Depuis son lancement à l’automne 2024, le RENAULT Symbioz rencontre un franc succès commercial avec déjà plus de 100.000 véhicules vendus. Conçu à partir du Captur dont il reprend la plateforme CMF-B, la partie avant de la carrosserie et l’intérieur, il s’en distingue par un allongement du porte-à-faux arrière de dix-sept centimètres, portant la longueur du Symbioz à 4,41 mètres, au bénéfice du coffre. Présenté en version unique E-Tech full hybrid 145, le Symbioz a reçu une éphémère motorisation mild-hydrid 140, remplacée depuis par une version essence/GPL 1.2 Eco-G 120. Le Symbioz full hybrid 145, voir notre essai de novembre 2024, https://actua-auto.com/essai/renault-symbioz-iconic-e-tech-full-hybrid-145, a évolué en full hybrid 160, objet de cet essai.
Ligne fluide

Bien qu’étroitement dérivé du Captur, aucun doute à l’avant, malgré les motifs de calandre un peu différents, le Symbioz s’en distingue de profil par son porte-à-faux allongé et parfaitement intégré. L’agrandissement de la troisième vitre latérale allège le profil, tout comme les feux arrière débordant largement sur les ailes. A l’arrière, le hayon, le bouclier et les feux, très effilés, ont été redessinés et apportent au Symbioz sa propre signature. La version haut de gamme Iconic essayée dispose de grandes jantes alliage diamantées de dix-neuf pouces.
Qualité perçue
L’habitacle, également repris du Captur, laisse une bonne impression de qualité. Les matériaux sont de bonne facture et bien assemblés. Les rangements sont nombreux : boîte à gants, bacs de portière, porte-bouteille, emplacements sous la console « flottante » et pour la recharge du téléphone par induction. L’habitacle est lumineux, notamment avec l’option toit vitré panoramique opacifiant « Solarbay » (1.500 €) se commandant d’un geste ou à la voix, mais la lunette arrière très petite limite la rétrovision.
Habitabilité mitigée
Les sièges avant, conducteur et passager, à réglages électriques et chauffants sur cette version Iconic, sont esthétiques et confortables à l’usage. La banquette arrière est également confortable, à condition de n’être que deux, sa largeur étant insuffisante pour installer confortablement trois passagers. Le Symbioz paie là sa plateforme issue du Captur, SUV urbain.
Cette banquette offre la particularité de coulisser sur seize centimètres, malheureusement d’un seul bloc. Si l’espace pour les jambes est satisfaisant banquette reculée, il n’en est pas de même lorsqu’elle est avancée, ne permettant pas à des adultes ou des adolescents de s’installer aisément. Ce que l’on gagne en volume de coffre se perd en confort pour les passagers. Le paradoxe c’est que l’on a plutôt besoin du coffre agrandi (624 litres) lorsque l’on est quatre plutôt que deux. Le coffre en position normale (492 litres) est largement suffisant pour deux personnes et également pour quatre quand même.
Ergonomie remarquable
Le système multimédia OpenR link développé par Google pour RENAULT permet d’accéder sur l’écran haute définition à diverses applications disponibles sur Google Play. La navigation, assurée par Google Maps, est remarquable de clarté et de précision et bénéficie des mises à jour à distance « Over The Air ». Tout récemment l’Intelligence Artificielle Google Gemini remplace progressivement l’ancien Google Assistant. C’est désormais Gemini qui gère vos commandes vocales, toujours accessibles en prononçant « Hey Google ». Si l’on préfère utiliser son smartphone Android ou Apple, la connectivité se fait sans fil.
Les systèmes de sécurité ADAS obligatoires sont activés par défaut à chaque démarrage. Si certains sont bénéfiques pour la sécurité (freinage automatique d’urgence, détection d’obstacles en marche arrière, capteur de vigilance du conducteur, surveillance des angles morts…) d’autres sont agaçants (alerte de survitesse basée sur la lecture des panneaux de signalisation, maintien dans la voie générant des vibrations dans le volant…). Ces systèmes sont paramétrables et leurs statuts sont mémorisables et accessibles via une touche au tableau de bord, évitant à chaque démarrage de naviguer dans les menus à l’écran pour retrouver sa configuration personnelle. Des fonctions tels les réglages de la climatisation, du système audio, du régulateur de vitesse se font par touches physiques, évitant également d’avoir trop souvent recours à l’écran, source de distraction en conduisant.
Motorisation E-Tech affutée
Le précédent système de motorisation hybride du Symbioz était composé d’un moteur 1.598 cm3 à essence de 94 chevaux, d’un moteur électrique de traction de 49 chevaux, d’un moteur électrique secondaire – un alterno-démarreur de 20 chevaux – et d’une boîte de vitesses multimode à crabots avec quatre rapports pour le thermique et deux pour l’électrique. Dans certaines situations, conduite en montagne ou sur autoroute à fort dénivelé, cette motorisation était insuffisamment puissante et sollicitait fortement le moteur thermique, augmentant le niveau sonore et la consommation.
