec une contrainte volontaire : recharge exclusivement à domicile. Objectif affiché : rouler le plus souvent possible en électrique sans renoncer à la liberté du thermique pour les longs trajets.
Un design toujours statutaire et rassurant
Sans révolutionner son style, le C5 Aircross conserve cette silhouette rassurante et bien campée qui fait son succès. Les lignes sont sobres, équilibrées, avec une face avant modernisée et une signature lumineuse en C bien identitaire. Le SUV CITROËN ne cherche pas l’agressivité visuelle, mais assume un design consensuel, presque apaisant. Avec ses proportions généreuses, il inspire toujours cette impression de véhicule familial sérieux, pensé pour durer plus que pour séduire au premier regard. Une philosophie cohérente avec son positionnement.
À bord, le confort reste la priorité
Dès l’installation à bord, on retrouve immédiatement l’ADN CITROËN. Bien dessinés, les sièges offrent un bon maintien, tant pour le dos que pour les jambes. Leur assise suffisamment longue permet d’avaler des centaines de kilomètres sans prendre rendez-vous à l’avance chez le kiné. Les sièges Advanced Comfort, électriques, chauffants, ventilés et massants sur cette finition, participent largement à l’ambiance feutrée et à la vocation routière du modèle. Un vrai plus sur les longs trajets, fidèle à la philosophie de la marque aux chevrons. Les suspensions à butées hydrauliques progressives font toujours merveille. CITROËN s’appuie ici sur un système d’amortissement d’une grande simplicité, mais dont l’efficacité fait presque oublier certaines technologies concurrentes, pourtant plus complexes et plus coûteuses. Le filtrage est remarquable, les irrégularités sont gommées avec une facilité déconcertante, et l’ambiance générale reste très feutrée. On est clairement dans un véhicule qui privilégie la sérénité à toute velléité sportive.
Avec une longueur de 4,65 mètres et une hauteur de 1,69 mètre, le C5 Aircross offre une belle habitabilité et un coffre modulable de 651 à 1.985 litres selon la position de la banquette, de quoi accueillir sans peine bagages et matériel familial. Seul bémol : le bandeau clair de la planche de bord, au grain un peu rigide et à l’aspect « plastique expansé », dénote légèrement avec le soin apporté au reste de l’habitacle. Un détail, certes, mais qui retient l’œil dans un ensemble par ailleurs très réussi et cohérent.
Une motorisation PHEV revue en profondeur
Si l’ancien C5 Aircross était déjà proposé en hybride rechargeable, cette nouvelle génération bénéficie d’une chaîne de traction revue en profondeur, affichant désormais 195 chevaux de puissance cumulée, associée au quatre-cylindres 1.6 turbo essence côté thermique. Pour cet essai, nous avons pris le volant de la version hybride rechargeable, qui n’est pas un poids plume avec près de 1,9 tonne sur la balance, un embonpoint largement dû à la batterie de 21,5 kWh (dont 17,8 kWh utiles). Dans les faits, cette motorisation se montre parfaitement cohérente avec la philosophie du modèle. Les démarrages s’effectuent en silence, en mode électrique, et le thermique prend le relais de façon très discrète. Les reprises sont suffisantes, les transitions bien gérées, et l’ensemble privilégie la douceur plutôt que la performance pure.
Jusqu’à 95 kilomètres électriques… et une vraie vie sans bornes
Au passage, il est bien sûr possible de rouler ici en 100 % électrique sur des distances moyennes, grâce à une batterie plus musclée qu’auparavant (21,5 kWh). Selon CITROËN, le rayon d’action grimpe ainsi jusqu’à 95 kilomètres en cycle WLTP. Dans la vraie vie, ce sera sans doute un peu moins, mais il y a malgré tout de quoi couvrir largement les besoins du quotidien, avant de recharger tranquillement le soir à la maison. Lors de notre essai, l’autonomie réelle se situait autour de 45 à 55 kilomètres, ce qui permet d’assurer sans difficulté les trajets domicile-travail, courses et déplacements locaux sans consommer une goutte d’essence. La recharge s’est faite exclusivement à domicile, sur prise renforcée. Une recharge complète s’effectue dans la nuit, sans contrainte particulière. Ce mode d’utilisation confirme tout l’intérêt du PHEV pour les conducteurs disposant d’un point de recharge personnel : simplicité, régularité, et zéro dépendance aux bornes publiques.
