Il manquait jusqu’ici dans la nouvelle gamme Clio, une digne remplaçante des anciennes Clio 16s ou autre Williams. Avec l’arrivée de la nouvelle Clio RS 2.0 16v , ce vide est désormais comblé. Les nostalgiques de l’époque GTI devraient y trouver leur compte, même si les petites sportives d’aujourd’hui ont, elles aussi, beaucoup évolué.
Une réputation à tenir
On ne peut pas raisonnablement afficher 6 titres de champion du monde et dans le même temps se faire reprocher une pauvreté chronique des moteurs hautes performances. La réplique de RENAULT ne s’est donc pas trop faite attendre et comme pour marquer encore un peu plus les esprits, l’appellation RS retenue est directement issue des initiales de RENAULT SPORT ! ! !
Une mécanique brillante et bruyante
C’est donc naturellement du côté de la mécanique que nous nous sommes attardés. Les caractéristiques méritent le détour, jugez plutôt. Cette Clio adopte le bloc 2 litres déjà rencontré sur les Espace, Laguna ou autre Scenic, mais a subi au passage quelques « légères » modifications. Grâce à de multiples améliorations apportées au haut moteur, en vue de faciliter l’écoulement des gaz, et à l’augmentation d’un point du taux de compression, la puissance est portée à 172 chevaux ! Excusez du peu. Les 150 chevaux de la Clio Williams sont donc bel et bien enterrés. Avec de tels arguments, la Clio RS fait la part belle à la sportivité. Au grand dam de certains, mais pour le plaisir des vrais amateurs, le moteur sait se faire entendre quand il le faut. Souple à bas régime, « coupleux » à mi-régime et généreux jusqu’au rupteur à 7000 tr/mn (7200 tr/mn en 1ère et 2ème), il fait toujours preuve d’une belle présence et contribue de façon majeure au plaisir éprouvé au volant de cette nouvelle petite bombe.
Par souci du détail, ou juste pour ajouter encore au plaisir du conducteur, un petit voyant vert en forme de levier de vitesse indique au conducteur (ou pilote en la circonstance) l’approche de la zone rouge et le moment opportun du changement de vitesse ! Par expérience, il est quand même plutôt conseillé de maintenir son attention sur la route plutôt que de regarder ce petit indicateur, car à 7.000 tr/mn en 4ème la concentration absolue est de mise.
Un châssis adapté
Avec une telle cavalerie, il convenait d’adapter quelque peu les caractéristiques d’une Clio « normale ». Pour satisfaire à un cahier des charges qui imposait entre autre que la Clio RS reste avant tout une Clio, reconnue pour ses qualités de confort, la RS n’a peut-être pas subi l’ensemble des modifications qui l’aurait rendue encore plus performante mais encore plus exclusive. Toujours est-il que les voies ont été élargies, les ressorts au niveau de l’amortissement durcis et le centre de gravité baissé de 15 mm. Nous aurions apprécié également une monte pneumatique en 16 pouces qui aurait été garante d’un meilleur rendement sportif. Pour l’instant il faudra se contenter de jantes de 15 pouces mais une option pour les clients assoiffés de sportivité avec une monte spécifique devrait voir le jour dans le courant de l’année. Précisons encore, pour être complet, que le freinage est composé de disques à l’arrière et de disques de grand diamètre à l’avant qui ont été empruntés pour l’occasion à la Laguna.
A l’attaque
Avec un tel cocktail difficile de ne pas être mis en appétit et de résister au plaisir qu’un tel véhicule peut procurer. C’est donc sur un parcours particulièrement sélectif et sinueux que nous avons jeté notre dévolu. La météo peu généreuse lors de notre essai nous a donné tout loisir d’utiliser des portions plus ou moins humides, gage d’impressions plus complètes sur la « bête ».
Menée tout d’abord à allure soutenue, la Clio se révèle d’un grand confort et d’une homogénéité rassurante en toutes circonstances. Rapidement donc, vous sentez votre pied droit s’alourdir ostensiblement et votre main droite picoter à l’idée de jouer avec la boîte de vitesses. Menée beaucoup plus vite la Clio garde sa sérénité et une réelle facilité de conduite qui permettra à la plupart des conducteurs d’accéder à une conduite sportive sans risques majeurs. C’est en tout cas indiscutable sur le sec où le train avant joue les « gros bras » et assure sans faille les fonctions de motricité et de directivité. Sur route mouillée la motricité sur les deux premiers rapports fait plus défaut et indique un étagement de boîte qui aurait pu être un tout petit peu plus long pour pallier cet inconvénient. Cravachée et poussée dans ses retranchements, la Clio s’avère plus pointue mais pas moins amusante. Elle nécessite un peu plus de doigté pour empêcher l’arrière de prendre les devants, mais tout cela rentre bien vite dans le rang. Seule la direction (reprise intégralement de la version 16v) a quelque fois réellement du mal à passer les chevaux supplémentaires.
Une ligne à la hauteur
La Clio a pris de l’embonpoint moteur et la carrosserie en a profité pour augmenter son caractère joufflu, avec tact et discrétion, ce qui est appréciable. Les ailes avant en composite ont pris quelques centimètres et un large bouclier frontal prend place à l’avant du véhicule intégrant les projecteurs additionnels et des prises d’air. Des jantes spécifiques O.Z à doubles bâtons rehaussent la ligne, même si leur diamètre est un peu juste pour remplir les passages de roues. Quant à l’échappement, c’est la déception puisque sa sortie est dissimulée derrière le pare-chocs. Notons aussi que la Clio RS est distribuée exclusivement dans une livrée grise qui lui sied d’ailleurs fort bien.
A l’intérieur, on retrouve beaucoup d’éléments communs aux autres Clio mais avec quelques notes d’originalité. Sièges baquets en cuir et alcantara, pommeau de levier de vitesses en alu, volant recouvert d’un cuir en peau retournée particulièrement agréable au toucher, instrumentation sur fond blanc, tout y est. On note même de fausses incrustations en alu (plastique en réalité) sur le tableau de bord et les portières, qui ne font pas l’unanimité mais qui, à mon sens, se marient bien à l’ensemble.
Quel apéritif !
Amusante mais non piégeuse, sportive mais confortable, exclusive mais abordable (proposée à 134.900 FF soit le même prix que l’ancienne Williams !), la Clio RS a vraiment tout d’une grande. Elle a au moins le don de nous permettre de patienter jusqu’à l’arrivée encore plus terrifiante et attendue pour la fin de l’année d’une version V6 à moteur central développant la bagatelle de 250 chevaux !
F. DUMAS (juin 2000)