En augmentant la cylindrée (1.789 cm3), la puissance (109 chevaux), le couple, (170 Nm au lieu de 148 Nm), en utilisant l’injection directe et une gestion moteur selon le cycle Atkinson, favorable à la baisse de la consommation, la conduite du Symbioz gagne en agrément de conduite et en consommation d’essence. Les unités électriques n’ont pas été changées.
La transmission, pilotée par électronique, ne nécessite ni synchros ni embrayage. C’est l’électronique qui gère l’alterno-démarreur pour qu’il adapte la vitesse de rotation des pignons lors des changements de vitesses afin que les crabots s’engrènent sans grincements de dents. La transmission a également été améliorée par l’ajout d’un troisième actionneur de rapports. Chaque crabot dispose donc d’un actionneur dédié ce qui fluidifie les passages qui deviennent plus rapides.
Le rechargement de la batterie, à la capacité utile augmentée à 1,4 kWh contre 1,2 kWh précédemment, s’effectue lors des ralentissements et freinages par l’intermédiaire du moteur électrique principal. Si la récupération cinétique est insuffisante, la charge est assurée par le moteur thermique.
Au volant du Symbioz E-Tech 160
Pendant une très chaude semaine du mois de juin nous avons circulé sur des routes aux profils variés : autoroute, routes secondaires, circulation péri-urbaine.
Circulation dans les Yvelines
Les motorisations hybrides donnent toute leur mesure lors de petits ou moyens trajets en local. Le système RENAULT est particulièrement efficace dans ces conditions. Le Symbioz démarre obligatoirement en électrique avec le mode « Confort » par défaut. Silence, douceur et consommation réduite sont de mise. Les phases de roulage en électrique sont assez courtes, quelques kilomètres dans le meilleur des cas, mais elles sont fréquentes, la batterie se rechargeant très rapidement lors des freinages et ralentissements, récurrents en milieu urbain. L’utilisation du mode « B », accentuant le freinage régénératif, minimise le recours aux freins à disques, sans toutefois aller jusqu’à l’arrêt. Ces nombreux roulages en électrique ont un effet très bénéfique sur la consommation de carburant, l’ordinateur descendant facilement sous 5 l/100 km.
Sur l’autoroute
Si le Symbioz est efficace lors des petits trajets, ses caractéristiques techniques le destinent également à un usage routier. Direction la Normandie par l’autoroute et retour par la route. La navigation Google Maps est efficace, avec un graphisme précis sur le grand écran central, qu’il est possible d’afficher sur la dalle numérique face au conducteur. On peut également utiliser une application communautaire présente dans Google Play, Waze par exemple, signalant les « zones de danger »… Pour ne pas se faire piéger, l’utilisation du régulateur de vitesse propose trois possibilités :
- « Active Assist » qui adapte la vitesse en fonction des panneaux de circulation et gère le maintien dans la voie de circulation,
- « Régulateur adaptatif » qui maintient la vitesse programmée et la ralentit ou l’accélère en fonction du trafic,
- « Limiteur de vitesse » qui laisse le contrôle de l’accélérateur au conducteur jusqu’à la vitesse enregistrée.
J’ai trouvé que le système « Active Assist » manquait de progressivité dans les changements d’allure et de maintien dans la voie et à l’approche d’une sortie d’autoroute, mieux vaut ne pas rouler trop à droite, sinon la voiture ralentit assez sèchement, le système la localisant sur la bretelle de sortie…
Sur l’autoroute le Symbioz s’est montré agréable grâce à la bonne insonorisation permettant d’apprécier la qualité du son du système audio. Toutefois on note des montées en régime assez sonores dans les pentes accentuées ou pour recharger la batterie, quelques résonances de roulement sur les revêtements granuleux et des percussions de suspension sur les raccords de chaussée.
Sur l’autoroute, l’assistance électrique est moins active qu’en milieu urbain, mais il n’est pas rare, à l’occasion d’une descente, que ce soit le mode « EV » qui entraîne la voiture (vitesse maximale en électrique : 141 km/h). Là encore ces petites phases électriques participent à favoriser une consommation d’essence modérée. Un peu plus de 6 l/100 km à 130 km/h, c’est très raisonnable.