Conduite : douceur avant tout
Sur la route, le C5 Aircross confirme son tempérament. Direction douce, châssis sain, comportement rassurant. Le poids se fait sentir en conduite dynamique, mais reste parfaitement maîtrisé dans un usage normal. Plutôt bien géré, le freinage régénératif du C5 Aircross peut être renforcé via un mode B (Brake), bien utile sur route de montagne. Mais, plus encore que la réponse de la pédale de frein, un peu spongieuse à l’attaque, c’est sur le plan acoustique que ce nouveau C5 Aircross prête le flanc à la critique. Entre le 1.6 turbo qui se fait trop entendre en conduite hybride (ou sport) lors des fortes accélérations, et les bruits d’air perceptibles dès 110 km/h, on regrette l’absence de vitrage acoustique par rapport au modèle précédent. Un point étonnant pour un véhicule qui mise autant sur le confort.
De la place à bord, mais moins d’astuces
Côté pratique, ce nouveau C5 Aircross marque un net recul. En lieu et place des trois sièges arrière individuels et coulissants qui singularisaient son prédécesseur, on doit désormais se contenter d’une banquette fixe, dont le seul raffinement consiste à proposer, via des manettes placées sur les côtés, des dossiers réglables en inclinaison. Ce choix fera forcément du passager central un invité moins bien loti mais, en contrepartie, le SUV CITROËN offre un peu plus de place qu’auparavant. Le coffre perd légèrement en modularité du fait de la batterie, mais reste largement suffisant pour un usage familial classique.
Technologies : modernes, complètes, sans excès
La finition Max bénéficie d’un équipement technologique très complet, avec notamment l’affichage tête haute étendu, un grand écran central HD de treize pouces et même l’intégration de ChatGPT dans l’interface multimédia. L’ensemble est moderne, fluide et facile à prendre en main, sans tomber dans la surenchère de menus complexes. Les aides à la conduite de niveau 2, la vision périphérique, la navigation connectée et les services embarqués contribuent à une expérience rassurante, orientée vers la facilité d’usage plus que vers la démonstration technologique.
Une sobriété très dépendante de la recharge
C’est évidemment là que le PHEV prend tout son sens. Avec une recharge quotidienne, la consommation moyenne s’établit autour de 2 à 3 l/100 km. Sans recharge régulière, on remonte logiquement vers 6 à 6,5 l/100 km, soit le niveau d’un bon SUV essence moderne. La sobriété dépend donc directement du sérieux de l’utilisateur. Un hybride rechargeable responsabilisant, en quelque sorte.
Prix et positionnement
Proposé à 45.590 € (prix catalogue) en finition Max, le C5 Aircross PHEV se positionne dans la moyenne du segment. Face aux PEUGEOT 3008 Hybrid, RENAULT Austral E-Tech ou KIA Sportage PHEV, il mise moins sur la technologie embarquée que sur le confort et la simplicité d’usage.
Le choix de la cohérence
Le CITROËN C5 Aircross Plug-in Hybrid 195 chevaux ne cherche pas la performance, ni l’innovation technologique à tout prix. Il propose autre chose : une vision cohérente de l’hybride rechargeable, centrée sur l’usage réel. Pouvoir rouler en électrique tous les jours, recharger simplement chez soi, puis partir en vacances sans se poser de questions : c’est exactement ce que propose ce SUV. Un véhicule de transition intelligent, apaisant, fidèle à l’ADN CITROËN. Un choix rationnel, presque sage… mais terriblement agréable au quotidien.
Jean-Pierre RICCI – Janvier 2026