CITROËN commercialise sa Xsara Coupé depuis janvier 98 et propose 3 niveaux de finition et 7 motorisations dont 2 Diesel avec des tarifs allant de 82.900 à 152.000 FF, de quoi satisfaire la plus large clientèle. La Xsara qui nous intéresse aujourd’hui est le haut de gamme, présenté comme “ modèle à caractère sportif ”. La nuance est de taille car dans le document de presse chaque mot est choisi pour éviter de parler d’une sportive à part entière. Aussi cette prudente réserve ne pouvait-elle qu’exciter ma curiosité et m’inciter à rechercher le vrai message caché sous le sigle VTS.
Coupé… ou berline 3 portes ?
Là encore, CITROËN nuance l’appellation de son Coupé Xsara en précisant que c’est un coupé familial. Tout comme la ZX, sa carrosserie s’apparente bien plus à la berline en 3 portes puisque l’habitabilité lui est identique. D’ailleurs, le profil est un peu tourmenté afin d’obtenir un look de Coupé tout en conservant une bonne garde au toit à l’arrière : la ligne de caisse remonte haut vers le coffre et impose des flans démesurés, que même les roues de 15 ’ ont du mal à faire oublier. La face avant est identique à la berline et un aileron arrière est posé sur un coffre court. Cependant, il faut reconnaître que le choix des teintes est des plus intéressants, surtout dans la livrée “ Jaune Naissant ” qui attire les regards.
Que d’équipements !
Cette Xsara est très bien équipée et ce, dès le modèle de base. Sur la VTS, c’est carrément Byzance. Premier point positif, le volant est aussi réglable en profondeur : aaaah ! Associé à un siège réglable dans tous les sens, même en latéral, le confort de conduite est optimal d’autant que les sièges sont confortables. Le rétroviseur intérieur est lui aussi ajustable en hauteur pour que chacun soit à son aise. De l’aise, on en a car la Xsara est spacieuse, y compris à l’arrière : accoudoir central arrière, lumières et rangements disséminés partout. On a même évité l’airbag passager pour mettre non pas une mais deux vraies boîtes à gants. Elle rassemble tout ce que l’on désire, sans lésiner sur la qualité des matériaux et des assemblages. Le soyeux du velours et de l’Alcantara invite à se lover dans les sièges et à profiter du dessin du tableau de bord doté d’une décoration originale avec son bandeau gris. Au chapitre regret, on signalera la climatisation indigne de porter ce nom tant elle a du mal à faire du froid, et le très (trop ?) gros pommeau de vitesse en plastique. Le coffre, de contenance moyenne mais modulable avec la banquette 1/3-2/3, est équipé d’un filet et de 3 sangles à objets.
Souple et molle…
Dotée du fameux essieu arrière auto-directionnel, la Xsara est censée être une référence en matière de tenue de route. En réalité, ce système à cales élastiques déforme la géométrie du train arrière lors des appuis en virage pour apporter un soupçon de vivacité à l’auto : c’est donc un système artificiel et incontrôlable qui “règle” (mal) le comportement du véhicule et prend le pas sur le conducteur. Tout se passe correctement tant que l’on reste raisonnable mais dès qu’un événement inopiné surgit alors qu’on est en virage et qu’un coup de volant ou de frein s’impose, la voiture se désunit et l’arrière envoie un bon coup de raquette, correspondant à la “ réponse ” des cales élastiques et peut conduire à des “ figures ” peu recommandables. Bon, autre déconvenue, la direction assistée est vraiment trop dure à manœuvrer, mais semble-t-il, répondrait au souhait de la clientèle qui la trouvait auparavant trop vive. Bravo, on corrige l’avant alors que le mal vient de l’arrière ! Tant qu’on y est, le freinage s’acquitte de sa tâche sans grande conviction tant il manque de mordant à l’attaque et tant l’ABS est enclin à ne pas vouloir vous arrêter : il est d’une sensibilité à faire peur.
Mais où sont passés… les chevaux ?
Le moteur, impressionnant sur le papier avec ses 167 chevaux, est loin de délivrer ce que l’on attendait de lui. La Xsara VTS avec son allure racée se devait de nous bluffer avec son gros moteur. Eh bien c’est raté, non pas qu’elle soit lymphatique, mais la VTS préfère le rythme tranquille, voire rapide, à celui d’excité. Son “ berlingot ” (qui a dit utilitaire ?) est plutôt rond mais rechigne à prendre ses tours à cause d’une boîte bien trop longue toutefois correctement étagée (on peut bloquer le compteur à 240 Km/h) ; avec un pont plus court et un auto-bloquant, ou avec la boîte 6 de la 306 S16, que ne ferait-on ? …
Voilà, n’allez pas croire que la Xsara VTS 2.0 16V ne vaut rien. Elle vaut ce qu’elle est, une voiture de moyenne gamme richement équipée, très bien finie et présentée avec un cœur gros comme ça et une tenue de route flatteuse et rassurante. Seulement il ne faut pas se tromper, sa vocation est avant tout familiale et son tempérament n’a rien de sportif. La belle Claudia Schiffer, qui n’a rien d’une Michèle Mouton, mais qui assure la promotion de la Xsara, correspond donc parfaitement à l’idée que l’on peut se faire de la Xsara Coupé et à l’orientation voulue par CITROËN.
S. BERGER (septembre 1998)