A l’aise sur la route
Lors du retour par la route, j’ai sélectionné le mode « Sport », agissant sur la direction et les lois de passages des rapports. Sous ce mode, le Symbioz s’est révélé dynamique (0 à 100 km/h en 9,1 secondes) mais on note cependant quelques hésitations de la transmission lors de franches accélérations et une tendance à rester plus longtemps sur les rapports intermédiaires. Comme il n’y a aucun mode manuel permettant de prendre la main sur la gestion des vitesses, je suis rapidement revenu au mode « Confort » plus en rapport avec une conduite sereine.
Les suspensions assurent un confort satisfaisant, malgré les grandes roues de dix-neuf pouces du modèle essayé occasionnant quelques percussions sur route dégradée, et une stabilité rassurante. Le comportement routier du Symbioz, comme sa motorisation, s’apprécie plutôt en conduisant souplement. Dans ces conditions, la consommation d’essence descend facilement sous les 5 l/100 km.
Au terme de l’essai, tous trajets confondus, la consommation affichée par l’ordinateur était de 5,2 l/100 km, ce qui est remarquable, et l’autonomie de presque 1.000 kilomètres avec le plein permet les voyages au long cours sans prise de courant, ni prise de tête pour en trouver une…
La gamme, les prix (juin 2026)
Le catalogue 2026 propose quatre finitions (Evolution, Techno, Esprit Alpine, Iconic) et deux motorisations (hybride, GPL).
| Motorisation | Evolution | Techno | Esprit Alpine | Iconic |
| Hybrid 160 | 34.400 € | 36.400 € | 37.900 € | 39.400 € |
| 1.2 Eco-G 120 BVM | 29.900 € | 31.900 € | – | – |
Dès le premier niveau Evolution, le Symbioz dispose du nécessaire : climatisation automatique, carte mains libres, caméra de recul, régulateur de vitesse…
Techno apporte OpenR link sur écran 10,4 pouces avec Google intégré, navigation Google Maps, assistant vocal, aide au parking avant, arrière, latéral, chargeur de téléphone à induction, jantes alliage dix-huit pouces…
Esprit Alpine bénéficie d’une présentation extérieure et intérieure évoquant les codes stylistes d’ALPINE avec des jantes de dix-neuf pouces, sièges siglés ALPINE…
Enfin, Iconic affiche un équipement complet avec régulateur de vitesse « Active Driver Assist », caméra 3D 360°, parking mains-libres, sièges avant à réglages électriques et chauffants, hayon motorisé…
La concurrence
Dans la catégorie des SUV familiaux de taille moyenne, le Symbioz se trouve confronté à de sérieux concurrents.
Le plus redoutable est certainement son « cousin », non pas germain mais roumain, le Duster, disponible lui aussi avec les mêmes motorisations hybrides et GPL. Affiché de 26.900 € à 28.500 € en full hybrid 155 et de 19.990 € à 23.800 € en 1.2 Eco-G 120 BVM6, il est nettement moins cher pour des prestations équivalentes. Par ailleurs, d’autres motorisations, indisponibles sur le Symbioz, sont proposées : 1.2 Eco-G 120 BVA (à partir de 23.900 €), mild hybrid 140 (à partir de 24.000 €) et hybrid-G 150 4×4 (à partir de 28.800 €).
Le CITROËN C3 Aircross est également moins cher que le Symbioz en Hybride 145 (à partir de 27.000 €). Le C3 Aircross est aussi disponible en Hybride 110 (à partir de 23.390 €), en Turbo 100 essence (à partir de 20.390 €) et en Électrique 113 (à partir de 29.950 €).
Le PEUGEOT 2008 est plus abordable que le Symbioz en Hybride 145 (à partir de 31.250 €). Le 2008 est aussi disponible en Hybride 110 (à partir de 29.630 €), en Turbo 100 essence (à partir de 26.160 €) et en Électrique 156 (à partir de 32.430 €).
Parmi les autres concurrents hybrides, on trouve le nouveau TOYOTA Corolla Cross 140 ch (à partir de 39.945 €), le nouveau VW T-Cross eTSI Hybrid 150 ch (à partir de 41.000 €). Ces deux nouveautés sont plus chères que le Symbioz. Le KIA Niro 1.6 GDi Hybride 138 ch DCT6, nouveau également, est disponible de 34.950 à 40.850 € et se trouve, lui, dans la même fourchette de prix que le RENAULT.
En bref
Sur la base du RENAULT Captur, le RENAULT Symbioz E-Tech 160 en reprend les nombreuses qualités, agrément de conduite, sobriété, performances, sécurité, qualité de fabrication sont au programme, auxquelles s’ajoute un généreux volume de coffre. On peut toutefois regretter que malgré la banquette coulissante, la modularité soit basique, que la boîte de vitesses ait encore quelques hésitations, sans possibilité d’intervenir manuellement, et que les prix soient plutôt élevés.
Cette nouvelle version, à la fois plus sobre et plus performante devrait faire perdurer le succès commercial de ce SUV familial.