A ma gauche, une RENAULT Dauphine millésime 1960, à ma droite une RENAULT Twingo millésime 2000, le combat semble tout à fait disproportionné ! Rassurez-vous l’objet n’est pas de comparer brutalement ces deux véhicules séparés par 40 ans, mais plutôt d’apprécier l’évolution technologique de l’automobile au travers de ces deux « populaires ».
Une « bouille » sympathique
L’objectif commercial d’une voiture populaire est de conquérir une large clientèle. L’allure extérieure du véhicule est le critère majeur dans ce cas là. A leur façon, la Twingo et la Dauphine font jeu égal dans le domaine. Comment ne pas craquer devant les lignes douces et arrondies des deux voitures ! Certes les canons de beauté ont évolué et la Conception Assistée par Ordinateur est passée par-là, mais chacune à sa manière sait tirer son épingle du jeu. La figure réjouie des badauds au passage d’une Dauphine en est la meilleure preuve.
Deux voitures chargées d’histoire(s)
Vous pouvez vous livrer à un jeu amusant : mettez-vous au volant d’une Dauphine et arrêtez-vous pour interroger un passant… soyez sûr qu’il aura un souvenir d’enfance à vous raconter sur ce véhicule : le départ en vacances à trois sur la petite banquette arrière, les valises sur les genoux pour un long périple de 500 kilomètres vous occupant toute une journée ou bien encore, le tête à queue de papa un jour de forte pluie… Toujours est-il que la Dauphine fait partie intégrante de l’histoire automobile, au même titre que la non moins célèbre Twingo, qui, si elle a fait une entrée plus récente dans le paysage automobile, l’a déjà marqué à jamais grâce à son audace, son habitabilité et son succès populaire.
La filiation est d’autant plus marquée que lors de sa commercialisation, la Twingo disposait d’une version du célèbre moteur « Cléon » qui était une évolution du moteur « Ventoux » qui équipait déjà… les Dauphine, et qui a fait le succès de l’autre célèbre populaire la RENAULT 4L.
40 ans de progrès et quelques regrets !
Il est certain qu’en 40 ans, l’automobile a largement progressé… heureusement d’ailleurs. De nos jours, la conduite d’une Dauphine nécessite quelques égards. C’est principalement du côté du freinage que la progression est particulièrement flagrante. Avec 4 freins à tambour côté Dauphine et 2 freins à disque et un ABS côté Twingo, le combat est totalement déséquilibré. La solution consiste à prendre la bonne habitude de conserver une distance de sécurité raisonnable.
Côté direction, l’assistance électrique de la Twingo n’apparaît pas comme un progrès marquant, tant elle s’avère peu agréable en termes de précision. Dans ces conditions, la direction très démultipliée de la Dauphine sied bien au véhicule, même si elle demande, comme il est de coutume de dire, de « prendre du volant » pour diriger le véhicule.
Habitabilité
C’est sans nul doute sur le plan de l’habitabilité que la Dauphine tient le moins bien la comparaison. C’est aussi, et ce n’est pas un hasard, le point fort de la Twingo et l’une des principales raisons de son succès.
Performances
Les performances ont également fait un bon spectaculaire. La Twingo forte d’un moteur de 60 ch et d’une boîte à 5 vitesses distance irrémédiablement son aïeule qui ne disposait que d’un petit moteur de 845 cm3 de 30 ch et d’une boîte à 3 rapports.
Comportement routier
On pourrait également penser que la Twingo l’emporte largement sur le plan du comportement routier. Il est vrai que les souvenirs de « chaleurs » au volant de la Dauphine sont nombreux. Les théories du sac de sable ou du parpaing de chantier dans la malle avant vont bon train et pourtant elles ne représentent pas la meilleure solution. En tant qu’heureux conducteur de nos jours des deux véhicules, on peut affirmer que la Twingo pardonne plus que la Dauphine. Cependant, avec une certaine accoutumance pour la propulsion et l’équilibre naturel de la Dauphine, celle-ci ne s’avère pas vraiment plus « piégeuse » que sa cadette : demandez aux possesseurs de Twingo (versions sans ABS) qui ont eu à freiner fort par temps de pluie s’ils ne sont pas sentis désagréablement surpris par la réaction de leur véhicule !
En 40 ans, on aurait pu penser que la Dauphine ne pourrait souffrir la comparaison face à la Twingo, son homologue des temps modernes. Au final, l’écart est certes flagrant en termes d’habitabilité et de performances, mais pour le reste cela demeure moins évident même si la Dauphine réclame un peu plus de doigté et une attention plus soutenue, ne serait ce que par égard pour son grand âge.
Fabrice DUMAS (26/10/1999)